L’Accord de coopération au développement du thé entre le Vietnam et la Russie a été signé jeudi à Hanoi, par l’Association de thé du Vietnam et celle de thé et de café de la Russie. Les deux Associations ont aussi fixé l’objectif pour 2010, selon lequel le volume de thé vietnamien représenterait environ 10% de la quantité de produit importé de la Russie (équivalent à environ 15.000 tonnes) !
Le thé en Russie
On commença en Russie à boire le thé et le café à peu près à la même époque, celui-ci concurrençant d’ailleurs pendant assez longtemps celui-là. Dès les années 50 du XIXème siècle, les contemporains notaient unanimement qu’à Pétersbourg la préférence allait au café.
Les Russes mirent longtemps à adopter cette boisson exotique ; on n’en buvait qu’à la cour et chez les nobles, le considérant comme une médecine. Le miel, la
bière et le kvas restaient les boissons principales des Russes. Au début du XVIIIème siècle, le vin, puis un peu plus tard le Champagne, devinrent à la mode à la cour.
Le citadin avait la possibilité de boire le thé du samovar en allant au cabaret, à la foire ou sur la place publique. La tasse de thé auprès du samovar acquit peu à peu le caractère d’une coutume nationale.
Le samovar est particulièrement indispensable lors des fêtes populaires. M. N. Zagoskine décrit le pittoresque tableau d’une fête aux environs de Moscou : Partout, tout le monde s’amusait et buvait du thé. Ce besoin impérieux
de nos négociants, ce seul luxe que se permettaient nos petits marchands, ce plaisir suprême, qui sentait la fête, de tous les fonctionnaires sobres, quel que soit leur rang, des ouvriers-artisans des fabriques et même des moujiks,
c’est notre samovar russe qui ronfle et fume tous les dix pas. On ne se séparait pas du samovar, même quand on prenait la route. On fabriquait pour cela des samovars de voyage spéciaux et des boites de thé qui contenaient tout
ce qu’il fallait pour boire le thé.
Progressivement s’installa un rituel du thé, avec ses règles, que l’on observait dans toute maison russe. Dès la première moitié du XIXème siècle, c’est traditionnellement la maîtresse de maison, ou sa fille aînée, qui servait le
thé du samovar. S’il y avait une petite table pour le samovar, on l’approchait de la table du repas. Quand il y avait peu de monde autour de la table, on installait le samovar directement sur la table, sur un plateau en métal. Dans les maisons aisées, le Livre du savoir-vivre chez soit ; indiquait que quand il y avait beaucoup d’invités, le thé devait être servi dans une autre pièce et apporté ensuite par le serviteur.
Les samovars en argent et en melchior étaient accompagnés de services en métal, qui formaient un tout avec le samovar. Un tel service comprenait : la théière, le pot à lait, le rince-doigt, la passoire, la pince à sucre et les cuillères à thé.
Un nouveau type de samovar apparut alors, le samovar-cafetière, petit appareil avec un réchaud à alcool ou un tiroir mobile pour le charbon. Dans le premier quart du XIXème siècle, on dissimulait consciemment la finalité utilitaire de la cafetière.
Les fabricants de samovars de la capitale lui donnaient l’aspect d’une colonne ciselée ou d’un cylindre posé sur un support carré. Le robinet et les poignées avaient, de préférence, la forme de têtes de lions. Bien que ces samovars tendent à se rapprocher des formes de l’art classique, on retrouve toujours cet aspect domestique et confortable. A la différence des autres samovars, les cafetières ne possédaient pas l’habituelle cheminée-brasero.
Elle était remplacée par des tiroirs métalliques contenant du charbon, ou des réchauds à alcool, disposés sous l’appareil. Et à l’intérieur du corps de la cafetière, on mettait un récipient métallique pour le café, le mixer. Peu
à peu, ces appareils acquirent la forme habituelle de la cafetière, c’est-à-dire un petit récipient (généralement en hauteur) avec un bec et une poignée, posé sur un trépied avec un réchaud à alcool. On trouve des samovars remplissant à la fois les fonctions d’une cafetière et celles d’une théière.
Thé russe