La France et la Russie ont "affirmé leur détermination à unir leurs efforts pour lutter contre le terrorisme international" déclare le communiqué final à l’issue de la rencontre entre Lionel Jospin et le Premier ministre russe, Mikhaïl Kassianov.
La presse russe est restée très avare de commentaires sur la visite du Premier ministre français à Moscou. Seul le point politique central de la rencontre, la lutte contre le terrorisme, a été faiblement repris par les médias. La France et la Russie ont "affirmé leur détermination à unir leurs efforts pour lutter contre le terrorisme international" déclare le communiqué final à l’issue de la rencontre entre Lionel Jospin et le Premier ministre russe, Mikhaïl Kassianov. Le thème de la situation internationale a également été abordé lors de la rencontre entre Vladimir Poutine et Lionel Jospin. "Le Président russe a tenté d’attirer le Premier ministre français dans son camp et de lui faire partager sa vision de la résolution du problème terroriste. La Russie voit d’un mauvais œil la volonté américaine d’élargir son champ d’actions militaires au-delà de l’Afghanistan et de frapper les Etats qui, selon Washington, soutiennent les terroristes. De plus, Moscou souligne que l’approche du terrorisme international doit être la même partout, aussi bien en Afghanistan qu’au Proche-Orient et dans les Balkans. La Russie espère obtenir, sur ces questions, le soutien de la France " note, pour seuls commentaires, le journal Kommersant. Quant aux déclarations de Lionel Jospin sur la Tchétchénie, elles ont été entièrement occultées par les médias russes. Pourtant, le Premier ministre, questionné sur une possible modification de la position de la France vis-à-vis du problème tchétchène, avait répondu : "Il est clair que les évènements du 11 septembre ont modifié le regard que nous portons sur la situation internationale". Une déclaration qui aurait dû réjouir les médias proches du Kremlin qui présentaient le Premier ministre français comme le plus fervent critique de la guerre en Tchétchénie. "Partout où le terrorisme se manifeste, il doit être combattu, y compris en Tchétchénie" avait ajouté Lionel Jospin, une phrase, qui, tirée hors de son contexte, aurait pu être reprise dans la presse russe comme un appui à la propagande officielle qui veut que les forces russes se heurtent au terrorisme international en Tchétchénie. "En même temps, la question est de savoir comment on combat, et nous souhaitons que cela soit fait dans le respect des droits et en protégeant les populations civiles. Nous sommes favorables à une issue politique de ce conflit dont on peut se dire qu’elle n’est pas totalement impossible pour peu qu’on la recherche", avait poursuivi le Premier ministre. Une déclaration qui vient en porte-à-faux de la position des autres dirigeants européens qui, après le 11 septembre, semblent avoir décidé de fermer les yeux sur la Tchétchénie. Cette critique qui a réaffirmé la position française spécifique face au problème de la Tchétchénie n’a pas été reprise par la presse russe qui a préféré souligner, comme le journal Nezavissimaïa gazeta, que les relations franco-russes connaissaient une amélioration après le refroidissement qui avait suivi l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir.
Kommersant 24-10-01 ; Nezavissimaïa gazeta 25-10-01