En guerre ouverte avec le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili au pouvoir depuis 2004, Moscou a introduit un embargo sur les produits agricoles, les vins et l’eau minérale géorgiens. En octobre 2006, après un scandale autour d’espions russes présumés, Moscou a coupé toutes les liaisons de transport.
En guerre ouverte avec le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili au pouvoir depuis 2004, Moscou a introduit un embargo sur les produits agricoles, les vins et l’eau minérale géorgiens. En octobre 2006, après un scandale autour d’espions russes présumés, Moscou a coupé toutes les liaisons de transport.
L’ambassadeur russe révoqué après la crise des espions est de retour à Tbilissi et les hommes d’affaires espère une normalisation. Mais le président Saakachvili pense que son pays doit se servir de la crise pour accélérer sa transformation en un carrefour international.
Le Fonds monétaire international pronostique une chute de deux points du PIB géorgien cette année à 6-7% suite à la crise, mais des experts géorgiens sont confiants que le taux de la croissance restera à 9% grâce à la diversification d’une économie trop dépendante de Moscou.
Le processus est particulièrement difficile pour les producteurs de vin- un secteur relativement petit mais symbolique- qui vendaient 80% de leurs produits à la Russie avant l’embargo de 2006. Le marché russe est une vache à lait pour les géorgiens.
Les groupes géorgiens espèrent revenir en Russie où les vins géorgiens sont réputés mais vise surtout les Etats-Unis et l’Europe. Le marché britannique est très intéressant parce qu’ils sont prêts à essayer quelque chose de nouveau, mais aussi le Canada, la Finlande, le Norvège et le Suède.
La Géorgie voit déjà transiter pas son territoire oléoducs et gazoducs de l’Azerbaïdjan et la Turquie vers la Méditerranée.
Elle conduit des négociations avec Dubai World, troisième gestionnaire des ports international pour une modernisation du port de Poti sur la mer Noire pour 570 millions d’euros. Un aéroport flambant neuf a été inauguré au début de l’année.
L’ancienne élite géorgienne était très liée à la Russie, la nouvelle est composée de pro-occidentaux d’environ 40 ans. Les directeurs sont plus jeunes, beaucoup ont fait leurs études à l’étranger, le pays s’approche alors d’un "point de non-retour" ?
Certains semblent l’avoir franchi.
Il y a neuf ans quand Sandro Ramichvili a commencé à construire son bateau de rêve, tout le monde était étonné. C’était une époque sombre pour la Géorgie (...). Aujourd’hui personne n’est surpris.
Dans l’ombre d’une usine en ruines à Tbilissi trône un bateau à moitié construit à bord duquel l’architecte Sandro Ramichvili rêve de faire un jour le tour du monde. Peu importe qu’on soit à 240 km de la mer Noire et que les Géorgiens ne soient pas de grands navigateurs.
A l’image de cet aventurier, les hommes d’affaires géorgiens font des efforts sans précédent pour conquérir de nouveaux marchés. Et pour nombre d’analystes, cette ex-république soviétique a non seulement survécu à l’attaque économique russe mais en sort renforcée.
Cette détermination à embrasser le monde aide les Géorgiens à survivre et même à prospérer six mois après l’introduction par la Russie voisine d’un embargo économique.