Pourparlers d’I.S.Ivanov, Ministre des affaires étrangères de la Russie avec V.M.Gouliev, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan,
I.S.Ivanov : Mesdames, Messieurs !
Nous avons eu des pourparlers avec V.M.Gouliev, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan.
Russie - Azerbaïdjan
Je dois noter avec satisfaction que nos appréciations communes à propos de l’évolution des relations russo-azerbaïdjanaises coïncident. Leur développement est croissant dans tous les domaines : politique, économique, scientifique, culturel.
Aujourd’hui, nous avons passé en revue pratiquement toutes les pistes de la coopération et noté que les relations entre nos pays se développent dans la clé positive. Je suis persuadé qu’elles vont continuer d’évoluer ainsi, puisque le cap stratégique, mis par les présidents de la Russie et de l’Azerbaïdjan, vise leur globale extension. Nous avons échangé de vues sur plusieurs problèmes internationaux.
Russie - Géorgie
Naturellement, nous sommes particulièrement intéressés à l’évolution de la situation en Géorgie. La Russie, en l’occurrence, prône le déroulement de tous les processus, qui se développent en Géorgie, dans le cadre de la légalité, de la Constitution. Nous allons suivre le déroulement des élections des représentants légitimes du pouvoir en Géorgie et, en fonction de cela, déterminer nos rapports. Aujourd’hui, V.V.Poutine, Président de la Russie, a fait une déclaration à propos de la situation en Géorgie et a souligné que la Russie était intéressée au développement à long terme des relations les plus étroites et amicales avec le peuple géorgien. Cette politique s’appuie aussi sur la riche histoire des liaisons bilatérales et sur nos intérêts d’aujourd’hui et de demain. Nous avons aussi échangé d’opinions à propos de la situation dans certaines régions, avant tout en ce qui concerne la problématique caspienne. On prépare actuellement la rencontre des ministres des affaires étrangères des états caspiens. Nous allons coopérer étroitement avec l’Azerbaïdjan pour garantir ses résultats.
J’ai aussi informé le Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan des efforts qu’entreprend la Russie dans le règlement du soi-disant programme nucléaire de l’Iran. Il est pour nous important que ce conflit soit réglé dans le cadre du droit international, dans le cadre de l’AIEA, sans devenir un excitant supplémentaire dans une situation régionale déjà compliquée. Nous avons échangé de vues à propos de la situation en Irak, au Proche-Orient. Je dois noter que, pour la plupart des problèmes internationaux, nos positions sont proches ou similaires. Je voudrais souligner que nous étendons à chaque fois notre interaction à l’ONU, puisque nous attachons une grande importance au rôle de cette Organisation universelle dans le maintien de la stabilité au monde. Nous allons continuer de développer nos contacts dans le cadre de l’ONU et des autres mécanismes multipartites.
Nos pourparlers se sont passés de manière très constructive, dans une atmosphère de travail. Je suis reconnaissant à mon homologue et ami Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan pour cette rencontre.
Question :
Quelle est la position de la Russie vis-à-vis de la protestation exprimée par le MAE de l’Azerbaïdjan concernant les déclarations de S.B.Ivanov, Ministre de la défense de la Russie, faites à Erévan ?
I.S.Ivanov :
Nous avons très attentivement considéré la déclaration du Ministère des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, puisqu’il faut examiner et évaluer toute déclaration d’un état ami. De ma propre initiative, j’ai levé cette question et, au nom des autorités russes, assuré la partie azerbaïdjanaise que la Russie n’a rien fait ni ne fera dans le cadre de la coopération militaro-technique avec l’Arménie, qui puisse nuire aux intérêts, d’autant plus aux intérêts de la sécurité, de l’Azerbaïdjan et faire déséquilibrer la région.
Nous sommes prêts, et nous l’avons souligné auparavant, à développer la coopération militaro-technique avec l’Azerbaïdjan. Il est important d’exclure ici même un soupçon de méfiance. Cependant, si ces questions apparaissent, cela veut dire que nous devons, pour notre part, faire des pas préventifs pour que les actions que la Russie peut déployer ne provoquent pas de préoccupation. Et dans l’avenir, nous agirons de cette façon précise.
Question :
Quels sont les résultats de votre rencontre avec A.Abachidzé, Président de l’Adjarie ? Comment commenteriez-vous sa déclaration que, n’était votre venue, E.Chévardnadzé n’aurait plus été là ?
I.S.Ivanov :
Concernant ma rencontre avec Monsieur A.Abachidzé, Président de l’Adjarie, je veux avant tout souligner que ma visite en Adjarie a été faite à la demande de l’ex-Président E.A.Chévardnadzé, qui m’avait demandé d’aller à Batoumi et d’informer le Président de l’Adjarie des contacts que j’avais eus à Tbilissi tant avec E.A.Chévardnadzé qu’avec les représentants des autres forces politiques de la Géorgie, ce que j’ai fait. Le Président de l’Adjarie a toujours joué un rôle très positif dans l’intérêt de la stabilité en Géorgie, dans l’intérêt du respect et de l’application de la Constitution. A la demande d’E.A.Chévardnadzé, je suis parti pour l’Adjarie et ai informé A.Abachidzé des événements, dont j’avais été témoin, et des négociations que j’ai tenues à Tbilissi.Concernant la deuxième partie de la question, je suppose que nul besoin n’est de dire que la situation en Géorgie a été, ces jours-là, chauffée à blanc. La tâche de la Russie consistait à faire éviter la violence, éviter que les questions apparues en résultat des récentes élections parlementaires se transforment en excès qui sapent la stabilité en Géorgie, le système politique du pays, son intégrité territoriale. Et la violence aurait bien pu se transformer en actions concrètes, on le voyait bien des reportages télévisés. La situation était extrêmement chauffée. Est-ce qu’on a trouvé la meilleure issue ou non - c’est aux politiques de la Géorgie de décider. Ce n’était pas la décision de la partie russe. Mais nous croyons très important que le sang n’ait pas été versé. Maintenant, nous allons suivre l’évolution des événements en Géorgie, la manière dont seront élus les organes du pouvoir légitime en Géorgie et, en fonction de cela, déterminer notre attitude.
Question :
Quelle est la position de la Russie vis-à-vis des nouveaux dirigeants de la Géorgie ? Va-t-on maintenir les relations de partenariat entre la Russie et la Géorgie après le départ d’E.A.Chévardnadzé de la présidence ?
I.S.Ivanov :
J’ai déjà répondu à une partie de votre question. La Russie et la Géorgie sont liées par les relations amicales historiques de longue date. Nous sommes intéressés non seulement à les maintenir, mais à les développer. Concernant les dirigeants, vous savez qu’en Géorgie, les élections sont annoncées. En fonction de leur déroulement et de la manière dont seront élues les autorités appropriées, la Russie va déterminer son attitude envers elles.