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imprimer cet article  La popularité du Parti communiste

Selon les derniers sondages d’opinion, le parti communiste conserve le soutien de 30 à 35% de l’électorat.

Alors que le « parti du pouvoir » est devenu un super parti en englobant à la fois Sergueï Choïgou (Edinstvo), Youri Loujkov (Otetchestvo) et Mintimar Chaïmiev (Vsia Rossia), que le Kremlin a construit une solide verticale du pouvoir, que les télévisions ne sont plus sous la coupe des oligarques et que même les comités parlementaires ont été retirés aux communistes, le maintien d’un fort électorat communiste pourrait effrayer le pouvoir. Les sondages révèlent en effet que les communistes engrangent des points de popularité tandis que le parti du pouvoir en perd. Selon un sondage du Centre d’études de l’opinion publique (VTsIOM) réalisé au mois de mars, le parti communiste obtenait 13 points de plus dans les sondages que le parti du pouvoir, Edinaïa Rossia (Russie unie), contre deux points de différence au mois de janvier. Toutefois, pour les sociologues, la popularité du parti communiste ne représente pas un réel danger pour le parti du pouvoir. Dmitri Orechkine, président du groupe d’études sociologiques et économiques Merkator, explique qu’en période électorale « les ressources administratives » prennent le pas sur les anciennes intentions de vote déclarées lors des sondages. Sous le terme « ressources administratives », les Russes comprennent toutes les formes de pression que peuvent exercer les autorités publiques, fédérales ou régionales, pour obtenir l’élection de leur candidat. « Au cours de nombreuses années, nous avons analysé l’influence des « ressources administratives » sur les résultats des élections régionales. Au début des années 90, les ressources administratives étaient utilisées au profit des représentants communistes car les fonctionnaires régionaux espéraient de toutes leurs forces un retour au système soviétique. Ils ont ensuite compris que les nouvelles conditions pouvaient également être confortables : ils pouvaient profiter financièrement des opportunités d’affaires et utiliser leur plein pouvoir pour départager les ressources en leur faveur. C’est ainsi qu’ils ont commencé à travailler pour augmenter l’électorat du parti du pouvoir. En 1999, les ressources administratives ont joué en faveur de Otetchestvo-Vsia Rossia et Edinstvo, tandis que le parti communiste arrivait en troisième position » explique Dmitri Orechkine. Parallèlement, la répartition géographique de l’électorat communiste semble s’être transformée. Si auparavant, cet électorat était plus important dans les campagnes, où les directives de vote de l’administration locale étaient les plus puissantes et, par conséquent, les élections beaucoup moins libres, aujourd’hui l’électorat communiste se retrouve surtout dans les villes. « Si auparavant le vote communiste était un vote conservateur, en faveur de l’ancienne bureaucratie, aujourd’hui il est devenu le vote protestataire des personnes offensées mais socialement actives » estime Dmitri Orechkine. Cependant, ce vote protestataire ne menace pas le parti du pouvoir car le parti communiste a perdu depuis longtemps toute idéologie révolutionnaire et il se différencie très peu de l’élite dirigeante et n’a rien d’une opposition. Dans ce contexte, même si le parti communiste venait à l’emporter aux élections parlementaires, il ne menacerait en aucun cas le parti du pouvoir car tous deux dans le fond défendent les mêmes intérêts.

Izvestia 15-04-02

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