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imprimer cet article  L’exposition ’De Russie’ a failli être annulée en raison d’un différend juridique...

Du 26 janvier au 18 avril 2009 à la Royal Academy à Londres
Le grand public pourra finalement voir à Londres les toiles de maîtres russes et français, dont une célèbre ’Danse’ de Matisse, peintes entre 1870 et 1925, lors d’une exposition qui a fait beaucoup parler d’elle avant même de commencer.

Avec plus de 120 tableaux, l’exposition balaye les principales tendances de l’art moderne, du réalisme en passant par l’impressionisme et jusqu’à l’abstraction. L’exposition montre en parallèle le développement de la peinture russe, avec Ilya Repine, et l’influence de la peinture française sur les artistes russes, comme Chagall, Malevitch, Kandinsky et Petrov-Vodkine.

La collection française du Musée National des Beaux-Arts Pouchkine

La collection française du Musée National des Beaux-Arts Pouchkine compte plus de 700 œuvres. Elle est composée de toiles provenant de différentes collections dont certaines avaient commencé à se former au XVIIIe siècle, époque où la langue et la culture françaises occupaient une place très importante dans la vie de la noblesse russe. L’impératrice Catherine la Grande elle-même collectionnait avec passion la peinture française, en suivant les conseils du grand connaisseur des arts qu’était Denis Diderot. Son exemple fut suivi par d’illustres représentants de l’aristocratie russe : les Youssoupov, Golytsine, Chouvalov. L’étape suivante dans l’histoire du collectionnement de l’art français est liée au milieu de marchands cultivés. La célèbre collection de Serguei Trétiakov, qui s’intéressait surtout à l’art des maîtres de l’Ecole de Barbizon, a particulièrement enrichi cette partie des fonds du Musée.

L’exposition, qui embrasse la période de la deuxième moitié du XIXe - du début du XXe siècle, a une qualité tout à fait exceptionnelle.

Elle inclut des œuvres de presque tous les grands peintres français de cette époque : Edouard Manet, Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Edgar Degas, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Paul Cézanne, Maurice Denis, Henri Matisse, Albert Marquet, Pablo Picasso, André Derain. C’est la partie de la collection du musée la plus connue à l’étranger.

La base de la collection de la peinture française de la deuxième moitié du XIXe - du XXe siècle a été constituée grâce à l’enthousiasme de Sergueï Chtchoukine et d’Ivan Morozov, qui achetaient des œuvres d’artistes français d’avant-garde de cette époque. Serguei Chtchoukine s’offrait avec une passion toute particulière des tableaux de Claude Monet, Paul Gauguin, Henri Matisse, Pablo Picasso ; Ivan Morozov préférait les toiles d’Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Paul Cézanne, Maurice Denis. De la collection de Chtchoukine, on verra à l’exposition le « Portrait du docteur Rey » de Van Gogh, « Les fruits », « Eh quoi ! Tu es jalouse ? » et les « Tahitiens dans la pièce (Jour de repos) » de Paul Gauguin, la « Dame à l’éventail » et « Le violon » de Picasso ; de la collection de Morozov - « Au café à Arles » de Paul Gauguin, « La Grenouillère » et le « Portrait de l’actrice Jeanne Samary » d’Auguste Renoir, « Les baigneurs » et « L’homme à la pipe » de Paul Cézanne, la « Gelée à Louveciennes » et le « Jardin d’Hosche dé. Montgeron » d’Alfred Sisley.

La Royal Academy a dévoilé mardi les chefs-d’oeuvre des musées russes de l’exposition ’De Russie’, un événement qui a failli être annulé en raison d’un différend juridique, mais les héritiers des collectionneurs russes spoliés continuent de réclamer justice.

A la mi-décembre, Moscou a indiqué qu’elle envisageait d’annuler la venue des toiles du musée Pouchkine, de la Galerie Tretiakov à Moscou, du musée Russe et de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg.

Le gouvernement russe estimait que Londres ne présentait pas assez de garantie contre une saisie judiciaire des chefs-d’oeuvres.

Après d’intenses négociations entre autorités culturelles des deux pays, la Grande-Bretagne a promulgué une loi qui accorde l’immunité judiciaire aux oeuvres prêtées pour une exposition.

Satisfaite, l’agence fédérale russe de la Culture, qui craignait une saisie des toiles à la demande de descendants des familles spoliées de leurs oeuvres d’art pendant la révolution russe de 1917, a donné in extremis son feu vert fin décembre au transport des toiles.

Parmi les pièces les plus marquantes des maîtres français, "La Danse II" de Matisse est ainsi exposée pour la première fois en Grande-Bretagne, aux côtés de toiles de Renoir, Cézanne, Van Gogh ou Picasso, issues des très riches collections rassemblées avant la révolution russe par les mécènes Ivan Morosoff et Sergueï Chtchoukine.

Ivan Morosoff avait écumé les marchands d’art de Paris avec un goût très sûr, reconnaissant très tôt le potentiel de jeunes artistes comme Picasso ou Matisse. Les héritiers français d’origine russe (des deux collectionneurs russes) ont décidé de manifester leur mécontentement.

"C’est l’occasion de rappeler que ce sont des tableaux volés", il s’agit "du plus grand hold-up de l’histoire de l’art", dit ce descendant de Russes blancs, le petit fils de Sergueï Chtchoukine (André-Marc Delocque-Fourcaud). Il ne réclame pas la restitution des toiles aux musées russes mais souhaite que les spoliations des oeuvres dues aux décrets Lénine de 1918 et 1919 soient régularisées, donnant aux héritiers des compensations et un droit de regard sur l’exposition des toiles.

Mais Pierre Konowaloff, héritier d’Ivan Morosoff, venu pour l’occasion à Londres, critique sévèrement la promulgation par Londres d’une "loi scélérate" interdisant toute saisie judiciaire : "Les oeuvres doivent appartenir à leurs propriétaires légaux".

"De Russie : Toiles de maîtres français et russes 1870-1925 de Moscou et Saint-Pétersbourg" se tient du 26 janvier au 18 avril à la Royal Academy à Londres.

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