Les experts gaziers des 27 pays de l’UE se sont réunispour évoquer l’impact d’une éventuelle rupture des livraisons de gaz russe vers l’Europe ’durant l’été’, mais ont réservé leur jugement à début juillet, juste avant une échéance financière cruciale de l’Ukraine.
Le "groupe de coordination du gaz" qui regroupe des représentants des pays de l’UE, ainsi que des organisations de l’industrie du gaz ou des consommateurs, s’est fixé un nouveau rendez-vous le 2 juillet 2009, précise un communiqué de la Commission européenne.
Soit cinq jours avant la prochaine facture, due le 7 juillet, au géant gazier russe Gazprom par les Ukrainiens, désormais à la recherche de prêts internationaux sous peine de ne plus être livrés par les Russes.
Avant de se réunir à huis clos entre Européens, ces experts ont écouté jeudi à Bruxelles les arguments de hauts responsables du géant gazier russe Gazprom et de l’ukrainien Naftogaz.
La Commission européenne, qui assistait à la réunion, a appelé les deux groupes à trouver "un arrangement stable et valable sur le long-terme, apte à garantir le transit de gaz vers l’UE".
Mais elle n’exclut pas dans son communiqué "la possibilité d’une nouvelle pénurie de gaz durant l’été", qui implique donc de réaliser dans les prochaines semaines "une enquête de fond sur son impact sur l’hiver suivant".
"Nous ferons de notre mieux pour honorer les conditions de notre contrat" avec Gazprom, le 7 juillet, a commenté Igor Didenko, numéro deux de Naftogaz, en sortant de la réunion.
"Nous n’avons pas assez d’argent pour payer à Gazprom les quantités de gaz dont nous avons besoin pour notre consommation intérieure et notre stockage souterrain" jusqu’à la fin de l’année, a-t-il toutefois rappelé.
"Nous avons donc demandé aux représentants européens de dire aux chefs d’Etat que nous avons besoin d’un prêt de 4,2 milliards de dollars" (3 mds d’euros), a-t-il souligné, en disant espérer un accord "dans les prochaines semaines".
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso doit évoquer cette question jeudi soir lors d’un dîner avec les dirigeants européens, mais aucune prise de position de l’UE n’est attendue à ce stade.
Fin mai, le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait appelé l’UE à aider Kiev à payer ses factures, en agitant le risque d’une nouvelle crise gazière après celle intervenue en janvier.
M. Didenko compte sur les pays de l’UE pour intercéder en faveur de l’Ukraine auprès de grandes banques commerciales et d’institutions financières internationales.
Un conseiller du président ukrainien, Bogdan Sokolovski, a noté qu’il n’était plus question pour les banques russes de faire crédit à l’Ukraine comme elles le faisaient encore l’année dernière.
Selon un expert européen, Naftogaz est aux abois car la compagnie s’acquitte actuellement de prêts à des taux d’environ 17%.
Le 8 mai, l’Ukraine s’est acquittée de sa facture de gaz pour le mois de mai, à la veille d’une autre date limite de paiement fixée par Gazprom.
Mais l’Ukraine n’est pas certaine de pouvoir remplir ses réservoirs de gaz durant l’été en prévision de la saison hivernale. Ces réservoirs permettent d’assurer également le transit de gaz russe vers l’Europe.
Or un quart du gaz consommé en Europe vient de Russie, dont 80% transite par l’Ukraine.
Le fait que l’Ukraine ait payé ses factures est une bonne nouvelle, mais cela ne règle pas les problèmes à long terme.