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imprimer cet article  Le quotidien russe Vedomosti dénonce des pressions de la part de Deripaska

Elizaveta Ossetinskaïa a rappelé que Vedomosti avait publié un article révélant une perte nette de 5,98 milliards de dollars en 2008 chez Rusal qui prépare une introduction en Bourse à Hong Kong et Paris.

La rédactrice en chef du quotidien des affaires russe Vedomosti dénonce "la terreur juridique" de la part de l’homme d’affaires Oleg Deripaska à la suite de la publication d’informations sur les difficultés de son groupe d’aluminium Rusal.

Rusal "tente de contraindre" le journal d’"arrêter de publier les articles" concernant le groupe, a déclaré Elizaveta Ossetinskaïa sur la radio Echo de Moscou.

Elizaveta Ossetinskaïa a qualifié les actes de Rusal et de ses avocats de "terreur juridique" en ajoutant que les juristes "menacent les journalistes de poursuites administratives et pénales" en appelant "sur les téléphones mobiles des collaborateurs du matin au soir" et en leur envoyant des lettres et des courriels.

Les avocats "tentent d’imposer un régime de confidentialité" et "d’interdire de parler de cette attaque" contre le journal, selon Mme Ossetinskaïa.

Elizaveta Ossetinskaïa a rappelé que Vedomosti avait publié un article révélant une perte nette de 5,98 milliards de dollars en 2008 chez Rusal qui prépare une introduction en Bourse à Hong Kong et Paris.

Oleg Deripaska, qui était l’homme le plus riche de Russie en 2008, a vu sa fortune fondre à la suite de la crise. Rusal n’était pas immédiatement joignable pour commentaire.


Oleg Deripaska, magnat de l’aluminium russe dont la compagnie Rusal est propulsée numéro un mondial du secteur.

Brun, le regard dur, l’homme d’affaires de 38 ans est né le 2 janvier 1968 à Djerzhinsk, dans une famille d’origine juive, il a été élevé par ses grand-parents dans une ferme de la région de Krasnodar à Oust-Labinsk, dans le sud de la Russie, avant de connaître une ascension très rapide.

Etudiant en chimie, il n’attend pas la fin de ses études pour sa lancer dans les affaires. Pendant son cursus à la faculté de physique de la prestigieuse université moscovite Lomonossov - qu’il complètera ensuite par un diplôme d’économie de Plekhanov -, il commence à arrondir ses fins de mois en spéculant sur les matières premières, dans la foulée de la chute de l’URSS.

Grâce à des transactions juteuses sur les actions d’entreprises russes d’aluminium, il comprend vite le potentiel de ce secteur phare de l’industrie nationale et comment tirer partie des privatisations en cours.

Jeune étudiant, on pouvait le voir frissonnant dans le froid à l’entrée de l’usine de Saïansk (Sibérie) en 1993, rachetant aux ouvriers leurs parts de l’usine, rapporte l’hebdomadaire Dengui.

Deux ans plus tard, il dirige cette usine et après être sorti indemne d’une véritable guerre pour le contrôle de l’aluminium sibérien qui fera plusieurs morts, il fonde en 1996 le groupe Sibal.

Ce groupe deviendra en 2000, après une fusion avec le département aluminium de Sibneft, Rusal, troisième producteur mondial d’aluminium et numéro un russe du secteur qu’il a commencé à construire à la faveur des privatisations troubles des années 1990.

Peu de détails sur cette époque sont connus, mais les transactions qui lui ont permis de bâtir un empire de l’aluminium lui vaudront de longues procédures judiciaires avec d’anciens partenaires ou concurrents.

Son association avec les frères Tchernoï, qui l’auraient aidé à bâtir son empire, a nuit à sa réputation au point qu’il s’est vu refuser une invitation au forum de Davos, en Suisse, en 2001. L’un des frères Tchernoï, Mikhaïl, homme d’affaires à la réputation sulfureuse, s’est d’ailleurs rappelé à son souvenir cette année en lui réclamant via les médias russes et britanniques la somme de 3 milliards de dollars, à laquelle il estime avoir droit en vertu d’un accord sur la vente d’une part de 20% de Rusal. Installé en Israël depuis 1994, l’homme est aujourd’hui en difficulté, interdit de quitter le pays et sous le coup d’une enquête judiciaire liée à une tentative de racheter illégalement 20 % de Bezeq, la plus grosse société de téléphones mobiles israélienne. Mais ses affaires russes ne cessent de prospérer. Et Vladimir Poutine n’a jusqu’à maintenant rien eu à y redire.

D’Israël, M. Tchernoï a continué ses affaires. Immobilier aux Etats-Unis puis au Canada ; finance en Suisse et dans les paradis fiscaux ; banque et télécommunications en Bulgarie - associé en cela à Grigori Louchanski, visé par plusieurs enquêtes européennes - ; et la Russie, "où j’ai 80 % de mon business", dit-il. Mais depuis plus d’un an, la justice israélienne est à ses trousses. M. Tchernoï s’est vu confisquer son passeport, ne peut plus quitter le territoire et bataille avec le général Moshe Mizrahi, du ministère de la sécurité intérieure. Mikhaïl Tchernoï est accusé d’avoir tenté d’acheter illégalement, via des sociétés-écran et avec de l’argent douteux, 20 % de la principale société de téléphones mobiles israélienne Bezeq. Le ministère de la défense, qui contrôle ce groupe, suspecte que l’entrepreneur Gad Zeevi, candidat à ce rachat, est un prête-nom masquant des financements suspects. En Israël, Mikhaïl Tchernoï peut retrouver un de ses partenaires des années 1990 : Arcadi Gaydamak, visé par un mandat d’arrêt international et principal protagoniste, avec Pierre Falcone, de l’affaire des ventes d’armes vers l’Angola.

En créant la holding Bazovy Element, Oleg Deripaska a encore élargi encore son empire, avec des participations dans l’industrie automobile, puis dans l’assurance, le papier, l’énergie, l’agriculture et plusieurs aéroports dans le sud du pays.

Devenu un membre à part entière de ce qu’on appelle la "Famille" (les membres influents de l’entourage de l’ex-président Boris Eltsine) en 2001 en épousant Paulina, la fille de Valentin Ioumachev, gendre et éminence grise de Boris Eltsine, il a su par la suite obtenir l’appui du nouveau maître du Kremlin, Vladimir Poutine.

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