L’Occident est choqué par ce qui s’est passé (...) Maintenant, même les pro-ukrainiens les plus fervents n’auront plus le courage d’évoquer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Personne ne veut avoir affaire aux dirigeants ukrainiens. La crise a ruiné l’image de l’Ukraine en Occident.
La crise politique qui a secoué l’Ukraine pendant deux mois a discrédité la classe dirigeante et écorné l’image du pays. Depuis le début avril, le conflit entre le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko et son gouvernement, ponctué d’accords et de rebondissements, a fini par prendre un tour caricatural.
Si la Révolution orange de 2004, qui a porté le pro-occidental Viktor Iouchtchenko à la présidence, a inscrit l’Ukraine sur la carte politique de l’Europe, les récentes décisions tant du chef de l’Etat, souvent douteuses d’un point de vue juridique, ont réduit à zéro ses acquis, s’ajoutant à l’incapacité de Kiev à mener à bien les réformes.
L’Occident est choqué par ce qui s’est passé (...) Maintenant, même les pro-ukrainiens les plus fervents n’auront plus le courage d’évoquer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. Personne ne veut avoir affaire aux dirigeants ukrainiens. La crise a ruiné l’image de l’Ukraine en Occident.
Le Parlement a ouvert la voie à un règlement de la crise vendredi en votant une série de textes permettant l’organisation de législatives anticipées le 30 septembre. Après les multiples coups de théâtre de ces dernières semaines, analystes et observateurs restent toutefois très prudents.
Depuis le début avril, le conflit entre le président pro-occidental Viktor Iouchtchenko et son gouvernement, ponctué d’accords et de rebondissements, a fini par prendre un tour caricatural. Les accords ne sonnent pas la fin du feuilleton télévisé. Bientôt de nouvelles intrigues, trahisons... Sur tous les écrans du pays.
Tout cela conduit à une discréditation totale des élites politiques et, en partie, de l’idée même de démocratie aux yeux des électeurs ukrainiens. La situation est ridicule. Aucun accord ne tient plus de quelque heures. Des hommes politiques se servent ouvertement des tribunaux, des lois et des forces de l’ordre... Cela n’a rien à voir avec la démocratie.
Fatigués des incessantes batailles au sommet de l’Etat, la plupart des Ukrainiens ont perdu confiance en leurs responsables politiques, préférant se concentrer sur leur quotidien.
Selon une enquête d’opinion réalisée en avril par le centre de recherche sociologique Sofia, 53,2% de la population s’inquiétait avant tout de la hausse des prix et de la pauvreté et 31,9% seulement des déchirements politiques.
Faute de nouveaux leaders, les 47 millions d’Ukrainiens continuent toutefois à se partager entre les forces en présence : le Parti des régions du Premier ministre et les communistes d’un côté, les forces issues de la Révolution orange démocratique de l’autre, dont le Bloc de Ioulia Timochenko.
Les gens n’ont pas de choix, ils n’ont pas d’autres hommes politiques. Sur le plan international, la crise va peser lourd sur les aspirations du président Iouchtchenko, qui veut ancrer cette ex-république soviétique à l’Union européenne et à l’Otan, mais dont l’autorité est sérieusement malmenée.
La position de Kiev sur la scène internationale a reçu un coup dur et cela prendra des années pour la rétablir. En revanche, le marasme politique n’a pas perturbé l’économie ukrainienne, qui a progressé de 7,1% en 2006 et de 7,6% en avril (par rapport au même mois en 2006), grâce notamment à une conjoncture favorable sur le marché mondial des métaux ferreux dont les exportations représentent 19% du PIB national.
La bourse de Kiev a continué à caracoler pendant les deux mois de crise pour atteindre, selon Interfax, un record historique vendredi, l’indice de référence PFTS ayant clôturé à 885,02 points.
Malgré les aléas politiques, l’économie reste attrayante et les investissements continuent d’augmenterLes secteurs les plus dynamiques sont le commerce, l’immobilier et la métallurgie.