A l’initiative de Mikhaïl Gorbatchev et Maurke Strong, « Dialogues pour la Terre » est un forum où il sera débattu des problèmes du monde les plus urgents et sensibles.
En février 2002, des décideurs du monde des affaires et de l’industrie, ainsi que des représentants des gouvernements, des partis politiques, des institutions internationales, de la société civile, des médias et de la communication et enfin des responsables religieux et universitaires seront conviés à Lyon pour échanger leurs idées et leur vision sur la façon de réconcilier (a Globalisation, le Développement Durable et l’Ethique.
L’humanité se trouve à un tournant essentiel de son histoire. Il y a une décennie, le monde vivait la fin de la Guerre Froide et s’enthousiasmait pour le nouvel ordre mondial. Au cours de cette même décennie, les Nations Unies ont organisé un cycle de grandes conférences internationales qui commencèrent par le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 sur l’environnement et le développement. L’espoir naissait que par un effort concerté, il serait possible de résoudre les problèmes mondiaux les plus graves que sont le fossé entre pays riches et pays pauvres, le non-respect des droits de l’homme dans de nombreux pays, la croissance de l’insécurité et la dégradation de l’environnement. Aujourd’hui, force est de constater que le monde s’est éloigné des espoirs de l’après-guerre froide et des objectifs proclamés à Rio de Janeiro. La pression sur les ressources naturelles a dramatiquement augmenté, l’environnement continue à se détériorer, la pauvreté ne fait que s’étendre dans les pays en développement et les pays en transition, des conflits armés existent partout, l’insécurité croît. Les attaques terroristes menées le 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique montrent, de la manière la plus choquante qui soit, la fragilité et l’interdépendance des États. Ces événements interdisent de reporter encore la mise en œuvre des moyens permettant l’instauration du développement durable.
II apparaît urgent que, dans un effort global, l’humanité s’attaque aux anciens et nouveaux défis après avoir procédé à une évaluation objective des échecs de la décennie passée. Dans les trente dernières années, de très importants accords et réglementations environnementaux ont été promulgués aux niveaux international, national, régional et dans les entreprises. Pourtant, aucun n’a été totalement mis en application et la dégradation de l’environnement n’a pas été enrayée. Aussi, devient-il capital de connaître les causes du non-respect de ces engagements. L’une des réponses se trouve certainement dans le fait que les questions éthiques et morales sous-jacentes à Action 21, le plan d’actions pour le développement durable adopté en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, n’ont pas été totalement reconnus. Il importe de prendre en compte la réelle dimension globale des problèmes environnementaux ainsi que des questions liées à la Justice, la pauvreté, la démocratie, la paix, 1a sécurité et le droit pour adopter une approche intégrée du développement durable. Face à là protestation grandissante des anti-mondialistes, et au rôle reconnu joué par la société civile, le besoin de dialoguer entre tous les acteurs de la société est plus que jamais nécessaire. « Dialogues pour la Terre » traitera des notions de la responsabilité, de gouvernance, des droits environnementaux et de justice sociale en rapport avec le développement durable. Les participants du Forum identifieront des voies permettant un partage équitable des bénéfices de la globalisation.
L’adoption de principes éthiques en matière de développement durable influence déjà les discussions à tous les niveaux. La société civile a préparé dans le passé plusieurs projets dont la Charte de la Terre. Pendant le premier Comité préparatoire du Sommet mondial sur le développement durable, en mai 2001, le Sous-secrétaire général des Nations Unies, Nitîn Desaî, Directeur du Département des Affaires sociales et économiques des Nations Unies (DESA), a lancé un appel pour une responsabilisation mondiale comme principe éthique du développement durable. La Commission des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient de déclarer pour la première fois le droit de l’homme à vivre dans un environnement sain. Cette Commission et l’Union européenne ont lancé un appel pour un Sommet international sur les droits environnementaux. De nombreux États et Organisations à travers le monde souhaitent l’adoption d’un « Pacte Planétaire » pour combattre la pauvreté, arrêter les dégradations environnementales, et finalement pour permettre la mise en œuvre d’un développement réellement durable. « Dialogues pour la Terre » posera la question de savoir si l’application de principes éthiques en matière de développement durable peut contribuer à engager cette initiative et à élaborer un futur durable pour tous les habitants de la planète.
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