PARIS - L’économie russe devrait rester peu atteinte par la guerre que mènent les Etats-unis contre l’Irak car une baisse probable des prix du pétrole corrigerait certains effets négatifs des prix actuels et aussi parceque les marchés financiers russes sont peu volatils en raison d’une dynamique propre.
Ce pronostic a été donné mercredi à Paris par M. Igor Kostikov, président de l’organisme de controle boursier russe, la Commisssion Fédérale pour le marché des Titres (CFMT).
"Ce n’est pas si grave si les prix pétroliers chutent, malgré l’importance du facteur pétrolier pour l’économie russe, car la flambée des prix exerce une forte pression à la hausse sur le rouble", a expliqué le président de la Commisssion Fédérale.
"Un effondrement complet des prix du pétrole est à peu près exclu et pour le reste, tout nous arrange", selon M. Kostikov qui s’est dit "optimiste dans l’ensemble pour l’économie russe".
"Dans la mesure où la croissance des investissements internes n’est pas terminée sur le marché des capitaux russes, ce dernier a connu au cours de ces trois dernières années une dynamique propre qui n’est liée ni au marché mondial des capitaux, ni plus bizarrement au marché pétrolier", a expliqué M. Kostikov.
"Bien sûr, ces facteurs influent sur les marchés russes mais pas fondamentalement et même lorsque les marchés boursiers mondiaux ont chuté fortement l’an dernier, le marché russe a été pour une bonne part épargné. Le mouvement des investisseurs russes confère une grande stabilité aux marchés", a assuré M. Kostikov.
Il a souligné que cette situation "est très liée à l’état de l’économie réelle qui est encore en phase de croissance." Mais il a reconnu que les investissements directs obeissent pour leur part à des mécanismes un peu différents. Ces investissements directs russes et étrangers, sont insuffisants par rapport aux besoins de l’économie russe.
M. Kostikov était en tournée en France, en Belgique et en Espagne pour rencontrer ses homologues des organismes de contrôle boursiers et de gros investisseurs ouest-européens afin d’"échanger des informations" et les convaincre de la moralisation des marchés financiers russes et de leur dynamique prometteuse, a-t-il dit.
"Depuis septembre 2001, la croissance des investissements a été assurée par la recherche de capitaux de grosses et moyennes entreprises russes", a dit M. Kostikov. En Mai 2002, la capitalisation boursière a atteint un sommet de 142 milliards de dollars US, contre 127 milliards de dollars aujourd’hui mais seulement 42 mds de dollars au premier trimestre 2001.
"Les perspectives de croissance, la réforme fiscale qui fait de la Russie une place privilégiée, le renforcement du controle et la réforme du code pénal en matière boursière", ont assuré stabilité et croissance, selon M. Kostikov.
Il s’est réjoui qu’à l’exception d’une seule compagnie pétrolière et gazière, les 82 compagnies enregistrées à la bourse des valeurs se sont mises à payer un dividende à leurs actionnaires depuis l’an dernier.
Le marché obligataire, brisé par la crise financière d’août 1998, est "en train de se reconstituer en se montrant d’autant plus actif que les entreprises en sont encore au stade où elles hésitent à introduire leurs actions sur le marché public". Il a représenté 3,6 mds de dollars l’an dernier mais les émissions obligataires depuis le début de 2003 ont déjà atteint 2 mds USD, dûs en partie à l’opération de financement de Gazprom.