Le beurre et l’argent du beurre.... L’Ukraine reçoit son gaz russe à moitié prix, et le revend au prix fort sur les marchés internationaux.
Kiev a admis mardi bloquer le gaz russe destiné à l’Europe en raison de "conditions de transit inacceptables" imposées par le groupe russe Gazprom, a déclaré sans cligner des yeux le porte-parole de la société publique ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz Valentin Zemlianski.
"A cause de conditions de transit inacceptables imposées par Gazprom, soi-disant", a déclaré M. Zemlianski sans plus de précisions.
En outre, la Commission européenne a indiqué que les experts chargés de vérifier le transit du gaz russe n’avaient pu avoir pleinement accès aux centres ukrainiens de distribution gaziers qu’ils sont censés contrôler.
"La situation est "inacceptable", a jugé un autre porte-parole de la Commission, Ferran Tarradellas, lors du même point de presse. "Il n’y a plus d’excuse" pour empêcher un retour à des livraisons totales de gaz russe à l’Europe, a-t-il dit.
Ces observateurs, européens, russes et ukrainiens, "n’ont pas un droit d’accès total" aux salles de contrôle des stations concernées, selon ce porte-parole. Cela concerne le centre de distribution de Naftogaz à Kiev, où six d’entre eux sont présents, selon lui.
"Il est impossible pour l’équipe d’observateurs de faire son travail" dans ces conditions, "ils doivent avoir un accès libres aux salles de contrôle", a-t-il ajouté.
Le déploiement de ces experts, de part et d’autre de la frontière russo-ukrainienne, fait partie du compromis tripartite conclu entre Moscou, Kiev et l’UE pour tenter de mettre fin à la rupture d’approvisionnement via l’Ukraine dont est victime l’Europe depuis une semaine.
Moscou accuse en effet Kiev de lui avoir volé du gaz en transit vers les clients européens.
L’un des problèmes porte sur la fourniture du "gaz technique" nécessaire afin de disposer d’une pression suffisante dans les gazoducs pour l’acheminement du gaz russe à l’Europe.
La Russie estime qu’il appartient à l’Ukraine de le fournir, dans le cadre des accords de transit bilatéraux. Ce que conteste Kiev.
Gazprom avait quelques minutes plus tôt annoncé que l’Ukraine empêchait le transit européen, alors que la Russie avait annoncé dans la matinée une reprise partielle de ses livraisons vers l’Europe.