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imprimer cet article  La participation russe en Afghanistan

12-2001
Avant le 7 décembre, Moscou démentait catégoriquement la possibilité d’une participation des forces armées russes en Afghanistan.

Le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, avait à plusieurs reprises affirmé qu’aucun soldat russe ne foulerait le sol afghan. Dans une interview à un média américain, le président Vladimir Poutine avait expliqué que le retour des Russes en Afghanistan équivaudrait à un retour des troupes américaines au Vietnam. " Il est vrai qu’alors il s’agissait de l’opération terrestre contre les Talibans et le mouvement Al-Qaida. Cependant, lorsque la question de la participation de la Russie à une force internationale de sécurité a été soulevée, les autorités russes ont été tout autant catégoriques " écrit le journal Kommersant. Le 5 décembre, en visite à Kazan, Sergueï Ivanov avait déclaré : " La Russie a, dès le départ, clairement affirmé qu’aucun contingent armé russe, quel que soit l’objectif, ne serait envoyé en Afghanistan ". Or, le 7 décembre, lors d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de l’Alliance du Nord et du gouvernement de transition afghan, Abdullah Abdullah, Sergueï Ivanov a laissé entendre qu’il n’excluait pas la participation des forces russes à une opération de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU. Cette déclaration a été par la suite adoucie par le ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov, qui a assuré que la Russie ne participerait pas militairement à la force d’intervention mais prendrait part uniquement aux opérations humanitaires. " Cependant, dans la pratique, comme l’ont montré les expériences en Bosnie et au Kosovo, les missions humanitaires se transforment en des missions de maintien de la paix dans lesquelles la participation militaire est inévitable " estime le quotidien Kommersant. Les bases juridiques de cette force internationale de sécurité ne sont toutefois pas encore entièrement établies : la résolution n°1383 du Conseil de sécurité de l’ONU ne fait que constater " la détermination du Conseil de sécurité à aider les Afghans à atteindre une réconciliation nationale et mettre fin à l’utilisation du pays comme base pour les terroristes ". " Dans le cas de l’Afghanistan, cet objectif ne peut être atteint qu’après une intervention militaire terrestre " écrit le journal Vremia Novosteï. Le quotidien souligne que, ces dernières années, ce type d’opérations était mené sous le commandement de l’OTAN. " La Russie avait, à de nombreuses reprises, montré son mécontentement car, jusqu’alors, ses relations avec l’Alliance atlantique se basaient sur la formule 19+1 (les 19 membres de l’Alliance plus la Russie dont le rôle restait exclusivement consultatif) et ne lui permettait pas de prendre part à l’organisation des opérations " écrit le quotidien. Or, ces dernières semaines, cette mésentente semble avoir été surmontée et la plupart des membres de l’Alliance se prononcent pour inclure la Russie dans les prises de décision de l’OTAN. " Dans ce contexte, la Russie a accepté de participer à la future " occupation humanitaire " de l’Afghanistan " constate Vremia Novosteï. Preuve des sérieuses intentions de la Russie, le conseiller du Président chargé de la politique d’information en Tchétchénie, Sergueï Yastrjembskiï, s’est rendu la semaine dernière dans la capitale tadjike pour organiser un " groupe d’information russo-tadjik " qui assurerait un appui médiatique officiel à l’opération. Une brigade du ministère des Situations d’urgence est par ailleurs chargée de déminer et de réparer le tunnel Salang, une voie stratégique qui garantira un approvisionnement régulier des forces russes en Afghanistan. Selon le journal Kommersant, le contingent russe sera formé à partir de la 201ème division motorisée basée à la frontière tadjike avec l’Afghanistan et limité à un millier de soldats sous contrat. Le quotidien rappelle que, selon la Constitution russe, seule la Chambre haute du Parlement a le droit d’autoriser l’envoi des forces armées russes à l’extérieur du territoire de la Fédération. Le fait que la Chambre donnera son accord à l’envoi des troupes ne fait aucun doute : la nouvelle Chambre, composée des représentants des régions, n’a jamais fait défaut au Président. L’envoi d’un contingent russe en Afghanistan semble donc tout à fait probable. " En effet, si seules les armées des pays occidentaux prennent part à la force internationale de sécurité, la Russie pourrait perdre toute possibilité d’influence sur la situation de l’Afghanistan d’après-guerre " conclut le journal Kommersant.

Kommersant 8-12-01 ; Vremia Novosteï 1-12-1 ; Kommersant 11-12-01

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