Le nouveau patriarche a promis de s’occuper des jeunes ’qui ont besoin d’être guidés’ par l’Eglise à une époque où ’la propagande de la violence et de la débauche vole leurs âmes’.
Le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Kirill a été intronisé dimanche en la cathédrale du Christ Sauveur à la tête de l’ Eglise orthodoxe, en présence du président russe Dmitri Medvedev et du Premier ministre Vladimir Poutine.
Axios, axios, axios" ("il est digne" en grec), s’est exclamée l’assistance constituée de 4.000 invités - dignitaires et représentants orthodoxes à l’intérieur de la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou.
A ce moment précis, Kirill, qui avait été élu mardi par un concile dans la même cathédrale, est officiellement devenu le chef de l’Eglise orthodoxe russe.
Agé de 62 ans, le métropolite de Smolensk et de Kaliningrad Kirill était à la tête de la diplomatie de l’Eglise depuis 1989. Le nouveau patriarche russe paraît apte à améliorer les épineuses relations de l’Eglise orthodoxe russe avec les catholiques. En tant que "ministre des Affaires étrangères" du patriarche Alexis II, mort en décembre, il a rencontré trois fois le pape Benoît XVI.
"Les relations entre l’Eglise et l’Etat doivent se développer sur la base d’un dialogue bienveillant et de la Constitution, pour le bien de l’Eglise et de l’Etat, pour le bien du peuple", a pour sa part dit le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Kirill dans son premier discours après l’intronisation.
Le président russe Dmitri Medvedev a prôné un dialogue "intense et solidaire" avec le nouveau chef de l’Eglise orthodoxe russe Kirill dans un discours à la fin de la cérémonie d’intronisation du patriarche en la cathédrale moscovite du Christ Sauveur.
Le patriarche de Moscou a également déclaré que son devoir était de "protéger les frontières canoniques" de l’Eglise dans les ex-républiques soviétiques dans une apparente allusion à l’Ukraine.
Les orthodoxes, très majoritaires en Ukraine, sont divisés entre l’Eglise soumise au patriarcat de Moscou et deux confessions dissidentes : celle du patriarcat de Kiev et la petite Eglise autocéphale. Un autre problème est celui des uniates en Ukraine occidentale, considérés comme des "traîtres" par les orthodoxes pour avoir rejoint le catholicisme en 1596 et dont la renaissance, après les répressions du temps de l’URSS, est vue par Moscou comme une invasion de son "territoire canonique".
Le nouveau patriarche a également promis de s’occuper des jeunes "qui ont besoin d’être guidés" par l’Eglise à une époque où "la propagande de la violence et de la débauche vole leurs âmes".