La Russie a ouvert jeudi le Forum économique de Saint-Pétersbourg dans une ambiance morose, saluant des progrès dans les discussions sur son adhésion à l’OMC mais reconnaissant que ses perspectives économiques restent toujours incertaines.
Cette grand-messe des affaires, présentée comme l’équivalent du célèbre forum de Davos, est marquée pour cette treizième édition du sceau de la crise qui a durement secoué la Russie, très dépendante des exportations d’hydrocarbures et de matières premières.
La ministre russe du Développement économique Elvira Nabioullina a reconnu dans une interview publiée jeudi dans le quotidien Vedomosti que l’économie du pays ne repartirait qu’"à la fin de l’année ou au début de l’année prochaine", compte tenu de la baisse de la consommation et des investissements.
"Certains font maintenant état d’une reprise de l’économie mondiale (...) mais on ne peut pas dire à quel point elle est stable. Des risques subsistent pour l’économie mondiale et nous en sommes dépendants", a-t-elle dit.
En conséquence, la nouvelle prévision gouvernementale d’une contraction du Produit intérieur brut (PIB) de 6-8% en 2009 comparé à l’année précédente est justifiée, celui-ci ayant déjà reculé de 9,5% en glissement annuel au premier trimestre, a ajouté Mme Nabioullina.
L’ancien ministre du Développement économique Guerman Gref s’est voulu moins alarmiste, notant que le rythme de la chute de l’économie russe ralentissait. M. Gref, commentant la reprise du constructeur automobile Opel par la Sberbank, qui doit y entrer à hauteur de 35%, et le canadien Magna, qui prendra 20%, a par ailleurs souligné l’importance de restructurer l’industrie russe.
Seul événement de nature à alléger le fardeau de la Russie, l’avancée des négociations sur son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), alors que ce processus avait été récemment jugé trop lent par le président russe Dmitri Medvedev.
Après de longues et tortueuses négociations, l’adhésion de la Russie à l’OMC avait en effet été remise en cause en août 2008 à la fois par Moscou et par les Etats-Unis après l’intervention de l’armée russe en Géorgie. Mais les autorités russes ont réaffirmé, depuis, leur volonté d’intégrer le saint des saints du commerce mondial.
Lors de négociations bilatérales jeudi matin, la commissaire européenne du Commerce, Catherine Ashton et Mme Nabioullina ont convenu que l’adhésion de la Russie à l’OMC devait avoir lieu "avant la fin de l’année".