La Chine et la Russie sont les vedettes de la dernière notation réalisée chaque année par la société de consulting A.T. Kearney. L’étude permet de rendre compte des pays qui représente un attrait pour les investissements directs. La Russie réalise une avancée remarquable en entrant dans les 25 pays les plus attrayants sur 60 pays.
L’étude se base sur l’interrogation des plus grandes corporations transnationales sur leurs perspectives d’achat d’entreprises ou d’implantation dans 60 pays au cours des trois prochaines années. L’enquête est envoyée aux directeurs généraux, aux membres du conseil de direction et aux directeurs financiers de 1000 entreprises qui couvrent 24 secteurs industriels dans 34 pays.
Le saut de la Russie dans cette notation de la 32e place à la 17e semble paradoxal puisque les chiffres montrent que les investissements directs dans le pays sont non seulement misérables mais également en baisse constante. Selon la Banque centrale, en 1999, le pays a obtenu 3,3 milliards de dollars d’investissements directs, en l’an 2000, 2,7 milliards de dollars et en 2001, 2,5 milliards de dollars. La dynamique enregistrée au 1er trimestre de cette année est également négative. Les investissements directs en Russie n’atteignent pas 1% du PIB, tandis que les pays d’Europe centrale attirent entre 5% et 10% du PIB. Toutefois, les auteurs de l’étude soulignent qu’elle révèle l’attrait potentiel que représente la Russie pour les investisseurs. Ils expliquent que le bond réalisé par la Russie se fonde sur des signes comme la baisse du poids de la dette extérieure russe sur le PIB, de 90% en 1998 à 50% en l’an 2001 ; la réduction du rendement des euro-obligations russes ; la prochaine reconnaissance de la Russie comme un pays doté d’une économie libérale.
" La cote de la Russie, comme celle des autres pays, rend compte avant tout d’une perspective et d’une image. Toutefois, cette perspective est assez fiable et la Russie peut s’attendre à une croissance des investissements directs " explique Paul Lodisine, le vice-président de la société A.T. Kearney et le coordinateur du projet.
Cependant, la vedette principale de l’étude est la Chine qui dépasse le leader jusqu’alors incontesté, les Etats-Unis. Selon les auteurs de l’étude, la stabilité politique du pays, l’entrée dans l’organisation mondiale du commerce et le droit d’organiser les jeux olympiques en 2008 sont les principaux facteurs de cette réussite.
Cette montée en puissance de la Chine et de la Russie a lieu dans le contexte d’une réduction de l’attrait des Etats-Unis pour les investisseurs. L’année dernière, les Etats-Unis avaient recueilli 108 milliards de dollars d’investissements directs alors qu’au cours des six premiers mois de cette année, ces investissements n’ont représenté que 19,6 milliards de dollars.
Selon les données de la conférence de l’ONU sur le commerce et le développement, le volume mondial des investissements directs a chuté de moitié en 2001. Si le volume des investissements directs en l’an 2000 avait atteint le niveau record de 1492 milliards de dollars, il n’était plus que de 735 milliards de dollars l’an dernier.
Vedomosti 24-09-02