La préfecture de Seine-Saint-Denis a réquisitionné à Roissy 1.600 m2 de locaux appartenant à Aéroport de Paris (ADP) pour procéder à une extension de la zone d’attente confrontée à l’afflux massif et soudain de Tchétchènes non admis sur le territoire français.
"On assiste depuis quelques jours à un afflux de Tchétchènes qui profitent d’une escale à Paris pour demander l’asile. On en a compté jusqu’à douze sur certains vols. Comme ils ne remplissent pas les conditions pour être admis en France, ces étrangers sont placés en zone d’attente", a expliqué le sous-préfet de Roissy, Patrick Espagnol.
Les étrangers non-admis sur le territoire (non autorisés à entrer, demandeurs d’asile ou en transit) sont retenus dans cette zone pendant une période variant de 4 à 20 jours à l’issue de laquelle ils sont soit admis sur le territoire, soit reconduits vers le pays d’où ils sont arrivés.
Résultat de cet afflux, la Zone d’attente des personnes en instance (Zapi) de Roissy et ses 164 places ont affiché complet fin décembre. Pour faire face, la préfecture a réquisitionné le 26 décembre la salle d’embarquement B33 d’ADP dans le terminal 2 de Roissy.
Entre 60 et 70 étrangers étaient retenus mercredi, certains depuis plusieurs jours, dans cette salle d’embarquement de 200m2.
Pour protester contre ces conditions de rétention, 13 Tchétchènes avaient entamé mardi une grève de la faim à laquelle ils ont mis fin mercredi, après avoir rejoint les structures d’accueil plus confortables de la Zapi, selon l’association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé).
C’est une grande zone de vie et de repos où l’on a installé 200 lits. Les étrangers non admis auront le droit à des kits de toilettage et de couchage et à des plateaux repas. Il y aura un système de navette entre cette extension et la Zapi pour les associations d’aide aux étrangers.
La préfecture de Seine-Saint-Denis n’avait pas été confrontée à ce type d’afflux massif depuis 2000.
Reste à savoir pourquoi Tchétchènes arrivent en France par dizaines depuis la fin décembre. Cela peut s’expliquer par les rumeurs qui peuvent circuler dans certaines communautés et qui peuvent s’appuyer en l’occurence sur l’ouverture récente de l’espace Schengen à de nouveaux pays européens. D’après une source aéroportuaire, l’afflux de Tchétchènes s’expliquerait par une note du ministère de l’Immigration transmise l’été dernier aux préfets pour leur demander la délivrance d’une autorisation de séjour provisoire aux Tchétchènes arrivant de Pologne.