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imprimer cet article  Le marché du travail

Le marché du travail est en pleine division. Certains groupes profitent de la situation actuelle, leurs salaires sont en pleine expansion, tandis que d’autres en pâtissent et leurs salaires chutent. Jeune citadin ayant terminé des études supérieures et travaillant dans le secteur privé, tel est le profil de ceux qui appartiennent aux premiers groupes. Tous les autres font partie des malchanceux.

Comme dans tous les pays avec une économie de transition, la part de la population active en Russie est en baisse, ces dernières années elle est passée de 71 millions de personnes à 69 millions, en revanche l’inégalité des salaires est en hausse constante. Enfin, autre caractéristique d’une économie de transition, dans certains secteurs la main-d’œuvre est trop importante tandis que dans d’autres il existe un réel déficit de main-d’œuvre.

Au cours de cette période, la Russie a appris à connaître ce qu’était le chômage. La baisse de l’emploi des populations actives est commune à toute l’Europe de l’Est. Dans certains pays, l’emploi de la population active a brusquement chuté puis s’est peu à peu relevé au même rythme que la croissance du PIB comme par exemple en Pologne. Dans d’autres pays, sa baisse a été à peine perceptible dans les premiers temps de la transition puis la chute s’est accélérée comme en République tchèque. En Russie, en 1992, parmi la population âgée de 15 à 72 ans, la part de la population active était de 67%, en 1998 de 53% puis en l’an 2000 de 56%.

La création de nouveaux emplois en Russie est beaucoup plus lente que la réduction des anciens postes d’où une forte augmentation du chômage. Le taux de chômage était de 4,7% en 1992, de 14% en 1998 puis il semble avoir amorcé une descente avec 12% de chômeurs en 1999 et 9% en l’an 2001. Ce dernier pourcentage, c’est-à-dire 7 millions de personnes, ne dépasse pas le niveau de chômage enregistré dans les pays développés et dément les pronostics apocalyptiques faits par les experts au début des années 90. Ceux-ci annonçaient en effet des taux de chômage allant jusqu’à 30% de la population active. Ils s’appuyaient pour cela sur l’expérience des pays de l’Est. En effet, au début des réformes, en Pologne, Bulgarie et Slovaquie les taux de chômage avaient atteint 15 à 20%. La Russie n’a pas connu de tels taux, le chômage a augmenté de façon lente et régulière.

Les experts de la Banque mondiale affirment que pour relancer le marché de l’emploi en Russie, il faut que la croissance économique du pays atteigne 5% par an et que le secteur privé soit à l’avant-garde de cette croissance. Aujourd’hui, la croissance économique est de 2,5% et le secteur privé, notamment les petites entreprises, est en mauvaise posture. Le secteur privé employait, selon les données de la Banque mondiale, en l’an 2000, 22% de la population active occupée alors qu’en Pologne, déjà en 1996, ce pourcentage atteignait 60% de la population active occupée.

Vremia Novosteï 10-07-02

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