La Chambre de commerce française a adresséune lettre au président français Jacques Chirac l’enjoignant d’intervenir pour éviter l’adoption d’une proposition de loi sur la question du génocide d’Arméniens commis en 1915-1917.. ?
Le texte proposé par des membres du Parti socialiste et qui sera présenté aux députés le 18 mai, prévoit un an d’emprisonnement et une amende de 45.000 euros (57.000 dollars) pour les auteurs de déclarations niant que les massacres d’Arméniens commis sous l’empire ottoman en Anatolie soient un génocide.
La Chambre de commerce, à laquelle sont affiliées 430 entreprises, invite M. Chirac à une "intervention afin d’éviter qu’une telle mesure, qui serait perçue par l’ensemble de la nation turque comme un acte inacceptable et hostile, ne vienne occasionner un préjudice irrémédiable" aux relations franco-turques.
La Turquie avait averti la France la semaine dernière que les relations bilatérales pourraient souffrir des "dommages incalculables" si le Parlement français votait le projet de loi.
Elle a annoncé lundi le rappel "pour consultations" de son ambassadeur en France.
Les représentants de 22 entreprises françaises opérant en Turquie ont été reçus mardi par M. Erdogan, qui les a encouragés à exprimer leur opposition à l’adoption de la proposition de loi. Interrogé sur l’éventuelle organisation d’un boycott des produits français, le Premier ministre a répondu qu’il était "trop tôt pour cela".
La Turquie avait évincé plusieurs entreprises françaises d’appels d’offres publics et les médias avaient appelé à un boycott des produits français après le vote en 2001 par le Parlement français d’une loi reconnaissant le "génocide arménien".
Les Arméniens affirment que jusqu’à 1,5 million des leurs ont péri dans un génocide orchestré par l’empire ottoman entre 1915 et 1917.
Ankara soutient que 300.000 Arméniens et au moins autant de Turcs ont été tués au cours de troubles suscités par des soulèvements d’Arméniens et leur ralliement aux armées russes en guerre contre l’empire ottoman, et lors des déportations qui ont suivi.