Russomania : la Russie en ligne

 

 



imprimer cet article  La gigantesque collection de Mstislav Rostropovitch, ramenée en Russie grâce à l’intervention d’un ’oligarque’

Les oeuvres, accumulées sur une trentaine d’années, ont été conservées dans deux appartements du couple, l’un à Londres, l’autre à Paris, tant qu’a duré son exil, en raison de son soutien à l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne en 1970.

Son équipe gouvernementale à peine formée, Vladimir Poutine est allé dans sa ville natale, Saint-Pétersbourg (nord-ouest), pour un premier déplacement très médiatisé de chef du gouvernement, alors que le nouveau président Dmitri Medvedev n’a pas encore quitté le Kremlin.

Assemblée par le célèbre violoncelliste -décédé en avril 2007- et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa, la collection compte quelque 900 objets dont des toiles des peintres russes Ilia Repine, Valentin Serov et Boris Grigoriev, ainsi que des porcelaines impériales, statuettes de malachite, émaux, etc.

Les oeuvres, accumulées sur une trentaine d’années, ont été conservées dans deux appartements du couple, l’un à Londres, l’autre à Paris, tant qu’a duré son exil, en raison de son soutien à l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne en 1970.

Victime de représailles, le musicien avait émigré à l’Ouest en 1974. En 1978, il avait été déchu de la nationalité soviétique et ne s’est réconcilié avec son pays qu’après la chute de l’URSS.

Sa veuve, Mme Vichnevskaïa, a expliqué pendant la cérémonie qu’elle avait tenté grâce aux oeuvres de se "recréer une maison russe à l’étranger".

"J’ai acheté tout ce qui me plaisait. Evidemment, je n’ai jamais osé boire du thé avec les tasses en porcelaine, mais j’ai nettoyé moi-même la porcelaine", a-t-elle raconté.

M. Poutine s’est félicité que les Rostropovitch, eux-mêmes de "grands représentants de la culture russe", aient su "sauvegarder de vrais chefs-d’oeuvre pour le monde, et, ce qui est très important pour nous, pour la Russie".

Le lieu retenu pour exposer les oeuvres ne doit rien au hasard. Le palais Constantin, situé à Strelna, à 15 kilomètres de Saint-Pétersbourg, a été restauré sur l’ordre du président Poutine qui y accueillait ses hôtes étrangers, comme au sommet du G8 en 2006.

Il s’en est fallu de peu que la collection Rostropovitch ne soit dispersée aux enchères.

Les oeuvres devaient initialement être vendues à Londres par la maison Sotheby’s, mais ont finalement été achetées en bloc par le magnat de l’acier et du gaz Alicher Ousmanov pour 72 millions de dollars. Qui les a ensuite offertes à l’Etat russe.

"La collection est aussi diverse que la Russie et elle doit appartenir au patrimoine du pays", a déclaré lundi l’"oligarque", proche du pouvoir. Les autorités russes n’ont pas fait mystère du fait qu’elles l’avaient elles-mêmes sollicité pour ce geste.

Et pour une première, tous les symboles étaient réunis : une histoire d’artistes de génie et d’amour de la Russie, un palais impérial reconstruit sous la présidence Poutine... le tout très loin d’un déplacement de Premier ministre dans la Russie profonde.

© Russomania.com, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.

Voir également



Articles les plus récents


 

 


Votre voyage en Russie avec Russomania.com