Le projet de gazoduc Nabucco visant à diversifier les approvisionnements en énergie de l’Union européenne (UE), très dépendante de la Russie, a obtenu le soutien formel de la Hongrie.
Le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsany a déclaré que son pays, longtemps réservé, apporterait son soutien "total" a ce projet européen, qui prévoit d’ici à 2012 un gazoduc de 3.300 km partant de la Caspienne en contournant la Russie et qui apparaît aujourd’hui plus complémentaire que concurrent du projet Blue Stream de Moscou.
La Hongrie soutiendra totalement l’UE dans ses efforts d’intégrer ses approvisionnement en gaz.
M. Gyurcsany, qui a toujours évité de froisser Moscou dans ce dossier, a affirmé que le président russe Vladimir Poutine l’avait assuré "comprendre parfaitement qu’un acheteur cherche à diversifier ses approvisionnements".
M. Gyurcsany avait indiqué que Budapest proposerait une ouverture de Nabucco vers la Russie, à condition que Moscou permette également à des sociétés étrangères d’accéder à son propre gazoduc.
Nabucco et Blue Stream doivent tous deux passer par la Turquie et les Balkans, Nabucco devant cependant réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis de la Russie en important du gaz du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.
L’UE dépend actuellement à 25% du gaz russe et devrait voir ses besoins annuels progresser de 100 milliards de m3 d’ici 15 ans, selon le ministre de l’Economie hongrois Janos Koka. Mais selon lui, Nabucco ne pourra répondre qu’à 30% de cette hausse et il serait "erroné" de s’opposer à Moscou.
Les cinq pays partenaires associés (Turquie, Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Autriche) recherchent un sixième partenaire pour ce projet qui coûterait cinq milliards d’euros mais qui, selon Reinhard Mitschek, directeur exécutif de Nabucco, pourrait rapporter "150 milliards de dollars (108 milliards d’euros) en volume sur deux décennies". Son seul problème est qu’il avance très lentement, ayant démarré en 2002.
Il prépare un "front commun" des pays importateurs d’hydrocarbures et souligné son intérêt pour un troisième projet de gazoduc, South Stream, pour amener du gaz russe dans l’UE via la Bulgarie et l’Italie.
En marge d’une visite officielle à Budapest, le président français Nicolas Sarkozy a donné son appui au projet. Gaz de France veut rejoindre le projet en tant que partenaire. La Turquie freine une décision à ce sujet.
L’UE désire réduire sa dépendance de la Russie, ayant subi des coupures d’approvisionnement à la suite de disputes financières entre le géant russe Gazprom et deux pays de transit, Ukraine et Belarus.
La Hongrie, dont les approvisionnements en gaz dépendent à presque 100% de la Russie, a par le passé vivement critiqué Nabucco, lui reprochant son manque de soutien politique et financier, contrairement à Blue Stream.