Des représentants de la Banque mondiale et le directeur du centre d’information et de lutte contre le SIDA, Vadim Prokovskiï, ont rendu public leur rapport commun sur les conséquences de l’extension de la maladie sur l’économie russe.
Selon leur calcul et d’après un scénario jugé optimiste, 21.000 devraient mourir du SIDA chaque mois en 2020, le nombre général des personnes séropositives pourraient passer de 194.000 personnes aujourd’hui à 5,4 millions de personnes. Le chiffre officiel de 194.000 personnes séropositives enregistrées ne correspond pas à la réalité. Selon Vadim Prokovskiï, le chiffre réel s’approcherait du million et l’expansion de la maladie connaît en Russie le rythme le plus élevé au monde. Cette situation pourrait coûter très cher à l’économie russe selon la Banque mondiale, non seulement en raison du coût des soins nécessaires aux malades mais également par la perte d’une partie non négligeable de sa population active. Selon les calculs de la Banque mondiale, les pertes en volume de production pourraient atteindre 10,5%. Les dépenses de santé, si l’on tient compte qu’un traitement pour un patient coûte 9.000 dollars par an, pourraient peser très lourd sur le budget russe. Selon les estimations de la banque, si rien n’est fait pour lutter contre la maladie, la Russie pourrait perdre chaque année 1% de sa croissance économique.
A son tour, Vadim Prokovskiï estime que les autorités ont la possibilité de lutter aujourd’hui contre la maladie pour éviter la catastrophe de demain. En 2002, le budget a prévu une enveloppe de 100.000 roubles pour les soins aux personnes séropositives. Cette somme ne permet d’assurer un traitement convenable qu’à 500 malades. Vadim Prokovskiï rappelle qu’en revanche lorsque le gouvernement a voulu remonter le sous-marin Koursk, il a immédiatement trouver les 100 millions de dollars nécessaires. « Je voudrais que l’on comprenne que le problème du SIDA n’est pas moins important pour notre pays » a souligné le directeur du Centre d’information et de lutte contre le SIDA.
Vremia Novosteï, Gazeta 16-05-02