A l’occasion d’une cérémonie solennelle organisée dans ’la cathédrale du Christ Sauveur’ dans la capitale russe, cinq personnalités internationales ont reçu le ’Prix du Fonds International des Peuples Orthodoxes’après avoir été choisies en raison de leur contribution à la consolidation de l’unité spirituelle et culturelle entre les peuples. Il s’agit du président russe M. Vladimir Poutine, du patriarche Pavle, patriarche de Serbie, du président de l’assemblée nationale arménienne Armen Katchatrian, du président de l’assemblée parlementaire orthodoxe européenne et M. Fares, le vice-président du conseil des ministres Libaniais.
Le responsable du Fonds International, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexii II, a décerné le prix à ses détenteurs. Le chef de la cérémonie a présenté M. Fares, Le vice-président du conseil des ministres en affirmant qu’il s’agissait d’une personne dont le travail acharné au Liban et dans le monde, a hautement contribué à la diffusion de l’espoir en la paix.
Le patriarche Alexii II a ensuite remis le prix et l’insigne du Fonds International par à M. Issam Fares qui prononça l’allocution suivante :
C’est un grand honneur pour moi que de recevoir des mains de sa Sainteté le Patriarche Alexii II le prix de l’Union des nations chrétiennes orthodoxes.
Porteur d’un engagement spirituel profond, ce prix m’est particulièrement significatif pour trois raisons essentielles :
Parce qu’il émane de Votre Sainteté, vous, le patriarche historique qui a pu rallumer la flamme de l’orthodoxie durant les périodes les plus sombres et les plus difficiles,
Parce qu’il émane de l’église russe, espoir éternel de l’orthodoxie,
Parce qu’il provient de la Russie, le pays qui incarne la conscience vivante des valeurs spirituelles de ce monde,
Je considère, Votre Sainteté, que ce témoignage d’honneur dépasse ma personne et concerne également l’église orthodoxe d’Antioche avec, à sa tête, le Patriarche Ignace IV qui m’a chargé de vous transmettre ses salutations les plus chaleureuses et ses vœux les plus sincères.
Il touche également mon pays, le Liban, pays de rencontres pacifiques et d’interaction innovatrice entre le christianisme et l’islam. Ce prix symbolise, d’une façon ou d’une autre, le modèle unique incarné par mon pays.
Je remercie Votre Sainteté pour ce grand honneur dont vous m’avez comblé. Je prie Dieu afin qu’Il vous préserve et qu’Il vous permette de continuer sur cette voie pour achever cet unique renouveau spirituel que vous avez entamé. Je prie le Tout-Puissant pour qu’Il vous permette d’éclairer le chemin de la vie tout en continuant à faire preuve de votre générosité. Je souhaite à la Russie, ce pays ami, et au noble peuple russe, sous la présidence pionnière de M. Vladimir Poutine, la gloire et la prospérité pour un avenir meilleur, porteur d’équité, de justice et de paix à toute l’humanité.
Après la distribution des prix, une cérémonie fut organisée sur l’invitation du Patriarche Alexii II à l’intention des détenteurs des prix et durant laquelle des toasts ont été portés.
Conférence à l’académie Russe de Moscou
M. Fares a donné une conférence à l’Académie russe de Moscou, au cours de laquelle il a mis l’accent sur le problème de l’heure au Moyen-Orient. Il a déclaré qu’il serait difficile de parvenir à une solution juste et globale dans cette région si les équations n’étaient pas modifiées ; qu’Israël et les États-Unis formaient un tout fort et uni face à une autorité palestinienne pauvre et faible. Et d’ajouter que l’équilibre prévalant entre les parties aux négociations devait changer à tout prix pour donner un rôle plus important à la Russie et à l’Union Européenne. M. Fares était l’invité de l’Académie diplomatique russe dont le rôle est de former les futurs ambassadeurs et le corps diplomatique représentant la Russie à l’étranger. Une large audience était présente à cette conférence, composée de personnalités éminentes faisant partie du Ministère des affaires étrangères russe, en plus de diplomates et de membres de l’Académie, des représentants des médias russes et arabes désignés à Moscou, de l’ambassadeur du Liban à Moscou M.Boutros Assaker et de son épouse, du représentant du patriarche d’Antioche de l’église orthodoxe Mgr Niphon Saikaly, de Mme Hala Fares, des membres de la délégation du vice-premier ministre, des ambassadeurs arabes accrédités, du président de l’Association des industriels libanais Jacques Sarraf, des représentants des médias russes et arabes désignés à Moscou.
Le président et le vice-président de l’Académie Messieurs l’ambassadeur Yuri Poukine et Yuri Kachlev, entourés de membres éminents de cette institution, ont accueilli le vice-premier ministre Issam Fares et son épouse Mme Hala Fares ainsi que les membres de la délégation à l’entrée de l’Académie. Le président leur a ensuite souhaité la bienvenue dans son bureau en présence des ambassadeurs arabes avant d’entrer dans la salle de conférences où il inaugura la cérémonie en remettant à M. Fares l’insigne de l’Académie, le félicitant ainsi d’être désormais docteur conférencier et première personnalité arabe à détenir un doctorat honoris causa de l’Académie mais aussi première personnalité politique arabe à donner deux conférences à l’Académie diplomatique.
Au début de son intervention Fares exprima sa satisfaction d’avoir répondu présent à l’invitation de l’Académie diplomatique pour s’adresser à cette auguste assemblée et parler de la paix au Moyen-Orient.
« Je me souviens en toute fierté de ma visite à Moscou et de mon entretien avec vous en octobre 1997 à l’occasion de l’obtention de mon doctorat honoris causa Je vous remercie pour l’honneur que vous m’avez fait et que je n’oublierai pas ».
M. Fares ajouta : « Parler de paix au Moyen-Orient consiste à trouver une solution au conflit israélo-palestinien et aux autres conflits qui s’y rattachent. Il s’agit là d’un problème essentiel qui doit être résolu pour parvenir à une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient. Une telle paix requiert un compromis entre toutes les parties et une solution au problème de Palestine et aux relations entre Israël et son voisinage en vue de l’établissement d’un nouveau système Moyen-Oriental vis-à-vis des autres pays du monde. Tel est l’objectif voulu, un objectif compliqué et à long terme.
Le conflit israélo-arabe
Mais pourquoi s’agit-il là d’une entreprise compliquée ? Pourquoi ce conflit a-t-il concentré tous ces sentiments, toute cette violence, toutes ces tensions et toutes ces rancoeurs ? J’essaierai de l’expliquer dans ce qui suit.
Aperçu historique et planification
A la fin du XIXème siècle, une conférence a été organisée par l’Organisation sioniste dans la ville de Bâle (en Suisse) dans laquelle il fut décidé de créer un état juif. Plusieurs pays ont été cités, notamment dans les deux Amériques et en Afrique mais le choix tomba finalement sur la Palestine qui attirait les immigrants juifs en raison de ses racines bibliques. Au cours de la première guerre mondiale, la Grande-Bretagne, qui était en guerre contre l’empire ottoman, promit à l’Organisation l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine avec la condition de ne pas priver les Palestiniens de leurs droits. En même temps, la Grande-Bretagne promit aux Arabes de leur apporter son soutien afin qu’ils puissent arracher leur indépendance des Ottomans une fois la guerre terminée. A travers ces deux promesses, la Grande-Bretagne se rallia en même temps les Arabes et les Juifs dans la guerre où elle se trouvait impliquée. Les Juifs apportèrent leur soutien militaire et technologique et les Arabes menèrent une grande révolution contre les occupants ottomans. Puis vint le mandat britannique sur la Palestine, lequel encouragea encore plus les juifs à y immigrer. Ces derniers n’entendaient plus se contenter du simple foyer national prévu par la déclaration Balfour, mais recherchaient désormais la création d’un véritable état.
M. Fares continua : « La Palestine s’est transformée en un champ de bataille entre les Palestiniens et les Juifs. Les premiers étaient soutenus par leurs frères arabes et musulmans de part le monde alors que les deuxièmes étaient aidés par les Juifs de la diaspora, dont certains se trouvaient dans quelques pays occidentaux en temps que minorités actives. Lors de la seconde guerre mondiale, les nazis fascistes commencèrent à persécuter les Juifs en Europe, ce qui légitima l’émigration juive en Palestine et donc contribua à exacerber encore plus la situation. Après la création de l’Organisation des Nations-Unies, garante de la paix mondiale après les victoires de la guerre, une commission d’enquête fut envoyée en Palestine sur les recommandations de laquelle l’ONU décida en 1947 la partition de la Palestine en 3 parties :
1 Une partie regroupant Jérusalem et Bethléem, indépendante et sous tutelle des Nations-Unies.
2 Une autre partie dans laquelle sera institué l’État d’Israël et dans laquelle les Juifs représentent le tiers de la population. Sa superficie est supérieure à 50% de la superficie de la Palestine.
3 Une troisième partie dans laquelle sera créé l’État Palestinien et dans laquelle les Palestiniens représentent les deux tiers de la population. Sa superficie est inférieure à 50% de la superficie de la Palestine.
Dans les guerres qui se succédèrent, Israël réussit à élargir son expansion à l’extérieur des terres qui lui avaient été octroyées. En 1967, Israël occupa tous les territoires palestiniens en plus du Sinaï égyptien et du plateau du Golan en Syrie.
Au cours de sa réunion qui s’est tenue le 22/11/1967, le Conseil de Sécurité adopta la résolution 242 qui appelle Israël à se retirer des territoires occupés et à reconnaître la souveraineté et l’intégralité des territoires de tous les pays voisins. Cette résolution, connue sous le nom de « la terre contre la paix » ne fut pas respectée par Israël. Au lendemain de la guerre israélo-arabe de 1973, dans sa réunion qui s’est tenue le 22 octobre 1973, le Conseil de Sécurité adopta la résolution 338 qui appelle toutes les parties au conflit (l’Égypte, la Syrie, Israël, la Jordanie) à « appliquer immédiatement et de façon intégrale la résolution 242 du Conseil de Sécurité (daté de 1967) ». Il faut signaler que cette résolution stipulait spécifiquement l’« application » de la résolution et n’appelait pas à des « négociations » qui pourraient aboutir à des résultats moindres que ceux prévus initialement par la 242.
Au début de la guerre du Golfe, c’est-à-dire durant la première partie des années 90, de grands efforts ont été déployés par le président Bush père afin d’instaurer une paix juste et globale dans la région. La conférence de Madrid fut alors organisée en octobre 1990 pour aboutir à un accord dans le cadre des résolutions 242 et 338 de l’ONU mais aussi dans le cadre de la résolution 425 qui appelait au retrait inconditionnel des forces israéliennes du Liban. Celles-ci avaient occupé Beyrouth, la capitale libanaise, lors de l’invasion du pays par l’état hébreu en 1982. Le retrait eut lieu en 1999 à l’exception des hameaux de Chebaa. Les forces israéliennes s’étaient auparavant retirées du Sinaï en vertu d’un accord de paix avec l’Égypte.
Le Liban et la Syrie ont appelé Israël au retrait complet et inconditionnel du plateau du Golan et des hameaux de Chebaa en insistant sur la préservation des droits de toutes les parties dans la région. Selon ces deux états, les accords séparés ont montré leur inefficacité dans la région. Ainsi, les accords conclus entre Israël et l’Égypte d’une part et Israël et la Jordanie d’autre part n’ont pas abouti à la paix recherchée.
Par ailleurs, les négociations entre les Israéliens et les Palestiniens ont abouti à une impasse. Aujourd’hui, les deux parties sont aux prises avec un ensemble de problèmes suspendus : les implantations juives dans les territoires palestiniens, le sort des réfugiés palestiniens, le statut de Jérusalem et le principe de la terre contre la paix. Je parlerai de ces différents points brièvement.
Les colonies ou les implantations
Alors que les négociations entre Israéliens et Palestiniens allaient bon train, Israël veillait à renforcer sa politique de colonisation en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et au Golan. Aujourd’hui, plus de 200 implantations ont été crées, des implantations qu’Israël dénomme colonies de peuplement, espérant par là amoindrir l’impact de sa politique expansionniste. Environ 300000 Juifs vivent dans ces implantations et la plupart d’entre eux sont des fondamentalistes hostiles aux Arabes. Cette politique d’implantation viole le droit international et est contraire à la Quatrième Convention de Genève (1949), dont l’article 49, paragraphe 6, stipule que "la puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle".
Bien qu’Israël ait explicitement violé cet article, il n’a pas pour autant été sanctionné. Et qui plus est, l’état hébreu a installé des unités militaires dans les implantations israéliennes pour les protéger des zones palestiniennes. Dans toutes les négociations qui ont été menées jusqu’à ce jour, le maximum de concessions consenties par Israël était le déplacement des colonies implantées au cœur du futur état palestinien tout en continuant de refuser le démantèlement des plus importantes implantations regroupées autour de Jérusalem. Ce problème demeure sans solution.
Les réfugiés palestiniens
Les forces israéliennes ont littéralement chassé les Palestiniens de leurs maisons, de leurs villages et de leurs propriétés en 1947, 1948 et 1967. Ces derniers se sont alors réfugiés en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Irak et par la suite au Golfe et même encore plus loin. Des estimations ont dévoilé qu’en 1995 la population palestinienne était estimée à 6.5 millions, parmi lesquels on compte environ, selon l’UNRWA, 3.2 millions de réfugiés qui sont pris en charge par cette agence.
En vertu de la résolution 194 adoptée en 1948, l’ONU a reconnu le droit au retour aux réfugiés palestiniens de même que leur droit à percevoir des compensations. La réaffirmation de ce droit a été réitérée une dizaine de fois mais Israël n’en a pas tenu compte et refuse toujours d’appliquer cette résolution, répétant que les réfugiés palestiniens doivent rester dans les pays où ils se sont réfugiés. Environ 400000 réfugiés palestiniens se trouvent aujourd’hui au Liban. Les Libanais, aussi bien que les Palestiniens, s’attachent au droit de retour consacré par la résolution 194 et refusent l’implantation des Palestiniens où qu’ils se trouvent.
Le problème des réfugiés tout comme celui des colonies reste aujourd’hui en suspens.
Jérusalem
En vertu de la résolution des Nations-Unies adoptée en 1947, et étant donné l’importance de Jérusalem pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, il a été décidé de réserver à cette ville un statut international. Ceci n’a pas empêché les milices israéliennes d’investir presque la totalité de la ville sainte afin de vider le concept d’internationalisation de son sens, et ceci au début du mois d’août 1948, date du retrait des forces britanniques de Palestine. Israël a ensuite occupé la totalité de la ville au cours de la guerre de 1967 et la proclama « sa capitale éternelle ». Par rapport aux Palestiniens, Jérusalem, troisième ville sainte de l’Islam et ville de la Grande Mosquée revêt une importance religieuse symbolique. Jusque-là, on a essayé de proposer aux Palestiniens quelques concessions par-ci par-là afin qu’ils renoncent à Jérusalem-Est, revendiquée comme capitale du futur état palestinien. Parvenir à une solution au problème de Jérusalem demeure l’élément le plus épineux et le plus compliqué.
La terre contre la paix
Pour ce qui est de la terre occupée en 1967, les négociations entre les Palestiniens et les Israéliens ont abouti à la création de l’Autorité Palestinienne sous la direction de son président Yasser Arafat qui a pu exercer une autorité limitée sur quelques villes et villages palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Au cours des réunions organisées à Oslo, à Camp David et à la Maison Blanche, le climat d’optimisme qui a prévalu s’est vite dissipé. D’aucuns prétendent qu’Israël a concédé aux Palestiniens ce qu’aucun gouvernement israélien n’aurait accepté de faire. En réalité, voici ce qui a été proposé :
Israël a proposé la création à l’avenir d’un état palestinien sur 90% des territoires de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Cet état se divisera en quatre cantons, celui de Gaza et trois autres cantons en Cisjordanie. Ces cantons seraient coupés par des colonies israéliennes. Un réseau de routes serait construit dans ces mêmes cantons pour permettre une intervention rapide de l’armée israélienne. Israël conservera ses forces stationnées au niveau de la rivière du Jourdain et conservera également le contrôle des frontières, de l’espace maritime et aérien du futur état palestinien. Ce qui constitue clairement une violation de la résolution des Nations-Unies et des accords de Genève.
Lorsque le président Clinton exposa à Arafat ce plan, celui-ci lui répondit :
« Avec une telle solution, pensez-vous que je resterai en vie, M. le Président ? »
Sans aucun doute, le président Clinton déployait beaucoup d’efforts en vue de parvenir à une paix historique au Moyen-Orient, mais nombreux étaient les obstacles qui entravaient la réalisation d’un tel projet. D’ailleurs, la position américaine était à tel point similaire à celle d’Israël, et ce depuis la création de l’état hébreu en 1948, qu’il était pratiquement impossible aux Arabes d’y adhérer. En effet, les États-Unis s’étaient engagés à préserver la supériorité militaire d’Israël afin que ce pays puisse faire face à toute coalition militaire arabe qui pourrait se former contre lui. Les États-Unis ont également permis l’émergence d’Israël, leur plus proche allié, en temps que puissance nucléaire et ont catégoriquement refusé à tous les pays arabes le droit de s’approprier des armes nucléaires. Entre 1967 et 2000, le gouvernement et le peuple américains ont fait don à Israël d’une somme d’environ 150 milliards de dollars. De plus, les États-Unis, sous la pression israélienne, ont lancé des campagnes médiatiques nuisant à l’image des Arabes, surtout à travers la production de films, d’émissions télévisées mais aussi à travers la presse écrite. A partir de là et par rapport aux Arabes, les positions américaine et israélienne ne faisaient plus qu’une, si bien que ceux d’entre eux qui croyaient encore que les États-Unis pouvaient aider les Palestiniens à recouvrir leurs droits en faisant appliquer les résolutions de l’ONU, étaient désormais désabusés. Les Arabes sont en droit de se demander pourquoi les Israéliens portent sur eux un regard méprisant et en font ainsi leurs ennemis historiques, alors que l’histoire montre que Juifs et Arabes avaient jusque-là coexisté pacifiquement et percevaient les choses de manière totalement différente.
Ce sont les Romains et non pas les Arabes qui ont chassé les Juifs de Jérusalem. Et ce sont les Arabes, sous le règne de Omar Ibn el-Khattab qui les ont ramenés à Jérusalem après des décennies d’exil.
Ce sont les Croisés et non point les Arabes qui ont massacré les Juifs à Jérusalem avant qu’ils n’y soient ramenés sous le règne de Saladin.
Ce sont les Espagnols et non pas les Arabes qui ont chassé les Juifs d’Espagne pour qu’ils soient accueillis par la suite par les Arabes du Maghreb.
Quant au domaine du savoir, la plupart des connaissances et des sciences développées par les Juifs se sont épanouies sous les empires arabes.
J’ai relaté ces faits pour restaurer un certain équilibre dans l’image communiquée et défigurée par l’ambiguïté et l’horreur des évènements en cours.
Synthèse
En conclusion, il est clair qu’il sera difficile de parvenir à une solution juste et globale au Moyen-Orient si les équations ne sont pas modifiées. Israël et les États-Unis forment un tout fort et uni face à une Autorité Palestinienne pauvre et faible. Le rapport de forces entre les parties à la négociation doit à tout prix changer pour donner un rôle plus important à la Russie et à l’Union Européenne. La Russie a une bonne compréhension du monde arabe, elle lui apporte son soutien pour qu’il puisse défendre ses causes et s’attache à l’application des résolutions de l’ONU. De même, l’Union Européenne peut jouer un plus grand rôle dans ce domaine. En effet, la Russie et l’Union Européenne peuvent établir l’équilibre diplomatique requis pour l’instauration d’une paix globale car une paix partielle ou même progressive a largement prouvé son inefficacité. Le Liban et la Syrie appellent à l’intensification des efforts menés conjointement au niveau international avec les parties concernées pour accepter une solution juste et globale facilitant ainsi l’instauration d’une paix qui se fait toujours attendre dans la région. La route ne sera pas facile, mais la paix demeure le seul choix possible.
Le conflit israélo-arabe a besoin d’une période d’accalmie au cours de laquelle les observateurs internationaux devraient mettre fin au cercle vicieux de la violence et préparer le terrain à une nouvelle phase de négociations et peut-être même à une auto-critique courageuse. L’application des recommandations de la commission Mitchel représente un pas en avant vers la paix. On doit pouvoir mettre un terme à la violence et à l’expansion des colonies. Les parties au conflit doivent se réunir autour d’une même table de négociations afin de parvenir à un accord dans le cadre des résolutions de l’ONU.
Le respect des valeurs ne va pas à l’encontre d’une solution au conflit du Moyen-Orient. Les États-Unis peuvent en effet développer dans cette région une politique se basant sur des valeurs qu’ils insistent à considérer comme les composantes de leur politique étrangère. Quant à la Russie, elle se doit de revenir sur la scène du Moyen-Orient dans l’esprit de sa sainte église orthodoxe.
Au XIXième siècle, la Russie a accordé à notre région une importance capitale. Elle a ainsi contribué à l’ouverture d’écoles, au soutien des églises et à la promotion de ses intérêts commerciaux. Ses écrivains l’ont dénommée « protectrice des valeurs et des principes, garante de la fraternité entre les hommes ».
Le processus de paix est extrêmement compliqué dans cette région du monde. Il requiert non seulement un engagement de longue haleine de la part des États-Unis, de l’Europe et de la Russie mais également un engagement moral. La violence ne peut en aucun cas aboutir à la paix. C’est une diplomatie basée sur la justice et l’équité entre les peuples et les états qui peut l’assurer. Il est à noter que les effets d’une paix au Moyen-Orient ne se feront pas sentir uniquement dans la région mais dans le monde entier.
Le lien entre la paix au Moyen-Orient et la paix dans le monde n’est plus à démontrer. La solution de ce conflit contribuera donc au démantèlement de l’un des foyers de tensions les plus dangereux et qui menace la communauté internationale.
Je vous remercie encore une fois pour votre invitation et je souhaite que les jours à venir soient porteurs de joie et de santé. Je souhaite à la Fédération russe amie la gloire et la puissance et à l’humanité la paix et la sécurité, la justice et l’égalité.