Sergueï Aleksandrovitch Essenine, poète russe est né à Konstantinovo, gouv. de Riazan, le 21 septembre (3 octobre) 1895. Le peuple russe exprime toute son admiration pour l’oeuvre et l’âme révoltée du poète russe Essenine, qui s’est passionné pour la paysannerie russe et s’est suicidé à l’âge de 30 ans.
Son premier recueil ’Radounitsa’ (1916) chante la nature russe et les personnages hauts en couleurs. Son enfance lui inspira ses premiers poèmes lyriques :
Tout l’azur du ciel (1919),
Transfiguration (1919),
l’Accordéon (1920)...
La Révolution l’enthousiasma :
Confession d’un voyou (1921),
l’Homme noir (1925).
Le plus célèbre des poètes lyriques russes, S. Essenine a survécu à la Révolution, la décrira dans ses poèmes publiés sous le titre "la Ballade des 26" (1925).
Il épousa la danseuse Isadora Duncan avec qui il fait plusieurs voyages en Europe.
Isadora Duncan et Essenine
Essenine finit par rejeter la transformation brutale de la Russie. Désespéré, il s’est pendu le 28 décembre 1925 dans sa chambre, à l’hôtel "Angleterre"...
J’aime immensément ma Russie.
Bien qu’en elle la rouille de la tristesse se penche en saule
Elles me sont douceur, la gueule sale des cochons
Et dans la paix des nuits la voix sonore des crapauds.
Je suis tendrement malade de souvenirs d’enfance.
La torpeur, la moiteur des soirs d’avril hantent mes songes.
On dirait que notre érable pour se chauffer
S’accroupit devant le brasier de l’aube.
O quantes fois aux branches grimpé j’ai
Pour dénicher ou la pie ou le geai !
Est-il toujours le même, le chef tout en verdure ?
Et son écorce comme jadis est-elle dure ?
Et toi, mon ami,
Mon fidèle chien tacheté ?
La vieillesse t’a fait glapissant, aveugle,
Et tu traînes par la cour, tirant ta queue pendante
Et le flair oublieux des portes et de l’étable.
Oh ! qu’ils me sont chers tous nos jeux de gamins :
À ma mère je volais un quignon de pain
Et nous y mordions tous les deux tour à tour
Sans jamais nous dégoûter l’un de l’autre !
Je n’ai pas changé.
Comme cœur je n’ai pas changé.
En bleuets dans les blés mes yeux fleurissent dans mon visage
Étalant, paille dorée, la natte de mes poèmes...
Serge Essenine (Extrait de La Confession d’un voyou)
http://www.esenin.nm.ru/menu/autobiography.html