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imprimer cet article  La révolution ’anti-rose’ en Géorgie

Le chef des observateurs allemands de l’OSCE chargés de surveiller le scrutin présidentiel en Géorgie, Dieter Boden, a dénoncé ’des fraudes grossières dans le comptage des voix’, dans un quotidien allemand : ’L’OSCE soutient des élections truquées, Les Etats-Unis, partisans de la dictature... !’

Ces faits ont été rapportés par des observateurs de l’Organisation pour la sécurité et le coopération en Europe (OSCE), a dit le chef de la mission allemande dans le Frankfurter Rundschau, évoquant, en outre, "les conditions chaotiques (ayant régné) au sein de la commission électorale centrale".

Le scrutin, dont le résultat officiel a été publié mercredi par cette commission, a été jugé "valide" par l’OSCE et globalement salué par l’Occident. Le président sortant Mikheïl Saakachvili a été réélu avec 52,21% des voix dès le premier tour, son principal concurrent Levan Gatchetchiladzé ne recueillant que 25,26% des suffrages exprimés. Mais l’opposition accuse M. Saakachvili de fraudes et réclame un deuxième tour.

"Nous avons en notre possession plus de cent procès-verbaux de scrutin qui prouvent qu’environ 110.000 voix, soit environ 6% du total, ont été falsifiées au profit de Saakachvili", a déclaré au Frankfurter Rundschau Tina Chidacheli, membre du camp Gatchetchiladzé.

Plus de 50.000 Géorgiens ont manifesté dimanche à l’appel de l’opposition pour contester la victoire de Mikheïl Saakachvili à la présidentielle du 5 janvier, tout juste confirmée.

Aucune mobilisation massive de la police n’était visible lors de cette manifestation autorisée, qui a réveillé les craintes de violences après les manifestations réprimées de novembre 2007, suivies de neuf jours d’état d’urgence et de la convocation de cette présidentielle anticipée.

Mais la marche, à laquelle ont participé au moins 80.000 personnes s’est terminée dans le calme, place de la Liberté.

Les chefs de file de l’opposition ont appelé la foule à redescendre dans la rue jusqu’à ce que le pouvoir cède et accepte un second tour. "Nous devons faire front ensemble et alors nous gagnerons. Nous obtiendrons un second tour", a assuré M. Gatchetchiladzé.

Mais avec la publication quelques heures plus tôt des résultats définitifs, l’hypothèse d’un second tour est hautement improbable. D’autant que les autorités ne donnent pas de signe de concession, préparant déjà la cérémonie d’investiture de M. Saakachvili, prévue le 20 ou le 21 janvier.

Ces résultats, publié in extremis au dernier jour prévu par la loi, confirment la victoire de M. Saakachvili avec 53,47% des voix contre 25,69% (bien 25,69%) à M. Gatchetchiladzé.

L’opposition juge la réélection du président sortant frauduleuse malgré l’avis favorable des observateurs occidentaux, notamment de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). "L’OSCE soutient des élections truquées", "Les Etats-Unis, partisans de la dictature", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants ayant répondu à l’appel d’une opposition pourtant pro-occidentale.

Lors de la manifestation, Salomé Zourabichvili, ancienne chef de la diplomatie de M. Saakachvili, a quant à elle appelé les dirigeants étrangers à boycotter la cérémonie d’investiture. A l’approche de législatives prévues au printemps, l’ampleur de cette manifestation fait surtout figure de test pour cette opposition qui réunit nombre de déçus de la politique de M. Saakachvili.

L’opposition a réussi en cela son pari dimanche, mobilisant autant que lors de sa manifestation du 2 novembre 2007, plus importante contestation populaire dans cette ex-république soviétique du Caucase depuis la Révolution de la rose de novembre 2003 qui a porté au pouvoir M. Saakachvili.

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