Jean-François Colosimo, lors de la conférence de presse organisée le 7 octobre 2009 au café Procope à Paris, a présenté la traduction française du Journal du père Alexandre Schmemann, publié par les Editions des Syrtes.
En 1973, lorsqu’il entreprend de tenir son journal, Alexandre Schmemann avait cinquante-trois ans et était une figure éminente de l’orthodoxie russe.
Il notait alors que « dans les profondeurs, il y a beaucoup plus d’obscurité que de clarté ». Il y a consigné pendant dix ans ses doutes et ses peines, ses interrogations spirituelles ou ses frustrations, mais aussi sa joie de vivre ou ses bonheurs.
Ce matériel passionnant, probablement pas destiné à la publication, a été édité par sa femme en 2000 en anglais ; sa parution en russe, en 2005, a constitué un événement littéraire.
C’est un véritable compte rendu intime de la vie d’Alexandre Schmemann, qui observait les autres, vivait avec eux et était en communion avec le monde. Il ne s’agissait pas pour lui de s’analyser, mais plutôt de se voir lui-même au milieu de la création, c’était aussi un moyen de « s’expliquer » à lui-même, de jouir de petits bonheurs, ou de s’attrister parfois.
Ce journal est une œuvre majeure, précieuse tant par sa mine de renseignements sur l’histoire récente de l’Église orthodoxe en Occident, que par sa haute teneur spirituelle et, non en dernier lieu, par sa remarquable qualité littéraire. Avec les années, la présence et l’influence de l’héritage du père Alexandre ne diminuent pas, le sens de son action apparaît toujours plus clairement, et ne cesse d’inspirer et de nourrir les débats actuels. « Quel bonheur tout cela a été » – les ultimes mots du Journal – résonnent tel un testament, telle une émulation pour nous autres.
Biographie
Homme d’Église d’une envergure exceptionnelle Alexandre Schmemann (1921-1983) est né en Estonie d’une famille d’émigrés russes. Enfant, il vient s’installer avec sa famille à Paris. Après des études secondaires, il reçoit une formation théologique à l’Institut orthodoxe Saint-Serge à Paris. À la fin de ses études il y enseigne l’histoire ecclésiale. Ordonné prêtre en 1945, il est invité six ans plus tard à rejoindre le séminaire orthodoxe Saint-Vladimir aux États-Unis. À partir de 1962, il en assume la fonction de doyen. Il est également professeur adjoint à l’université Columbia, à l’Union Theological Seminary et au General Theological Seminary de New York.
Il se maria avec Juliana Ossorguine le 31 janvier 1943, avant d’achever ses études de théologie commencée en 1940 à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris et d’être ordonné prêtre en 1946 par le métropolite Vladimir (Tikhonitsky). Il aura trois enfants : Anne, Serge et Marie.
De 1946 à 1951, le Père Alexandre enseignait l’Histoire ecclésiale à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. En 1951, il fut invité à rejoindre le séminaire Saint-Vladimir(alors à New York), par le père Georges Florovsky, lequel était alors le doyen du séminaire. Il enseignait l’Histoire de l’Église et la Théologie liturgique. Son travail à Saint-Vladimir se concentrait principalement sur la théologie liturgique, considérant la tradition liturgique de l’Église comme un grand signe et l’expression majeure de la foi chrétienne. Il soutint sa thèse de doctorat à l’Institut Saint Serge, Introduction à la Théologie Liturgique, en 1959.
Quand le séminaire Saint-Vladimir fut déplacé à Crestwood (New York) en 1962, le Père Alexandre en assuma la fonction de doyen, et ce jusqu’à sa mort. Il a également été professeur adjoint à l’Université de Columbia, l’Université de New York, l’Union Theological Seminary et le General Theological Seminary de New York.
Le Père Alexandre s’est vu accordé le titre de protopresbytre, la plus haute distinction qui puisse être décernée à un prêtre orthodoxe marié.
Il était un observateur orthodoxe lors du Concile Vatican II de l’Église Catholique Romaine de 1962 à 1965.
En 1970, il fut un des membres actifs de l’établissement de l’Église Orthodoxe en Amérique, qui à cette époque devint officiellement indépendante de l’Église orthodoxe russe, même si son autocephalie n’as pas été universellement reconnue.
Ses sermons furent diffusés en Russie sur Radio Liberty pendant 30 ans. Il a acquis une vaste commnunauté d’auditeurs à travers l’Union soviétique, dont Alexandre Soljenitsyne, qui devint son ami après son départ en Occident.
Le Père Alexandre est l’auteur d’un grand nombre d’articles et de livres. Pour la Vie du Monde, un livre sur la foi chrétienne comme reflétée dans la Liturgie, a été traduit en onze langues. Destiné originellement à servir de manuel pour la Fédération nationale des étudiants chétiens en 1963, il y eut même une édition anonyme par samizdat en Union Soviétique. Il termina son livre sur L’Eucharistie peu de temps avant sa mort. Ce livre ainsi que nombre de ses écrits furent publiés de façon posthume.
La conférence de presse menée par Mr Jean François Colosimo
Mardi 6 octobre à 9h00 au Procope
(13, rue de l’Ancienne Comédie - 75006 Paris)
960 pages - 39.00 €
ISBN : 978-2-84545-144-5
Éditions des Syrtes
Concernant la soirée de présentation du Journal aux Editeurs réunis, elle se tiendra le 22 octobre dès 19h00, en présence de Nikita Struve, et des trois traducteurs.
Les Éditeurs réunis
22, rue de la Montagne Sainte Geneviève
75005 Paris Métro : Maubert-Mutualité