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imprimer cet article  Exposition photographiques ’KOSOVO 1999 / 2006 LE TEMPS DES ENCLAVES’

DU 12 MAI AU 11 JUIN 2006
Tandis que 167 000 Serbes et Roms ont déjà pris le chemin de l’exode, des dizaines de milliers d’autres, pour échapper à l’avalanche de meurtres et d’enlèvements qui s’abat sur le Kosovo, sont contraints à l’isolement dans leurs quartiers ou leurs villages.

PAROISSE SAINT SAVA
23 RUE DU SIMPLON
75018 PARIS
MÉTRO SIMPLON
DU LUNDI AU SAMEDI DE 8H30 À 13H30 ET DE 16H À 19H

Quelques semaines seulement après l’entrée des troupes de l’OTAN au Kosovo, en juin 1999, le terme d’« enclaves » apparaît pour la première fois dans un rapport de l’organisation « Human Right Watch » daté du 7 Août pour évoquer la situation dans laquelle se trouvent les rescapés de la première vague d’épuration ethnique que les extrémistes albanais font alors déferler sur la province.

Tandis que 167 000 Serbes et Roms ont déjà pris le chemin de l’exode, des dizaines de milliers d’autres, pour échapper à l’avalanche de meurtres et d’enlèvements qui s’abat sur le Kosovo, sont contraints à l’isolement dans leurs quartiers ou leurs villages.

Sept ans se sont écoulés depuis, or des barbelés et des barrages filtrants à l’entrée des enclaves symbolisent toujours la séparation des communautés au Kosovo. Contrairement à l’avènement d’une société multi-ethnique dont on disait qu’elle allait surgir des décombres provoqués par les bombes humanitaires de l’OTAN larguées sur la Serbie, c’est au spectacle du confinement forcé de quelques 40 000 Serbes et non Albanais en butte à l’hostilité permanente de leurs voisins albanais, que l’on aura assisté durant tout ce temps. Une forme d’Apartheid s’est progressivement installée au Kosovo, privant les Serbes et les membres des minorités de leurs droits fondamentaux. Ainsi, l’accès aux hôpitaux des grandes villes leur est interdit, de même qu’il leur est refusé de circuler librement à travers la province. Les agriculteurs spoliés de leurs terres n’ont plus accès à leurs champs, les ouvriers ont été massivement expulsés de leurs usines, les employés de leurs bureaux, et les écoliers se rendent en classe d’une enclave à l’autre dans des autobus de l’ONU aux vitres grillagées. Une fois par an seulement, les chrétiens peuvent, sous escorte militaire, aller se recueillir sur la tombe de leurs défunts dans des cimetières laissés à l’abandon, qui lorsqu’ils n’ont pas été totalement détruits portent la trace de continuelles profanations. Nés il y a sept ans dans des hangars désaffectés ou sous des tentes de l’UNHCR après que leurs parents ont été chassés de leurs foyers par les extrémistes albanais, de jeunes Roms n’auront connu depuis 1999 d’autre aires de jeux que celles de décharges industrielles toxiques. L’expulsion du Kosovo de plus de 100 000 Roms, est, faut-il le souligner sans précédent dans l’histoire de l’Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale. Ces quelques 55 photos sont extraites d’une dizaine de reportages réalisés au Kosovo de novembre 1998 au mois d’avril 2006. Quoique n’ayant jamais excédé deux à trois semaines de présence sur le terrain, mes séjours m’ont toutefois permis de prendre la mesure du calvaire que les Serbes et les minorités enduraient dans les enclaves. C’est donc d’abord au courage et à la capacité d’endurance de leurs habitants que j’ai souhaité rendre hommage. Des vertus sous-tendues par une inébranlable volonté de demeurer auprès de leurs foyers ancestraux et de leurs sanctuaires religieux, tels les grands monuments culturels et spirituels de Gracanica, et Decani, symboles du rayonnement de l’Etat médiéval serbe dans les Balkans, et dont l’UNESCO a consacré la valeur universelle en les inscrivant au patrimoine de l’humanité. J’ai souhaité également que les Roms soient associés à cet hommage en raison notamment du silence que la plupart des médias ont observé envers la vague d’exactions qui ne les aura pas épargné non plus. La seconde raison de cette exposition était aussi de rappeler que le Kosovo est une mosaïque de peuples et de cultures dont la recomposition au profit de nouvelles entités édifiées sur des bases raciales et ethniques sonnerait le glas d’une certaine forme de civilisation dans les Balkans. Enfin, c’est avant tout le désir d’informer qui m’a soutenu dans cette démarche.

Dragan Tomitch (reporter photographe)

BIOGRAPHIE

C’est en mai 1981 que Dragan TOMITCH intègre l’Agence de Presse Bernand, Agence spécialisée dans le domaine du spectacle. Deux mois plus tard l’occasion lui sera donnée de couvrir le Festival d’Avignon. Fin 82, il s’éloigne de la scène théâtrale pour se rapprocher de celle du monde du travail. Ce sont à l’époque les années noires de l’industrie française, la période sombre des restructurations qui n’épargnent aucun secteur d’activité avec la fermeture de sites dans la sidérurgie en Lorraine, la navale, de Dunkerque à la Ciotat, sans oublier les coupes sombres dans l’automobile, l’élétronique ou la métallurgie. Période de tensions et d’agitation sociale dont il rend compte régulièrement à travers ses reportages en tant que pigiste pour le compte de la presse syndicale notamment. Parallèlement à son activité de journaliste indépendant, son statut d’artiste auteur lui permet aussi de s’exprimer dans des revues d’entreprise. C’est ainsi qu’il apportera sa contribution à l’illustration photographique des dossiers présentés dans le cadre des « Rubans d’Or », pour les 4e et 5e Palmarès des paysages routiers de 1997 et 1999, organisés par le Ministère des Transports. Tout en continuant à s’intéresser à l’actualité sociale et politique de notre pays, il s’investit de plus en plus dans le reportage à l’étranger (Roumanie, Cuba, Chine, Chypre, Espagne... ). Six séjours en Egypte, effectués entre 1998 ?[ 2003, se concluent par une première exposition intitulée « Rencontres avec les Coptes d’Egypte » organisée en novembre 2001, dans les locaux de la Sorbonne Nouvelle-Paris III. Dès 1998 la situation de crise qui perdure dans les Balkans attire son attention. De novembre 98 à novembre 2005, 8 voyages le conduiront au Kosovo où la situation des minorités ethniques opprimées par la majorité albanaise fera l’objet de nombreux reportages. Depuis un an il fait partie de l’Agence de Presse Gran Angular.

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