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imprimer cet article  L’aviation civile russe après 20 ans d’absence

15-21 juin 2009
Le constructeur russe espère obtenir 150 commandes d’ici fin 2009 de son avion présenté au salon de l’aéronautique du Bourget. Avec le Superjet 100, qui dispose d’une capacité de 78 à 98 passagers selon les configurations, la Russie compte revenir dans le secteur de l’aviation civile.

Le constructeur aéronautique russe Soukhoi a créé lundi l’événement, en présentant pour la première fois dans un salon occidental son Superjet 100, premier avion commercial développé en Russie depuis l’ère soviétique, avec l’appui de partenaires français et italien.

"Il y a quelques années, il n’y avait pas d’avion. Et aujourd’hui, l’avion est là", se réjouissait lundi matin le patron de Soukhoi, Mikhael Pogosyan.

Le Superjet 100, nouvel arrivant sur le marché des avions régionaux et premier avion civil développé en Russie depuis plus de deux décennies, a effectué son premier vol de démonstration dans un pays occidental lundi au Bourget, alors que ni le 787 Dreamliner de Boeing, ni l’A380 d’Airbus ne sont présents.

Le motoriste aéronautique français Snecma (groupe Safran) et la société italienne Alenia (groupe Finmeccanica) sont étroitement associés au projet. Le premier participe à la fabrication des moteurs et la seconde détient depuis juin 2007 un quart du capital de Sukhoi Civil Aircraft, la société qui commercialise le Superjet.

Avec cet appareil, qui dispose d’une capacité de 78 à 98 passagers selon les configurations, la Russie compte revenir dans le secteur de l’aviation civile, en friche depuis la chute de l’Union Soviétique, au contraire de son aviation militaire.

Le principal atout du Superjet réside dans son prix unitaire catalogue, autour de 30 millions de dollars selon les modèles, présenté comme beaucoup moins élevé que celui des appareils de ses concurrents existants, principalement le brésilien Embraer et le canadien Bombardier.

"Le Superjet est compétitif non seulement aujourd’hui, mais aussi dans les 10 à 20 années à venir", estime M. Pogosyan. "Le coût d’exploitation est inférieur de 10 à 15%" aux autres avions comparables, affirme-t-il. Le confort est également mis en avant : "nous avons conçu cet appareil pour les passagers" explique le patron russe, qui vante également un avion "peu bruyant" et "le plus écologique".

Avec 98 commandes déjà enregistrées et une lettre d’intention de la part de la compagnie nationale hongroise Malev pour 30 exemplaires supplémentaires, signée lundi au Bourget, le fabriquant russe est en bonne voie pour réaliser l’objectif annoncé de 150 commandes fermes d’ici la fin de l’année.

L’entreprise russe devra cependant éviter plusieurs écueils pour réussir son pari de livrer 1.000 avions sur toute la durée de vie du programme. L’arrivée sur le marché de l’appareil en pleine crise économique, tout d’abord, peut ralentir le départ commercial du Superjet. M. Pogosyan estime pourtant que lorsque la crise se terminera, le Superjet sera "opérationnel chez le client" et aura fait la preuve de son efficacité, ce qui constituera un atout.

Soukhoi devra aussi développer un service après-vente et de réparation efficace, afin de pouvoir vendre son avion dans le monde entier. Le constructeur met en avant l’équipe de partenaires et de fournisseurs pour assumer au mieux ce service.

Le Superjet devra enfin faire face à une forte concurrence, qui viendra également de Chine, avec l’ARJ 21 du constructeur Comac, dont la mise en service est prévue fin 2009 à des tarifs attractifs. Le Japon devrait aussi rejoindre le créneau prometteur des avions régionaux avec le MRJ de Mitsubishi, prévu pour 2013.

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