Sténogramme de l’intervention d’I.S.Ivanov, Ministre des affaires étrangères de la Russie, à la conférence de presse conjointe, consacrée aux résultats des pourparlers avec D. de Villepin, Ministre des affaires étrangères de la France.
I.S.Ivanov : Je voudrais, avant tout, saluer à Moscou Monsieur D. de Villepin, qui est arrivé dans notre capitale en sa première visite en qualité de Ministre des affaires étrangères de la France. Nous attachons une importance particulière au dialogue politique actif avec nos partenaires français. Les pourparlers d’aujourd’hui nous ont permis de mener un échange de vues substantiel sur tout l’ensemble de nos relations bilatérales, ainsi que d’examiner les problèmes internationaux actuels.
Nos pourparlers ont été consacrés également à la préparation de la future rencontre de V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie, et de J.Chirac, Président de la France.
Nous venons de signer le document sur la constitution du Conseil de coopération aux problèmes de sécurité. La décision de la création de ce Conseil - composé des ministres des affaires étrangères et des ministres de la défense - a été adoptée par nos Présidents. Un tel Conseil est créé pour la première fois dans l’histoire de nos relations bilatérales, et nous croyons que sa formation constitue une confirmation de plus du caractère particulier des relations qui existent entre la Russie et la France. C’est dans l’esprit des relations de partenariat que nous avons échangé de vues sur les problèmes internationaux d’actualité - la situation au Proche-Orient, en Afghanistan, autour de l’Irak, - ainsi que sur les problèmes de la non-prolifération des AEM. Sur tous ces problèmes, nos positions coïncident grandement ou sont proches, et nous entendons coordonner nos efforts dans la recherche des solutions aux problèmes correspondants.
En ce qui concerne le sujet de la coopération bilatérale, à Paris aussi bien qu’à Moscou, on est prêt à donner de nouvelles impulsions à cette coopération, et nous sommes persuadés que la future rencontre de nos présidents marquera le début d’une nouvelle étape de la coopération bilatérale.Question : A la fin de la semaine passée, la presse britannique et américaine a annoncé l’existence à Washington du plan secret de la tenue, fin 2002 - début 2003, de l’opération militaire en Irak, à laquelle participeront 250.000 soldats. Comment pourriez-vous commenter cette information ?
Réponse : Au cours des pourparlers avec le Ministre des affaires étrangères de la France, nous avons discuté la situation autour de l’Irak du point de vue de l’aboutissement au règlement politique de ce problème. Pour le moins, la partie russe ne dispose d’aucun plan secret de Washington, et ne mène ni pourparlers ni consultations sur ces problèmes, y compris au sujet des plans dont vous parlez.
Je voudrais encore une fois confirmer la position de la Russie sur le problème donné. Nous croyons que le règlement politique peut et doit être la seule voie de la normalisation de la situation autour de l’Irak. La partie russe continuera toujours à déployer les efforts afin d’aboutir justement au règlement qui, d’une part, suppose le retour en Irak des observateurs internationaux pour les inspections, et d’autre part, pour que le respect par l’Irak des résolutions correspondantes du CS de l’ONU ouvre la voie à la levée des sanctions contre ce pays.
Question : Au cours des négociations, la situation au Proche-Orient a été discutée. Est-ce que les divergences à propos du plan de G.Bush publié récemment se sont réveillées ?
Réponse : Mon collègue Monsieur D. de Villepin vient de visiter le Proche-Orient, et il nous importait d’avoir l’information "de la source", ainsi que de connaître ses impressions après les négociations avec les dirigeants des états de la région proche-orientale. Je veux souligner que nos positions, nos appréciations de la situation, les approches à la résolution de ce conflit coïncident dans une très grande mesure. Nous allons toujours coordonner nos efforts dans la recherche du règlement politique du conflit israélo-palestinien tout comme de la crise proche-orientale en général. Je parle des rapports israélo-libanais et israélo-syriens. Nous croyons que dans l’intérêt d’un tel règlement, les efforts actifs de la part de la communauté internationale sont nécessaires, y compris sur le plan de la tenue éventuelle de la conférence internationale appropriée.
En ce qui concerne l’intervention de G.Bush, Président des Etats-Unis, nous croyons qu’elle contient plusieurs stipulations qui doivent être prises en considération lors de la mise au point des propositions de la communauté internationale sur le règlement de ce conflit.
Un dialogue avec les dirigeants d’Israël tout comme avec ceux de l’Autorité palestinienne est indispensable afin que la communauté internationale puisse remplir efficacement sa mission. A cet égard, nous allons maintenir le dialogue avec Y.Arafat, dirigeant de l’Autorité palestinienne, qui est le représentant légitime du peuple palestinien.