Jusqu’ici épargné par la crise mondiale des ’subprimes’ et par ses contrecoups, la Russie demeure bien protégée d’une récession mondiale. Inflation mise à part (elle a frôlé les 12% en 2007), les indicateurs macroéconomiques de la Russie demeurent au beau fixe.
La Russie reste sereine à l’effondrement du marché boursier depuis deux jours, convaincue que son économie demeure robuste et que sa clé de voûte, le pétrole, va demeurer cher quoiqu’il arrive.
La Russie est entrée dans sa 10e année consécutive de croissance économique. Lors de ce parcours, il n’y a eu que deux années (2001 et 2002) où le PIB réel a crû de moins de 6%.
Pour 2008, son pronostic est de 7,4%, alors même que l’économie mondiale devrait ralentir pour la deuxième année d’affilée. L’économie russe se montre d’ailleurs "peu sensible" à la tendance mondiale.
La consommation des ménages, mais aussi l’envolée des dépenses budgétaires en cette période électorale (législatives en décembre dernier et présidentielle en mars prochain) ont soutenu la conjoncture, tout comme les investissements étrangers.
En outre, la Russie dispose de vastes réserves d’or et de devises bâties grâce à ses recettes pétrolières, le tout lui assurant une remarquable stabilité macroéconomique.
Dans un tel contexte, la seule menace pesant réellement sur la Russie serait celle d’un effondrement des cours du pétrole, dont elle est la deuxième exportatrice mondiale derrière l’Arabie saoudite.
Mais cette hypothèse est jugée improbable au vu de l’équilibre toujours précaire entre offre et demande mondiale d’hydrocarbures et de la forte croissance de la demande en provenance des pays émergents.
Il semble douteux que les cours tombent sous le niveau toujours élevé de 60-65 dollars/baril, même en cas de récession généralisée aux Etats-Unis. Et même dans ce cas, l’économie russe continuera de croître, tout comme les bénéfices de la plupart des entreprises.