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imprimer cet article  L’alliance politique en Ukraine échoue

Mme Timochenko a confirmé que les négociations concernant une alliance politique entre son bloc considéré comme pro-occidental et ses anciens ennemis jurés du Parti des régions (opposition pro-russe), qui semblait imminente il y a quelque jours, avaient échoué.

Le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko, a annoncé dimanche soir qu’elle serait candidate à la présidentielle de janvier 2010 après l’échec de son projet de créer une "grande" coalition gouvernementale avec l’opposition pro-russe. "J’annonce que je vais être candidate à la présidentielle et je vais gagner", a déclaré la chef du gouvernement dans une allocution télévisée à la Nation.

"Les pourparlers étaient extrêmement difficiles mais pourtant ils avançaient. Malheureusement, aujourd’hui Viktor Ianoukovitch y a mis en point final. Il a abandonné unilatéralement les négociations, sans prévenir personne", a-t-elle dit.

Ex-Premier ministre, M. Ianoukovitch, qui fut un rival de Mme Timochenko avant de se rapprocher d’elle au cours des derniers mois, a créé la surprise en rejetant plus tôt dans la journée une condition clef de ce projet, l’élection du président par le Parlement et non plus au suffrage universel direct. "Mon coeur me dit que l’élection d’un président au suffrage universel direct est la seule bonne décision à prendre", a-t-il déclaré, selon son service de presse, à la sortie d’un grand monastère orthodoxe à Kiev, où il s’est rendu à l’occasion de la fête de la Trinité. Ces deux forces négociaient, selon la presse, depuis plus d’un an la formation d’une coalition et une révision de la Constitution, afin que le président soit désormais élu par le Parlement. Aux termes de cette réforme, Mme Timochenko devait conserver le poste de Premier ministre et M. Ianoukovitch devenir le chef de l’Etat.

Un autre point clé de la réforme, dénoncée comme "coup d’Etat constitutionnel" par le président sortant Viktor Iouchtchenko, était selon la presse l’ajournement de deux, voire trois ans des prochaines élections parlementaires prévues normalement en 2012. Cette réforme, et plus particulièrement le report des législatives, risquait selon les médias d’être jugés non-démocratique par l’Occident et la population ukrainienne, majoritairement opposée à l’élection du président au Parlement, selon des sondages. Dimanche, Mme Timochenko dont la popularité a été sérieusement entamée par la crise économique affectant durement le pays, a pris soin de se justifier aux yeux de ses électeurs.

"Il n’était pas question de prolonger les pouvoirs du Parlement ou d’élire le président au Parlement", a-t-elle affirmé. "Notre force politique s’est dès le début (dès négociations, ndlr) opposée à ces changements", a assuré le Premier ministre, ajoutant qu’une nouvelle alliance était nécessaire pour contrer la tempête économique.

Mme Timochenko figure parmi les candidats les mieux placés dans les sondages avec environ 15% d’intentions de vote, derrière l’ex-Premier ministre Viktor Ianoukovitch (plus de 20%), jugé pro-russe, et devant l’ex-président du Parlement, Arseni Iatseniouk (12%), considéré comme pro-occidental. Le président sortant, Viktor Iouchtchenko, a déjà annoncé qu’il briguerait un deuxième mandat mais, usé par des crises politiques à répétition et un sentiment général de désillusion, il n’a pratiquement pas de chances d’être réélu, moins de 3% de la population se disant prêts à voter pour lui. M. Iouchtchenko et Mme Timochenko ont été alliés lors de la Révolution orange, le soulèvement populaire pro-occidental de fin 2004 qui les porta au pouvoir, mais leur relations, ponctuées de vifs conflits, sont devenues depuis très tendues.

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