Des constructeurs russes comme Avtovaz, Gaz ou Kamaz, n’ont pas encore annoncé de grandes vagues de licenciements, mais ils ont réduit leur rythme de production ces dernières semaines et recouru à des politiques commerciales agressives.
Le marché russe reste "extrêmement vulnérable", en raison de son étroite dépendance envers des crédits aux consommateurs.
Pour l’heure, le signe le plus visible de la crise est le sérieux coup de frein à la croissance des ventes de voitures étrangères, lesquelles représentent plus des trois quarts du marché russe : de +47% sur les six premiers mois, la progression des ventes est tombée à +22% en septembre, à 179.000 voitures.
La crise financière risque d’affaiblir le marché automobile de Russie, au point que le gouvernement envisage de l’aider par des mesures protectionnistes.
Les voitures étrangères, si populaires en Russie, risquent d’ailleurs de se faire plus rares chez les concessionnaires : la dégradation de la conjoncture économique russe a de bonnes chances de se traduire dans un avenir proche par une dévaluation du rouble, pénalisant au passage les importateurs de voitures.
Cela serait du pain béni pour les constructeurs russes, qui ont par ailleurs entrepris une campagne de lobbying auprès des autorités afin qu’elles augmentent les droits de douanes sur les voitures importées.
Ils semblent avoir été entendus : une commission spécialisée du gouvernement a recommandé vendredi d’imposer des droits à hauteur de 30% sur l’importation de véhicules légers en exploitation depuis plus d’un an, mais moins de cinq ans.
Les analystes jugent très probable que des mesures protectionnistes soient adoptées.
Pour nombre de grands constructeurs étrangers comme Ford, Renault, Volkswagen ou Toyota, elles devraient cependant être relativement indolores étant donné qu’ils produisent déjà sur le territoire russe.
"Le marché russe va demeurer l’un des plus prometteurs", a ainsi déclaré vendredi le PDG de GM Europe, Carl-Peter Forster, alors qu’il inaugurait une nouvelle usine d’une capacité de 70.000 véhicules par an dans la banlieue de Saint-Pétersbourg (nord).
La logique est la même pour les groupes italiens Fiat et Pirelli, que la crise n’a pas empêché de signer des contrats prévoyant un élargissement de son activité pour le premier et la construction d’une usine pour le second.