La thèse de l’attentat terroriste est privilégiée après le déraillement dans la nuit du train de passagers Nevski Express reliant Moscou à Saint-Pétersbourg, qui a causé la mort de 39 personnes selon un bilan provisoire.
"La principale thèse qu’étudient les enquêteurs est celle de l’explosion d’un engin explosif posé par des inconnus. Autrement dit celle d’un attentat", a déclaré le PDG des chemins de fer russes, Vladimir Iakounine, à la télévision russe depuis le lieu de la catastrophe.
"Une enquête criminelle a été ouverte à propos de l’accident du Nevski Express sur la base des articles 205, c’est-à-dire terrorisme, et 222, détention illégale de matériaux explosifs", a de son côté déclaré Maria Gridneva, la porte-parole du parquet général russe à la chaîne publique Vesti-24.
La chaîne a diffusé en direct une vidéoconférence entre le président Dmitri Medvedev et les principaux responsables de la cellule de crise. Le président a pressé les forces de l’ordre de "faire en sorte d’éviter le chaos car la situation est dure pour les nerfs". "Il faut que la police aide les gens", a-t-il lancé.
La catastrophe s’est produite sur une des lignes de train les plus fréquentées de Russie, Moscou-Saint-Pétersbourg, à 284 kilomètres de la capitale, près du village d’Ouglovka, dans une zone de forêts et marécages.
Le déraillement de plusieurs wagons du Nevski Express, train haut de gamme souvent utilisé par les touristes étrangers, a eu lieu vendredi à 21h34 locales (18h34 GMT) à la limite entre les régions de Novgorod et de Tver (nord-ouest de la Russie).
Au moins trois étrangers se trouvaient à bord du train, selon une source de la société de chemins de fer citée par l’agence Itar-Tass.
Le bilan final du drame n’est pas encore établi car les sauveteurs poursuivent leurs opérations sur le terrain, ont indiqué des responsables sur place.
Selon le ministère russe des Situations d’urgences cité par l’agence Itar-Tass, il s’élevait dans la matinée à 39 morts.
D’autres chiffres circulent également : La porte-parole du parquet a pour sa part avancé le chiffre de 30 morts et 60 personnes hospitalisées.
Le train accidenté vendredi comprenait 14 wagons et transportait près de 660 passagers, selon le ministère russe des Situations d’urgence cité par Itar-Tass. Un cratère d’un mètre de diamètre a été découvert près de la voie ferroviaire, et des témoins affirment avoir entendu une forte détonation avant l’accident. Au moins cinq wagons ont été affectés à des degrés divers, les trois derniers étant les plus touchés. La police a investi la zone et empêchait son accès. Des enquêteurs, tout en confirmant l’existence du cratère, se sont refusés à donner plus de détails. Des policiers s’employaient à retirer les bagages des voyageurs.
En août 2007, un attentat à la bombe avait provoqué en Russie le déraillement d’un train du même type, le Nevski Express, faisant 60 blessés et réveillant le spectre des attaques de la rébellion tchétchène ou de groupuscules nationalistes.