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imprimer cet article  Gazprom gâte ses employés ... mais pas pour longtemps

Un technicien gagne entre 1.500 et 2.000 dollars par mois, un ingénieur 3.000, des salaires qui sont 70% à 80% supérieurs à ceux du reste de Gazprom.

Le géant gazier s’est réorganisé depuis mars 2006 sur ses "coeurs de métier" (production, traitement, transport) pour réduire ses coûts.

A 60 kilomètres au nord du cercle polaire, en Sibérie occidentale, les 250 employés de la base-vie vivent comme des insulaires. Ils ne reviennent qu’un mois ou une semaine sur deux "sur le continent", c’est-à-dire sous le cercle polaire, pour voir leurs familles, dont beaucoup vivent à 150 kilomètres de là, à Novy Ourengoï, une ville créée il y a 30 ans et qui abrite 110.000 habitants, quasi tous employés par Gazprom.

Sur la base, un petit immeuble éclaire l’immense plaine blanche de la Sibérie, où ciel et terre se confondent, hormis quelques torchères et de nombreuses vannes signalant la présence de gazoducs. A l’intérieur, les couloirs sont rutilants, les chambres dignes d’une résidence hôtelière. Avec une salle de sport flambant neuve, un sauna et un jacuzzi, "c’est une base-vie quatre étoiles".

Les techniciens et les ingénieurs de Gazprom sont attirés par "des salaires plus élevés" que la moyenne. Un technicien gagne entre 1.500 et 2.000 dollars par mois, un ingénieur 3.000, des salaires qui sont 70% à 80% supérieurs à ceux du reste de Gazprom. Si on travaille 15 ans ici, on a aussi une retraite anticipée à 55 ans.

Toutefois la différence avec les salaires des autres secteurs d’activité, eux-même en hausse, "s’amenuise", reconnaît un porte-parole du groupe Gazprom, qui l’a constaté dans sa région d’origine, le Bachkortostan, dans l’Oural.

Outre les salaires, les responsables locaux de Gazprom vantent la qualité des services prodigués à leurs familles à Novy Ourengoï, qui étaient jusqu’à présent tous propriété du groupe.

"Quatre étoiles" : sous des rafales de neige à -12°C, les employés de Gazprom de la base-vie n°16, près du cercle polaire, se disent choyés par le géant gazier russe, mais leurs familles restées à Novy Ourengoï sont désormais moins gâtées par l’entreprise.

Une dizaine d’enfants chantent sur un air d’accordéon : Gazprom possède dans la ville un grand jardin d’enfants de 1.000 places, réservées à ses salariés.

Mais "dans trois ou quatre mois", sa gestion sera confiée à la municipalité, indique le directeur général adjoint du développement stratégique de Gazprom Dobytcha Ourengoï, la filiale locale de Gazprom, Alexandre Iliassov.

Gazprom s’est déjà séparé de l’hôpital, qu’il gère désormais en partenariat avec la ville, mais dont il ne paie plus les salariés. L’entreprise va aussi prochainement céder le grand centre culturel qu’elle avait construit en 2000.

Le géant gazier s’est réorganisé depuis mars 2006 sur ses "coeurs de métier" (production, traitement, transport) pour réduire ses coûts, explique un porte-parole du groupe Gazprom.

"Pour la vie sociale à Novy Ourengoï ce n’est pas bon. Les gens risquent d’être déçus de perdre leurs avantages", déplore M. Iliassov, qui prédit aussi que "peut-être les prix (de ces services) vont augmenter".

Reste à savoir si ces changements augurent d’un abandon des gisements historiques de Gazprom à Ourengoï, dont la production décline. La ville a encore "une génération" à vivre au vu de ses réserves, et beaucoup plus si elle sert de "base arrière" aux méga-projets du grand Nord de la péninsule de Iamal et de Chtokman, espère M. Iliassov.

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