Depuis le 1er Mai, l’Union européenne s’est réaffirmée limitrophe de la Russie. Nous étions déjà voisins immédiats par la Finlande mais maintenant la continuité territoriale est assurée et nous avons près de 2.200 km de frontières communes. La question fondamentale des frontières de l’Europe - et en fait la seule véritable question sur le sujet - se retrouve à nouveau à la une de l’actualité.
Espérons que cela pourra contribuer à une prise de conscience de tous les Européens : ceux de l’ouest et ceux de l’est de la dimension réelle de leur continent. Et des risques considérables que nous courons à ne pas nous en soucier.
Une prise de conscience urgente
Malheureusement, les indifférences voire les rejets provoqués par les élections européennes au Parlement de l’UE, créent une large confusion des termes sur le mot et la notion d’Europe dans de larges couches de l’opinion. Cela étend la même attitude par rapport aux perspectives plus générales du continent dans son ensemble. Une prise de conscience ou au moins une reflexion sur l’espace géopolitique européen que nous souhaiterions est pourtant urgente.
Car les enjeux sont de taille :
Quelle crédibilité peut avoir l’Europe réduite à la seule Union européenne actuelle, même élargie. D’autant que l’élargissement actuel, très important symboliquement, n’est pas vraiment un renforcement dans un premier temps. Comme vont le montrer les difficultés que nous allons avoir pour en digérer le coût réel.
Quelle crédibilité par rapport aux géants d’Outre Atlantique et au voisin colossal de l’ensemble nippo-sino-coréen ? Voire par rapport à la poussée des populations du sous-continent indien, du monde islamique et du tiers-monde en général ?
Quelle crédibilité économique sans ressources de matières premières ? Sans espaces ? Avec une population vieillissante et une menace démographique considérable y compris dans tout l’est européen ? Et alors que la poussée démographie chinoise sur la Sibérie et l’extrême-orient est de plus en plus considérable et celle venant d’Afrique et d’Asie du sud s’affirme dans la partie occidentale...
Quelle crédibilité militaire ? Technologique ? Scientifique ? Spatiale ?
Cet ensemble de questions suffit à induire l’idée qu’un continent européen à la taille des nouvelles entités mondiales est difficilement concevable sans la Russie.
Attention Europe ne veut pas dire Union européenne, même si à terme la question se posera inévitablement. Elle commence à l’être mais n’allons pas trop vite et évitons les confusions. D’autant que tout dépendra aussi du type d’organisation politique et constitutionnelle de l’UE. La Russie tout comme une bonne partie des Français et des Britanniques n’acceptera sans doute pas une intégration politique trop poussée.
Le débat en Russie et en Occident :
Autre précision utile compte tenu des idées reçues sur la question des frontières de l’Europe : c’est autant une question russe qu’une question ouest européenne.
Dans l’Histoire, la question de l’appartenance européenne de la Russie - et plus exactement de sa prépondérance européenne - a agité au moins autant les milieux intellectuels, politiques et religieux russes que ceux de la partie occidentale du continent.
Aujourd’hui, les choix géopolitiques qui ont fait l’objet de débats historiques en Russie, se réduisent de plus en plus.
Le Panslavisme est largement sentimental comme l’a montré la tragédie yougoslave.
La prétention d’être une superpuissance à l’égal des USA vire de plus en plus à une nostalgie. Paradoxalement, c’est au sein de certains instituts de recherches russes actuels ou organes de presse très liés à l’Outre-atlantique, qu’on essaie encore de faire croire à l’idée en flattant la nostalgie de puissance de certains Russes. Le but est surtout de combattre le désir d’Europe naturel et cher à une majorité de la population. Bien sûr, le statut de grande puissance reste présent en raison du poids territorial et du nucléaire. Il contraint à une plus grande prudence dans les relations internationales mais ne garantit plus beaucoup de crédibilité réelle dans la diplomatie mondiale, sauf si la Russie agit avec... les Européens.
Enfin, le rôle de lien euro-asiatique hérité des Scythes, voire d’arbitre dont rêvaient les poètes de l’âge d’argent (fin XIXème début XXème) n’est plus guère sollicité par qui que ce soit. Et le "rempart" russe au péril jaune est bien poreux à l’heure des nouvelles technologies.
C’étaient les tendances dominantes de la problématique européenne en Russie, auxquelles on pourrait ajouter des considérations éthiques et religieueses bien exprimées par Dostoevsky notamment ou Lev Goumilev mais qui nous éloigneraient du sujet. Car aujourd’hui, le "désir d’Europe" ne fait aucun doute dans toute la Russie, jusqu’à Vladivostok tant que cette dernière n’est pas encore devenue totalement sino-japonaise.
Ce "désir d’Europe" est même fortement affirmé par les politiques au plus haut niveau.
Le 19 avril dernier, en recevant à Moscou son nouvel homologue français, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéï Lavrov a réaffirmé à propos de la commémoration du 6 juin, où pour la première fois le rôle du front Est a été rappelé avec force en invitant le président russe, que "cet événement symbolise la réconciliation de toute l’Europe : la Russie a été, est et sera dans l’Europe".
Ce "désir d’Europe" n’est pas toujours partagé aujoud’hui en Europe occidentale. Les courants hostiles à une Europe viable et forte, sans doute inspirés par des maîtres non-européens ou des ambitions et des opportunismes peu avouables, mènent un travail de sape aussi sournois que constant.
Un exemple presque caricatural en est fourni par des déclarations de Bernard Kouchner rapportées par France-Soir en mai. Ce dernier annonce sentencieux que pour la Biélorussie (il dit bien sûr Bélarus...) et l’Ukraine, c’est d’accord : elles/ils peuvent prétendre à entrer dans l’UE. Bien sûr, ajoute-t-il, "à condition" qu’ils deviennent démocratiques (sans doute à la sauce UCK) mais que pour la Russie c’est hors de question. Sans plus d’explications !
Bien étrange volonté de diviser les Européens. C’est une constante que tout observateur avisé aura déjà constaté mais qui a le mérite dêtre exprimée crûment. Quiconque, connaît un peu l’histoire (quasi-commune) de ces trois pays, trouve évidemment l’idée de faire une telle distinction entre Russes, Biélorusses et Ukrainiens totalement saugrenue. Il y a moins de différences entre eux (au moins 20% de familles mixtes) qu’entre Français et Allemands par exemple...
Mais la volonté d’encourager toutes zizanies au sein de l’ex-URSS, essentiellement contre la Russie, est une constante du courant politique qui a fait ses preuves au Kosovo ! Et bien sûr tout est bon pour encourager toutes les propagandes et idées reçues contre les Russes auprès des Européens occidentaux. L’objectif étant d’enraciner l’idée "qu’ils ne sont pas comme nous"...
Cela confirme en tout cas que certains craignent la constitution d’une Europe forte et autonome, véritable pôle d’un monde multipolaire et non état vassal d’un super empire.
La Russie et l’Union Européenne :
Juste avant la proclamation de l’élargissement de l’UE, le président de la Commission européenne, Romano Prodi s’est rendu à Moscou. Un accord à l’arraché a été signé sur 14 points, la plupart très techniques. Seule la situation des minorités russophones dans les pays baltes, surtout en Lettonie n’a pas été réglée.
La Russie appuie la revendication d’un statut linguistique à la belge des russophones lettons, qui représentent un tiers de la population et plus de la moitié des habitants de Riga. Les nationalistes lettons, dont certains n’hésitent pas à commémorer des anciens de la Waffen SS, refusent souhaitant obliger les russophones à étudier en letton. Ces derniers considèrent que l’utilité de cette langue ne le justifie pas et invoquent les traités européens sur le respect des minorités dans les pays de l’UE que Riga refuse d’appliquer. A noter que ces russophones ne sont pas tous Russes et ne sont pas tous des gens installés là sous l’Union soviétique. Sans remonter jusqu’à la Livonie et la Courlande, la Lettonie était dans l’empire russe avant la révolution de 1917. Il s’agit bien de Lettons russophones aujourd’hui. Les officiels de la Fédération de Russie font valoir les droits de leurs cousins de Lettonie en invoquant l’exemple québecois : "que diraient les Français si les Canadiens francophones se voyaient interdire leur langue ?". Et il s’agit du français et de l’anglais, pas du letton.
Les pays baltes et Kalinigrad représentent la "zone de turbulences" et de risque dans les relations entre l’UE et la Russie. Au moins pour deux raisons :
le couloir de jonction entre Kaliningrad et le reste de la Russie et le régime des visas qui est négocié dans la douleur et pourrit la vie au quotidien aux Russes et Français qui veulent voyager dans les deux pays. Et pas seulement à Kalingrad...
La non-appartenance des pays baltes maintenant dans l’OTAN aux accords militaires de limitation de déploiement des armements dans la région et l’intensification d’activité militaire de l’OTAN, notamment aérienne, dans la région. La Russie les ressent d’autant plus négativement qu’elle soupçonne qu’elle s’inscrit dans un plan américain visant à la faire renoncer à l’enclave de Kaliningrad.
C’est là une question sur la nature qu’on souhaite donner à l’OTAN dans la nouvelle configuration géopolitique.
L’Union européenne élargie, c’est pour la Russie 55% de ses échanges commerciaux extérieurs. L’élargissement a représenté un impact certain sur ses échanges avec les pays nouvellement adhérents et c’est ça qui a été réglé par Prodi. Ayez notamment à l’esprit que la Russie n’est toujours pas membre de l’OMC et qu’il fallait donc régler un grand nombre de questions douanières.
En ce domaine, un grand succès pour la coopération a été franchi à la fin mai avec l’annonce par l’UE qu’elle soutiendrait la candidature de la Russie à l’OMC.
Auparavant, l’UE réclamait l’abolition du monopole d’exportation de Gazprom et le nivellement des tarifs de transport du gaz en territoire russe pour les producteurs intérieurs et extérieurs. Moscou défendait Gazprom et le ton montait y compris au niveau diplomatique jusqu’au niveau de Poutine. Les Russes estiment qu’ils ont besoin de maintenir pour l’instant les prix de l’énergie plus bas que sur le marché mondial pour développer leur industrie mais aussi pour servir leur population dont le pouvoir d’achat reste limité. Ils estiment que le monopole d’exportation de Gazprom est encore indispensable. L’UE a rectifié sa position après des rencontres d’experts.
Le gouvernement russe s’est engagé à créer sur le marché gazier des conditions dans lesquelles les producteurs pourront compenser leurs frais et réaliser des bénéfices. Il a annoncé son intention de relever les prix intérieurs du gaz.
Pour le transit, la Russie est disposée à remplir les engagements pris à l’égard de l’OMC.
Dans l’agriculture des quotas acceptables pour tous ont été fixés.
Dans le type d’échanges entre la Russie et l’Union européenne, il faut souligner les complémentarités : la Russie reste malgré ses efforts pour transformer son économie et faire plus de valeur ajoutée, un gros fournisseur de matières premières à la partie ouest industrialisée.
En matière de consommation et d’équipements en revanche, elle est acheteuse des produits de l’Europe occidentale.
Il faudrait ajouter les complémentarités en matière d’industries comme l’aéronautique ou l’automobile mais aussi l’informatique par exemple.
La coopération intellectuelle et scientifique sera indispensable, surtout pour nous Français sans doute.
En règle générale, l’appartenance culturelle et l’apport à la culture européenne de la Russie ne font pas de doute. Quand on fait un parallèle avec la question de l’adhésion de la Turquie, il y a vraiment de quoi s’interroger.
Quant aux réserves émises sur le respect de l’état de droit et des droits de l’Homme en Russie, les leçons du passé montrent que l’ouverture est plus efficace que les camps retranchés pour faire avancer les choses.
Il y a là incontestablement un champ d’évolution important pour la Russie où la notion de citoyenneté avec ses droits, ses devoirs et le respect qu’elle implique a du terrain à conquérir.
Du coté de l’UE aussi des évolutions seraient souhaitables : la démarche donneurs de leçons et pour certains d’hostilité systèmatique à l’égard de la Russie ne sera pas payante. Surtout, si les appréciations sur le terrorisme ou les droits de l’Homme notamment en "double standard", comme aiment à les qualifier les Russes, continuent à se manifester. Les freins constitués par une bureaucratie bruxelloise lourde et dépourvue de capacité de décision politique sont aussi souvent soulignés.
Un partenaire qui redevient économiquement crédible :
Le premier mandat de Vladimir Poutine (depuis janvier 2000) a vu la Russie consolider la reprise économique entamée au lendemain de la crise financière catastrophique d’août 1998.
Tous les comptes sont passés au vert : les réserves monétaires et d’or, la dette extérieure a été réduite de quelque 20 milliards de dollars et la Russie a retrouvé une meilleure notation internationale, le commerce extérieur s’est retrouvé très excédentaire grâce à la hausse du prix des hydocarbures mais les excédents collectés ont profité au budget et non en masse comme précédemment aux seules banques étrangères et aux zones offshores.
La fuite des capitaux a été réduite et les investissements se sont accrus (y compris par le biais de Chypre par exemple). Le budget de l’Etat est en permanence en excédent depuis trois ans et les retards de salaires qui ont été la hantise des Russes travaillant dans le secteur public durant les années précédentes sont un mauvais souvenir, sauf exceptions dans certaines régions. Les revenus ont crû de 8 à 55% selon les catégories et les comptabilités pas toujours aisées à établir. Le nombre de gens vivant sous le seuil de pauvreté a été diminué de quelque 10%. Il reste tout de même élevé représentant au moins 30% de la population. La démographie reste toujours négative ce qui représente une menace pour l’ensemble de l’Europe.
En termes purement quantitatifs, les parlementaires ont adopté Trois fois plus de textes de lois qu’au cours des législatures précédentes. En termes de contenus, des réformes fondamentales ont été entreprises : l’organisation du pouvoir dans les régions et les répartitions budgétaires, la fiscalité, l’enregistrement des entreprises, la réforme foncière et des débuts de réforme de l’Etat et de l’administration et des balbutiements de réformes des institutions financières.
En règle générale, ce dynamisme gouvernemental allié à l’amélioration des conditions de vie est perçu plutôt positivement par une majorité de l’opinion russe pourtant souvent sceptiques.
Depuis le début de l’année, les données économiques illustrent bien "l’émergence actuelle" de la Russie : De janvier à avril de cette année, le PIB s’est accru en Russie de 8%. Parmi les facteurs principaux de croissance économique, les sources officielles russes citent la progression de l’exportation (+10%) et le boom de la consommation qui se poursuit depuis plus de trois ans.
Les dépenses de la population augmentent de plus de 10% par an. Bien sûr les prix records du pétrole à plus de 40 USD le baril vont contribuer à une accélération. Les indices de l’accroissement de la production industrielle devraient atteindre les 6%.
De janvier à avril, les salaires ont augmenté de 15,1 %, les revenus réels de la population, de 11,5 %. L’inflation a atteint 4,6 % pour les 4 premiers mois d el’année. L’an dernier c’était 6,2 %, pour la même période.
Mais, depuis le début de l’année, le cours réel du rouble s’est renforcé de 5,6%. Le prix du pétrole va favoriser une hausse plus forte logiquement. Malgré le renforcement du rouble, de janvier à avril, le solde du commerce extérieur a constitué 24 milliards de dollars.
Toutes ces réformes vont dans le bon sens aussi pour les organisations internationales et les économistes nationaux mais elles ne sont pas encore abouties. L’investissement est encore très insuffisant (15 à 17% du PIB alors qu’il faudrait le double), le secteur financier se reconstitue bien lentement, les réformes se heurtent à des lenteurs, notamment parmi les fonctionnaires de province, la structure de l’économie reste largement rentière de matières premières. La justice est encore largement corrompue, tout comme une grande partie de la bureaucratie. La pauvreté est encore importante (plus de 30% de la population), la santé, la protection sociale restent largement sinistrées et cela se ressent dans la démographie, l’éducation est devenue élitaire. L’agriculture n’est pas rétablie, même si en 2002 pour la première fois la Russie a de nouveau exporté du grain.
Et se stabilise politiquement :
Poutine promet de poursuivre ces réformes, notamment administrative, et a mis au centre de son programme l’établissement d’une "dictature de la loi" et un doublement du PIB en quelques années. Compte tenu de ce qu’il a fait, il est crédible. Poutine a tout de suite repris en mains les régions où parfois des roitelets faisaient la loi en défiant le pouvoir central.
Il a nommé des super-préfets couvrant des groupes de régions selon le tracé des régions militaires. Il a ensuite procédé à une réforme fiscale qui était la plus attendue. Aujourd’hui, l’IRPP est à 13% pour tout le monde en Russie !
Il a procédé à un réforme foncière en deux temps qui malgré de nombreuses ambiguités lève une situation d’incertitudes qui bloquait tout.
Il a établi la fiscalisation des matières premières et essayé d’arriver à un accord avec les oligarques de cette branche qui n’ont pas tous joué le jeu (Khodorkovsky).
Il a rétabli les comptes de la nation et a eu la baraka avec la hausse des prix du pétrole (qui n’expliquent pas à eux seuls la reprise russe). Et d’un certain point de vue il a su utiliser les attentats du 11 septembre à New York pour "neutraliser" les ambitions américaines en les laissant s’étendre en Asie centrale faute de pouvoir les en empêcher.
A la tête du pays qui connaît actuellement un dynamisme que nous n’avons pas connu depuis longtemps, Poutine a aussi affirmé la vocation européenne de la Russie. Il procède aux réformes avec un jeune ministre Guerman Gref, un européen convaincu, en tête de pont. Toutes les réformes visent à se mettre en conformité avec les standards de l’Union européenne et Guerman Gref ne cache pas que son ambition est que dans une dizaine d’années, la Russie puisse présenter sa candidature. Ce qui ne signifie pas qu’il serait suivi par des gens moins "techniques" et plus "politiques".
La géopolitique et les ambitions impériales américaines dans l’affaire de l’Irak ont aussi permis de réaffirmer la vocation européenne de la Russie en ébauchant un axe Paris-Berlin-Moscou qu’on aurait tort d’enterrer trop vite. On parle déjà de "Troïka" à propos de ce nouvel axe parmi les diplomates russes.
L’élargissement de l’UE à des pays soucieux de plaire à l’Oncle Sam dans un espoir sans doute assez illusoire d’en retirer des avantages va réaffirmer l’importance de cette "troïka" pour l’avenir d’un continent européen autonome et en quelque sorte garde-fou de l’Amérique contre ses propres démons.
Car il ne s’agit à aucun moment de se placer dans une optique de confrontation avec les USA. Il faut au contraire revenir et assumer en commun la pérenisation de valeurs communes : la démocratie et la tolérance et souhaitons le une certaine protection sociale.
Il ne s’agit pas nier ni de dissimuler les énormes problèmes qui demeurent et que nous avons énuméré sur le plan économique et de respect de l’état de droit. Le lourd contrôle de l’Etat sur les télévisions hertziennes peut très bien se retourner contre ses promoteurs, comme ce fut le cas dans d’autres pays.
La guerre en Tchétchenie continue à générer un cortège d’horreurs et fait peser la menace terroriste. Sans minimiser la question qui pèse sur le bilan de Poutine, il est pour le moins réducteur de présenter la Russie et de penser les perspectives européennes uniquement à travers le prisme des opérations qui se déroulent dans une partie de la petite république caucasienne.
A moins que la priorité soit autre chose que l’Europe. Aujourd’hui, la meilleure façon d’agir pour garantir un pôle européen crédible et enrichissant pour un monde multipolaire est de faire valoir nos intérêts communs et non de donner des leçons. Car les Russe sont aujourd’hui terriblement pragmatiques et savent être efficaces rapidement s’il y voient un intérêt.
En un mot, ils sont devenus comme nous !
par Dimitri de Kochko