Lieu saint de l’orthodoxie serbe, le monastère de Chilandari est l’un des plus anciens du Mont Athos, et abrite des fresques de la fin du 13e siècle ou du début du 14e, des icônes serbes et russes du 12e au 16e, et de précieux manuscrits enluminés.
Près des trois-quarts du bâtiment, construit à partir de 1188, ont été détruits, seuls les murs extérieurs sont encore debout"- a indiqué Dimitris Panayotou, secrétaire du gouvernorat du Mont-Athos.
Le feu a aussi ravagé quatre chapelles abritant des fresques des 16ème au 18e siècle. Mais aucun des 25 moines de la communauté n’a été blessé. Heureusement conservées dans une autre partie du bâtiment et dans l’église principale, "les oeuvres d’art et les reliques les plus précieuses du monastère ont toutefois été épargnées", a-t-il ajouté.
Le mont Athos (en grec Áyion Óros ’montagne sainte’ )est le principal sommet (2 033 m) d’une presqu’île de 45 km de long et d’une superficie de 336 km2. C’est une république monastique intégrée à la Grèce et administrée par une communauté de vingt couvents orthodoxes. La presqu’île fait partie de l’État hellénique qui y est représenté par un gouverneur, ayant rang de préfet et dépendant du ministère des Affaires étrangères. Mais l’Athos jouit d’une grande autonomie. Il est administré par la sainte Communauté résidant à Karyès et composée de 20 représentants, ou antiprosopoï (un par couvent), élus. Quatre d’entre eux, les épistates, se partagent le pouvoir exécutif sous la présidence du protépistatis, élu pour 5 ans. Le mont Athos compte aujourd’hui 1 472 moines [1981] (contre 7 000 en 1912). Depuis 1060, la « montagne sainte » est interdite aux femmes - et même aux animaux femelles -, et la Vierge Marie y est la seule figure féminine autorisée.
On ne sait pas véritablement quand la vie monastique prit naissance sur la « montagne sainte ». La tradition byzantine fait remonter la présence d’ermites au règne de Constantin (IVe siècle). Pour certains, c’est au VIIe siècle que s’installèrent les premiers religieux, chassés d’Égypte et de Syrie par les musulmans. Mais le cénobitisme ne se développa et ne s’organisa qu’après la fondation par saint Athanase l’Athonite du monastère de la Grande Laure (Lavra, 961-963). Ensuite, le mont Athos vit naître vingt autres établissements monastiques, placés sous la protection des empereurs byzantins et de l’aristocratie de Constantinople, qui lui octroyèrent des privilèges et des donations sous la forme, notamment, de vastes propriétés foncières. Le mont Athos resta sous la tutelle des Turcs jusqu’en 1830, puis passa sous l’influence de la Russie.
Les monastères du mont Athos sont, pour la plupart d’entre eux, entourés d’une épaisse muraille. Le long des murailles sont édifiées les cellules des moines. Au centre s’élève l’église conventuelle, construite sur un plan en croix grecque. Elle est surmontée d’une coupole centrale.
Si le monastère de Vatopédi possède des mosaïques du XIe siècle (l’Annonciation), la décoration est le plus souvent constituée de fresques. Les monastères reçurent des dons de Russie et d’autres pays slaves, ce qui donna à la péninsule un caractère pan-orthodoxe. Enfin, ces monastères renferment également d’innombrables trésors, qu’il s’agisse de pièces d’orfèvrerie byzantine - telle la coupe de Michel Paléologue (XIVe siècle), de reliquaires, d’icônes - grecques, roumaines, russes, serbes -, et de manuscrits, dont de nombreux évangéliaires richement enluminés (sur la photo : Icône russe ’Vierge embrassant l’Enfant’).