L’agression perpétrée samedi dernier au Kosovo contre quatre Serbes, dont deux ont ete tues, suscite notre indignation. La communauté russe exprime ses condoléances aux familles des victimes et appelle la MINUK à faire tout le nécessaire pour que les coupables soient trouvés et traduits en justice dans les meilleurs délais.
Depuis la fin du conflit armé et l’arrivée de la KFOR et de la MINUK en juin 1999, les édifices sacrés sont constamment la cible des extrémistes albanais. Au début, il semblait que les attaques des églises et monastères n’étaient qu’une conséquence provisoire de la colère de la population albanaise qui revenait de l’exil. Cependant, il est vite apparu qu’il s’agissait d’une campagne coordonnée et systématique dont le but était de chasser pour toujours la population serbe et d’effacer toutes traces de la culture séculaire serbe. Cette destruction se poursuit encore de nos jours. En même temps que la destruction des églises et monastères, les cimetières orthodoxes sont systématiquement saccagés et profanés. À l’été 2003, 112 églises et monastères orthodoxes serbes avaient été entièrement détruits ou endommagés. Dans 211 cimetières orthodoxes, 5177 tombes ou monuments funéraires ont été saccagés. Certaines tombes ont même été ouvertes et les os des défunts dispersés dans le cimetière. Certains cimetières, en particulier dans la région de Pec, servent de décharges à ordures, alors que 11 cimetières ont été complètement rasés. En raison de l’impossibilité de circuler librement, l’Église orthodoxe serbe n’a pu constater complètement l’étendue des dégâts depuis l’arrivée des forces internationales au Kosovo. On suppose qu’en plus des destructions d’églises, d’innombrables icônes ont été pillées et exportées de la province pour être vendues à des collectionneurs étrangers.
Plus de cent églises orthodoxes serbes ont été détruites au Kosovo en quatre ans. Les monastères les plus prestigieux du Kosovo sont aussi revendiqués par les Albanais comme faisant partie de leur propre patrimoine...
HISTORIQUE
Poursuivant leurs objectifs stratégiques, les Etats-Unis et l’Union européenne, à l’aide de leurs services d’intoxication et de leurs médias, ont déformé la vérité sur les réalités yougoslaves et serbes, de telle sorte qu’une guerre civile voulue et provoquée par des
sécessionnistes - Slovènes et Croates d’abord, musulmans ensuite, soutenus par l’Europe allemande et par les Etats islamiques - a pu être définie comme une agression serbe. Les Serbes défenseurs de la Yougoslavie, défenseurs de leur liberté sur leurs propres terres et du même droit à l’autodétermination que celui invoqué par les Slovènes, les Croates, les musulmans ou les Macédoniens, furent déclarés agresseurs par les Etats-Unis et l’Union européenne.
En faisant passer la victime pour le bourreau, on a criminalisé cette fin de siècle et toute la culture politique de notre temps. Au cours de l’histoire, on a souvent commis de grands crimes au nom d’un grand bien ; dans le monde actuel, de grandes forfaitures et injustices sont commises au nom des droits de l’homme. Depuis les Croisades, qui donnèrent lieu à des razzias, bien des guerres européennes furent couvertes par des causes sacrées et morales.
Au moment où les hommes se mettaient à tuer, il leur fallait aussitôt mentir pour justifier la tuerie. C’est ainsi que, le 24 mars de la dernière année du XXe siècle, l’Alliance occidentale déclencha une mini-guerre mondiale contre la seule Serbie, soi-disant pour prévenir une "catastrophe humanitaire" menaçant les Albanais au Kosovo-Métochie.
Voilà des mobiles qui rappellent indubitablement ceux du déclencheur de la Seconde guerre mondiale. La puissance militaire occidentale, en bombardant la Serbie, a bombardé l’Europe ; l’Europe s’est donc bombardée elle-même.
Au Kosovo, l’Alliance occidentale a sacrifié les fleurons
de la civilisation chrétienne et byzantine à la barbarie tribale.
L’issue de cette agression commise au nom des principes humanitaires est aussi catastrophique pour les prédateurs que pour leurs victimes : la prévention de la "catastrophe humanitaire" s’est soldée par l’occupation du Kosovo-Métochie, par l’expulsion à caractère génocide
des Serbes de leurs foyers immémoriaux, par la destruction de centaines de villages, d’églises, de ponts et l’assassinat de quelques milliers de civils serbes, parmi lesquels un grand nombre d’enfants.
Au nom de l’humanitarisme otanesque, il est interdit aux Serbes de se défendre contre les agresseurs et les assassins, tout juste leur permet-on d’esquiver avec modération. Au nom de l’idéologie des droits de l’homme et de l’intangibilité des frontières, dans un pays qui fut le théâtre d’une guerre génocide, on impose par l’occupation et le chantage un semblant de société multiethnique. On prétend l’imposer aussi bien au Kosovo, où les Albanais assassinent quotidiennement les quelques Serbes encore présents, qu’en Bosnie où Musulmans, Serbes et Croates sont condamnés à cohabiter dans la haine et la crainte mutuelles et sous occupation étrangère.
Dobritsa Tchossitch