La Russie regorgeant de ressources naturelles, résume bien les contradictions de l’économie russe : les produits manufacturés que proposent les magasins proviennent le plus souvent d’Europe, ou d’Asie.
Sous sa présidence (2000-2008), la Russie a découvert une croissance dynamique (8% l’an dernier) qui l’a sortie en partie de l’ornière après la grave crise financière de 1998 et le chaos des années Elstine.
Dans un pays qui a connu le traumatisme de la chute de l’URSS, puis des années de réformes souvent synonymes de descente aux enfers pour les Russes, les années Poutine sont perçues comme positives.
Malgré une mise au pas des "oligarques", ces barons de l’industrie russe qui avaient un peu trop pris leur aise au Kremlin sous Eltsine, Poutine semble poursuivre alors une politique "économique démocratique". La Russie, depuis l’arrivée aux manettes de Vladimir Poutine il y a huit ans, affiche des taux de croissance enviables (8% en 2007), et une grande partie de la population a vu ses conditions de vie s’améliorer sensiblement. Le triplement parallèle des cours du pétrole n’est certes pas étranger à ces performances. Les analystes saluent toutefois une gestion jugée avisée des recettes pétrolières. Avec les gigantesques opportunités offertes par des cours du pétrole record, Poutine aurait dû moderniser le pays plus vite. Après la période soviétique, les gens se sont enrichis le plus vite possible, c’est-à-dire avec le pétrole, le gaz et les ressources forestières. Le reste est en train de rouiller.
Le problème, une économie trop tournée vers les matières premières dont la Russie regorge, est désormais largement identifié et le président sortant Vladimir Poutine comme son successeur annoncé à l’élection présidentielle du 2 mars, Dmitri Medvedev, ont promis de s’y attaquer de front.
Dans un récent discours, M. Poutine a fustigé "l’extrême inefficacité" de l’économie russe, en particulier sa faible productivité et sa dépendance envers les hydrocarbures. Si rien n’est fait, "nous ne pourrons garantir ni la sécurité du pays ni son développement normal. Nous mettrons en péril son existence même", a-t-il tonné.
Les analystes se sont réjouis qu’il dépeigne un futur reposant sur des milliers de petites entreprises plutôt que sur quelques conglomérats géants.