Chers amis,
Avant tout, je voudrais remercier tous ceux qui se sont réunis dans cette salle. Et, certes, je voudrais remercier aujourd’hui chacun de vous de me soutenir aux futures élections du Président de la Russie.
On me pose souvent la question : vais-je faire ma campagne électorale, et si oui, comment.
Je suis persuadé que le chef de l’état en fonction ne doit pas faire sa propre publicité - il fallait le faire pendant les quatre ans de son mandat...Cependant, je crois que je dois simplement rendre compte à mes électeurs et au pays tout entier de ce qui a été fait pendant les quatre dernières années, et rapporter aux gens ce que j’entends faire au cours des quatre prochaines années, si le 14 mars, les citoyens de la Russie me font confiance.
Mais avant de dire ce qui a été fait, rappelons-nous, dans quel état se trouvait le pays à la fin de 1999 - au début de l’an 2000.
Le passage à la démocratie et à l’économie de marché au début des années 90 a été soutenu par les citoyens de la Russie, qui ont fait le choix définitif et, je veux le souligner encore une fois, irrévocable, en faveur de la liberté. C’était une réalisation immense et réelle du peuple russe, je pense, une des plus grandes réalisations de notre pays au XXe siècle.
Mais quel prix avons-nous été obligés de payer ? Les processus destructeurs de l’état lors de la débâcle de l’Union Soviétique s’en sont pris - et l’on pouvait et devait le prévoir - à la Fédération de Russie elle-même.
Les spéculations politiques, les erreurs graves des réformes économiques et sociales ont provoqué alors de très graves conséquences. De fait, un tiers de la population du pays se sont trouvés sous le seuil de la pauvreté. Ceci dit, les retards de plusieurs mois dans le paiement des pensions retraite, des allocations, des salaires sont devenus un phénomène de masse. Les gens étaient effrayés par la brusque perte de tous leurs dépôts et de toutes leurs économies, ne croyaient déjà plus que l’état puisse s’acquitter même de ses obligations sociales au minimum.Le pays était ébranlé par les grèves des mineurs, des enseignants, des autres travailleurs de la sphère budgétaire. Les taux des impôts grimpaient sans cesse, et la politique fiscale en général visait une élémentaire survie.
La majorité des grandes banques, comme nous le savons, ont fait faillite, et après la crise de 98, le système des crédits a été pratiquement paralysé.Le pays est tombé dans la dépendance humiliante des organisations financières internationales et de toute sorte des spéculateurs financiers internationaux. Pensez donc : par rapport au PIB, la dette extérieure de la Russie à la fin de 99 faisait presque 90 %.La situation s’aggravait par le fait que, pendant ce temps, la Russie a perdu ses positions indépendantes sur l’arène internationale. La lutte pour les régimes financiers et économiques "spécifiques" était le sujet permanent du marchandage des régions avec le centre fédéral. Finalement, certaines régions ont arrêté de payer les impôts au budget fédéral, exigeaient la création de leurs propres soi-disant réserves monétaires et de devises, de leurs propres systèmes énergétiques, douaniers, des unités monétaires régionales.
Les processus séparatistes ne recevaient pas de réponse adéquate de la part des autorités, mais étaient activement soutenus par les organisations internationales extrémistes et, finalement, ont dégénéré dans le Caucase du Nord en sa forme la plus dangereuse - le terrorisme.
Il s’y agit, avant tout, bien sûr, de la Tchétchénie.Profitant de notre faiblesse, en été 99, plusieurs bandes terroristes internationales sont allées plus loin, comme il fallait s’y attendre. Elles sont devenues tellement impertinentes qu’elles ont attaqué le Daguestan.Je pense que vous le savez combien c’était dangereux pour le Caucase, pour la Russie en général - surtout compte tenu de la situation dans le Sud de la Russie : il suffit de voir la tragédie de la Yougoslavie pour faire toutes les conclusions nécessaires.Je noterai que la Russie a toujours été une formation étatique assez compliquée, exigeait qu’on la traite avec délicatesse, je dirais, professionnellement. Mais, malheureusement, à la fin des années 90, et il faut le reconnaître, sous les coups des facteurs négatifs susdits, elle a commencé à perdre les principaux indices d’un état unique.
Et aujourd’hui, je suis tout simplement obligé de dire quelques mots de reconnaissance à tous ceux qui, dans cette situation difficile, ont su défendre les acquis démocratiques du peuple.
Nous sommes aussi obligés de garder dans notre mémoire les Noms de nos soldats qui ont accompli jusqu’au bout leur devoir envers la Patrie ; accompli, au prix de leur propre vie.
Le SFS, le MI, les autres structures de force devront continuer leur travail systématique de liquidation du réseau terroriste. Et il faut prêter une attention particulière à l’efficacité du travail opérationnel, à la mise au point de la tactique capable de prévenir la menace des attentats.
Avant tout, nous avons rétabli l’ordre constitutionnel, est renforcé les structures du pouvoir exécutif fédéral. Le parlement russe est devenu un organe législatif qui travaille professionnellement. On a rétabli l’espace juridique unique du pays.On a coupé court aux dangereux processus de la dégradation du pouvoir d’état.
La situation économique a aussi radicalement changé : la croissance du PIB depuis 99 a fait presque 30 % - 29,9 ; le niveau de l’inflation a baissé de trois fois ; plus besoin d’augmenter au-delà du raisonnable le taux d’imposition pour couvrir les besoins minima de l’état ; et, en résultat, voilà la deuxième année de suite déjà que les compagnies moyennes augmentent leurs rythmes de production. Il y a aujourd’hui dans le pays plusieurs milliers d’entreprises qui travaillent efficacement.
Les transformations structurelles ont commencé : elles se manifestent dans l’augmentation des investissements et dans le développement du marché intérieur, dans la croissance de la consommation intérieure.
Le problème du paiement de la dette extérieure est pratiquement résolu. L’an dernier, comme dans les années précédentes, nous avons exécuté toutes nos obligations financières. Rien qu’en 2003, nous avons payé 17 milliards de dollars, et le pays ne l’a même pas senti. Au total, au cours de ces années, la Russie a remboursé en dette extérieure, intérêts compris, 50 milliards de dollars.
Et dans le même temps, les réserves métalliques et de devises de la BC ont atteint un niveau record dans toute l’histoire du pays, y compris sa période soviétique - plus de 84 milliards de dollars.
Ainsi, le montant moyen des pensions retraite en chiffres réels a augmenté depuis 1999 de presque 90 %. Les revenus réels de la population ont augmenté pour la même période d’une fois et demie. Les salaires réels, d’année en année, augmentent de manière consécutive : depuis 99, ils ont presque doublé. Je le répète, il s’agit de la croissance des revenus réels.Le chômage a été sensiblement réduit, de presque un tiers. Le nombre de gens aux revenus en-dessous du minimum vital est chez nous encore trop élevé, mais il a aussi été redut d’un tiers."Toutes nos actions ont pour but principal l’augmentation de la qualité de la vie des gens".
Chers collègues,
Je viens de citer ce que nous avons réussi à faire. Mais avons-nous fait tout ce qu’on a pu ? Bien sûr que non. Et pouvons-nous être satisfaits des résultats notre travail ? Non, nous ne le pouvons pas.
Il faut aussi reconnaître que certains voisins proches de la Russie et les pays de l’Europe de l’Est ont fait des transformations plus vite et plus résolument....Notre économie conserve jusqu’à présent son évidente orientation sur les matières premières. Certes, les richesses naturelles constituent l’avantage concurrentiel de la Russie, et il ne faut pas en être gêné. Mais notre avantage non moins important, mais sensiblement plus grand - c’est le haut potentiel intellectuel de la nation. Et il doit être utilisé pour l’avancement de l’économie russe dans les domaines hautement profitables des hautes technologies.
La présence excessive de l’état dans l’économie a pour conséquence plusieurs autres facteurs négatifs. Avant tout, les fonctionnaires, au nom de l’état, continuent d’assumer plusieurs fonctions non demandées et inutiles pour le contribuable - d’autorisation, de licences, de contrôle. Et le résultat en est l’étouffement de l’initiative d’affaires, la corruption, le trafic d’influence. Je ne peux ne pas noter encore une fois que l’efficacité de l’appareil étatique laisse encore à désirer. Beaucoup d’initiatives raisonnables sont noyées dans le bla-bla, traînées aux oubliettes, perdues dans la vase bureaucratique du formalisme et de l’incompétence. Comme résultat, la qualité des prestations est basse, leurs tarifs augmentent, et, avec eux, augmente le mécontentement des citoyens. L’homme paie en fait deux fois, ou même trois : d’abord son impôt, puis la prestation, puis encore - le bakchich.
Reprenant les autres problèmes courants, je dois dire que les transformations dans la sphère sociale avancent extrêmement lentement. Nous n’avons toujours pas un système développé de la sécurité médicale. Le marché des services médicaux ne connaît pas de concurrence.Concernant l’enseignement, c’est actuellement le plus gros article des frais au budget de l’état. La qualité est haute, traditionnellement haute, mais elle baisse, et il faut le reconnaître aussi.
Il y a plusieurs raisons à cela, y compris l’apparition d’un grand nombre d’écoles supérieures dont la qualité ne répond pas aux normes appropriées, et où l’on peut entrer facilement avec les notes basses. La majorité écrasante des promus des écoles supérieures ne va pas exercer leur métier. Ce qui veut dire que l’état ne s’en occupe pas de façon ciblée, et qu’une grande partie des moyens budgétaires est dépensée pour rien.Le problème de logement exige une attention particulière. Son absence ou sa mauvaise qualité mènent à plusieurs conséquences négatives.
Ce sont la baisse de l’activité au travail, et la mauvaise santé des gens, et le bas taux de nativité, et les autres facteurs négatifs.
La pratique mondiale connaît plusieurs moyens de son règlement. Un des plus prometteurs est le crédit d’hypothèque. Un autre - bail à long terme. Nous n’avons pas le droit d’oublier les besoins de ceux qui jouissent de logements sociaux. Les maintenir en l’état normal est l’obligation du pouvoir.Je m’arrêterai spécialement à l’hypothèque. Même dans les pays des plus développés, l’achat du logement au prix comptant est peu réel. On achète d’habitude le logement à crédit remboursable sur 10 ou 20 ans. Nous avons aussi cette possibilité, mais le prix du crédit et les conditions de son octroi sont tels qu’il reste encore inaccessible à la majorité des citoyens. On a besoin d’un ensemble de lois qui "lance" le marché de logement accessible.
Tous ces problèmes exigent leur mise au point ultérieure. Et il faudra les régler sans tarder, sous très peu.
"Où et comment chercher de nouvelles sources de la croissance ?"
Naturellement, la question se pose : où donc et comment chercher de nouvelles sources de la croissance ? Avant tout, dans les nouvelles approches au développement du pays, dans la consolidation de la société et du pouvoir, dans leur plus grande confiance réciproque et les recherches communes du règlement des grandes tâches nationales.
L’économie russe doit fermement occuper une place digne sur les marchés mondiaux, et pour cela, il faut, avant tout, développer activement notre marché national.
Il faut rapidement moderniser les industries obsolètes et créer celles qui consolideraient la compétitivité du pays.
Il faut arrêter le gâchis des ressources naturelles nationales et mettre de l’ordre dans leur utilisation. Et il faut le faire sur une base juridique systématisée - à travers une législation des eaux et des forêts renouvelée, les actes de l’utilisation des sous-sols.
Il nous faut des conditions transparentes de l’accès aux ressources naturelles et un paiement juste pour leur utilisation. Au lieu des pseudo-appels d’offres en vigueur actuellement, où la condition essentielle de la victoire est la proximité des entrepreneurs des organes du pouvoir, il faut mettre en pratique les ventes aux enchères. Et le système d’autorisations administratives doit être remplacé par les traités de droit civil pleinement efficaces qui définissent nettement les droits et les obligations de l’état et du business.
Il faut mener à sa fin la modernisation du transport ferroviaire, du secteur de l’énergie électrique, du logement et services collectifs.
Il nous faut enfin terminer la réforme fiscale commencée. Et, avant tout, résoudre le problème da la baisse de l’impôt social unique, simplifier la gestion fiscale. Mettre de l’ordre dans les impôts patrimoniaux, les problèmes de l’imposition des sur bénéfices de l’exportation des matières premières dans les conditions des hauts prix mondiaux.Après avoir obtenu la baisse du joug fiscal total, notre système des impôts devra enfin recouvrer la stabilité tant attendue. Et on a dans les plus brefs délais déjà à la coordonner avec les relations inter budgétaires, avec les processus en cours de la répartition des pouvoirs entre les niveaux des autorités.On a besoin de résoudre la tâche de la convertibilité intégrale du rouble, d’autant plus que la confiance envers la monnaie nationale augmente.
Nous devons développer le système financier du pays afin que les entreprises et les citoyens puissent enfin jouir des avantages du marché développé des prestations financières.
La politique de la stimulation de l’épargne retraite des citoyens doit devenir un élément de développement et de renforcement du système financier. Les gens ont déjà la compréhension de ce que le montant des pensions retraite va dépendre de l’apport de leur propre travail, et que chaque citoyen a la possibilité de gérer son épargne retraite.
Ceci dit, l’état doit non seulement garantir cette épargne, mais aider à son augmentation. Donc, la tâche consiste à créer les mécanismes de stimulation financière des citoyens dans l’assurance des pensions retraite. Je voudrais souligner : ce problème est extrêmement grave, et nous allons y travailler de manière minutieuse et réfléchie.
Il est inadmissible de laisser traîner le règlement de ces problèmes. Le Gouvernement devra présenter cet ensemble à la session de printemps déjà.
"Seul un homme libre est capable de garantir la prospérité de l’état"
Chers amis,
Nous sommes obligés de terminer le programme de nos transformations politiques. A ce propos, je veux souligner : nos actions dans ce sens seront aussi consécutives que tout ce que nous avons fait pour la stabilisation dans le pays ces dernières années.
Nous allons, de manière consécutive, consolider notre système politique tant au niveau fédéral que dans les régions.
Nous devons continuer le travail de la formation dans le pays d’une société civile à part entière, efficace. Je noterai surtout : elle est impensable sans les médias réellement libres et responsables. Mais cette liberté et cette responsabilité doit s’appuyer sur une base nécessaire juridique et économique, dont la création est l’obligation de l’état.
Une nouvelle période est venue - celle du travail à la création des conditions pour passer à une qualité de la vie foncièrement meilleure. Cette tâche est compliquée. Elle exigera de la volonté politique et un dialogue honnête du pouvoir et de la société, nos efforts conjoints constants.
On se demande : pourrons-nous accomplir ce travail ?
Les résultats des dernières années permettent pleinement de dire : oui.
Et nous le ferons, nous le ferons obligatoirement.