Plus de 1 000 missiles stratégiques ont été éliminés conformément au Traité de Moscou. D’ici 2012, les stocks nucléaires des États-Unis seront au plus bas. La Fédération de Russie quant à elle a complété en décembre 2001 la destruction de 1,5% de ses armes stratégiques offensives.
Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires de 2005
La Commission du désarmement et de la sécurité internationale a entamé ce matin son débat thématique, qui a été dans une large mesure consacré à la future conférence d’examen des États parties au Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) prévue en 2005. Les États dotés de l’arme nucléaire comme ceux qui n’en sont pas dotés, ont expliqué ce qu’ils attendaient de cette réunion. La communauté internationale devra à cette occasion dresser le bilan des cinq dernières années en matière de désarmement et de non-prolifération et identifier des domaines où des progrès seraient nécessaires.
Les États-Unis, ainsi que la Fédération de Russie, ont également expliqué dans quelle mesure ils ont honoré leurs obligations en leur qualité d’États parties au TNP. Les États-Unis ont ainsi démantelé plus de 13 000 armes nucléaires depuis 1989, et retiré plus de 3 000 ogives tactiques, soit près de 90% de leurs armes nucléaires non stratégiques.
DÉBAT THÉMATIQUE
L’initiative est particulièrement pertinente en matière de désarmement nucléaire, mais elle concerne également d’autres armes de destruction massive, soit, chimiques, biologiques et radiologiques. Plusieurs pays, dont le Belarus, le Canada, le Kazakhstan, le Japon, l’Union européenne, la Fédération de Russie, l’Ukraine, les États-Unis, l’Ouzbékistan, ont œuvré ensemble dans le cadre de cette initiative, qui a culminé en juin 2002 à Kananaskis (Canada), avec l’annonce des leaders du Groupe des Huit d’un "Partenariat mondial contre la prolifération des armes et matériels de destruction massive".
M. ANTON V. VASILIEV (Fédération de Russie) a affirmé que depuis la fin de la guerre froide, les relations entre son pays et les États-Unis se sont beaucoup améliorées et, partant, la course aux armements est une histoire du passé. Pour ce qui est du TNP, la Fédération de Russie appuie l’élimination totale des armes nucléaires, tout en précisant qu’un tel objectif ne saurait être atteint que d’une façon progressive. Respectant les obligations qui lui incombent en sa qualité d’État partie au TNP, la Fédération de Russie a complété en décembre 2001 la destruction de 1,5% de ses armes stratégiques offensives, et nettement réduit le nombre d’ogives nucléaires en détruisant, en 2003, 1 250 vecteurs pour différents types de missiles.
Après avoir ratifié START II en 2000, la Fédération de Russie ne peut être blâmée pour sa non-entrée en vigueur, a affirmé le représentant. Grâce à une coopération entre la Fédération de Russie et les États-Unis, les potentiels des armements stratégiques offensifs des deux pays seront soumis au traité de Moscou d’ici 2009. La réduction des arsenaux nucléaires russes se fait de façon progressive et irréversible. Nous avons diminué de moitié le nombre d’armes nucléaires qui vont au-delà de la nécessité de défense nationale, a affirmé le représentant, en ajoutant que depuis longtemps la production d’uranium sert à des fins pacifiques dans son pays. Pour ce qui est de la mise hors d’alerte des armes nucléaires, la Fédération estime qu’il s’agit d’une opération plus coûteuse que la production de ces armes. Par conséquent, la Fédération plaide en faveur de décisions réalistes et équilibrées, hors des échéances rigides, afin de compléter le processus de désarmement nucléaire.
M. THOMAS CYNKIN (États-Unis) a précisé que son pays avait démantelé plus de 13 000 armes nucléaires depuis 1989, et retiré plus de 3 000 ogives tactiques, soit près de 90% de ses armes nucléaires non stratégiques. Nous avons éliminé plus de 1 000 missiles stratégiques conformément au Traité de Moscou. Des réductions d’armes opérationnelles ont également eu lieu. D’ici 2012, les stocks nucléaires des États-Unis seront au plus bas. Nous n’avons pas produit de matières fissiles entrant dans la fabrication d’armes nucléaires depuis 15 ans et nous avons l’intention de maintenir ce moratoire. L’AIEA a effectué de nombreuses missions de visite et nous n’aurions pas pu avoir un processus de désarmement plus transparent, conformément à l’article VI du TNP, a affirmé le représentant.
La non-universalité du Traité demeure une source de préoccupation, elle les engage à renforcer leur coopération multilatérale en vue d’appliquer effectivement la résolution 1540 du Conseil de sécurité, qui réaffirme que la prolifération des armes de destruction massive est une menace à la paix et à la sécurité internationale, tout en notant les réductions considérables de l’arsenal nucléaire depuis la fin de la Guerre froide, notamment dans le cadre du Traité de Moscou.