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imprimer cet article  Les Etats-Unis sortent du traité ABM (Nixon / Brejnev)

14-12-2001
Le 13 décembre, le président américain George W. Bush a officiellement annoncé la sortie des Etats-Unis du traité de limitation des antimissiles balistiques ABM, signé le 26 mai 1972 entre les présidents Nixon et Brejnev.

"Cette déclaration américaine était attendue depuis plusieurs mois avec inquiétude dans le monde entier qui estimait qu’elle pourrait relancer une nouvelle guerre froide. Cependant, la confrontation entre Moscou et Washington n’aura pas lieu. Le Kremlin n’en veut pas" écrit le journal Kommersant.

La décision américaine, qui engage le décompte des six mois à la suite desquels les Etats-Unis, selon les règles du traité, seront dégagés de leurs engagements, marque la fin de longues années de pourparlers entre la Russie et les Etats-Unis. Au cours de cette période, Moscou a sans cesse tenté de convaincre ses partenaires américains de développer un système de défense antimissile sans violer le traité ABM.

De son côté, Washington expliquait qu’il était impossible d’allier ces deux objectifs. La formule qui aurait permis de conserver en apparence le traité ABM n’a pas été trouvée et l’annonce de la sortie du traité par les Américains est devenue inévitable. "Au cours des pourparlers russo-américains sur le traité ABM, Moscou ne cessait d’affirmer que ce traité était le fondement de tout le système international de sécurité, que sans lui ce système s’effondrerait et que les conséquences en seraient catastrophiques.

Par ailleurs, les autorités militaires russes effrayaient le monde entier en affirmant que la réaction de Moscou à une sortie américaine du traité serait terrible" écrit le journal Kommersant qui ajoute : "Ces craintes ont été vaines. Moscou a fait mine que rien de terrible ne s’était produit, bien qu’elle ait souligné que cette sortie des Etats-Unis était une erreur". "Comme nous le savons, la Russie, de même que les Etats-Unis et à la différence des autres puissances nucléaires, dispose depuis longtemps d’un système efficace qui permet de franchir toute défense antimissile" a déclaré Vladimir Poutine lors de son allocution télévisée en réponse à la décision américaine.

Le Président a exprimé sa "totale certitude" que cette décision ne menaçait pas la sécurité nationale de la Russie. A sa suite, la plupart des contestataires les plus virulents d’une possible sortie des Etats-Unis du traité ont revu leur position. Le chef de l’Etat major, Anatoliï Kvachnine, qui quelques jours auparavant affirmait qu’un rejet du traité ABM menacerait la stabilité mondiale, a ainsi déclaré : "D’un point de vue militaire, la sortie des Etats-Unis du traité ABM n’est pas un problème pour la Russie".

A son tour, le président de la Douma, Guennadi Seleznev, affirme qu’après cette décision "le ciel ne tombera pas sur la terre". "La plupart des déclarations de la classe politique et des autorités militaires ont donc varié sur le thème donné par le Président. Elles étaient destinées non seulement aux observateurs occidentaux sur le thème : la Russie et les Etats-Unis restent partenaires ; mais également à destination de l’intérieur sur le thème : la sécurité de la Russie ne sera pas atteinte" écrit le journal Kommersant.

Vladimir Poutine peut en effet tirer profit de la situation : la sortie des Etats-Unis du traité ABM et leur projet de bouclier national antimissile lui donnera dorénavant plus de poids pour appuyer son propre projet de système de défense antimissile européen auprès de ses partenaires occidentaux. Par ailleurs, il a maintenu sa proposition d’une réduction du nombre des têtes nucléaires jusqu’à 1500-2200 par pays.

Kommersant 14-12-01

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