Le principal défi que la Russie doit relever sur le plan économique est de faire en sorte que la croissance se poursuive sur le long terme de manière à rapprocher assez rapidement les niveaux de vie du pays de ceux des économies de l’OCDE.
L’OCDE a publié le mercredi 7 juillet 2004 sa dernière analyse de l’économie de la Russie, qui comprend des chapitres sur la compétitivité industrielle et la réforme bancaire. Une conférence de presse sur l’étude se tiendra le même jour au Ministère du développement économique et des échanges à Moscou.
L’étude comprend les chapitres suivants :
Evaluation et recommandations,
Faire en sorte que la croissance soit durable,
Compétitivité industrielle,
Gaz naturel,
Restructuration du secteur de l’électricité,
La réforme bancaire.
Etude économique de la Fédération de Russie, 2004
Le principal défi que la Russie doit relever sur le plan économique est de faire en sorte que la croissance se poursuive sur le long terme de manière à rapprocher assez rapidement les niveaux de vie du pays de ceux des économies de l’OCDE. Les principales difficultés qu’elle doit surmonter pour ce faire tiennent à la structure de son économie. Celle-ci est aujourd’hui étroitement tributaire de l’exportation d’un éventail restreint de ressources naturelles, essentiellement des hydrocarbures et des métaux, ce qui ne va pas sans poser un certain nombre de problèmes spécifiques. En particulier, du fait de sa dépendance à l’égard des ressources naturelles, l’économie russe est particulièrement vulnérable en cas de chocs extérieurs. On ne saurait donc trop insister sur l’importance de politiques macroéconomiques prudentes, dans la mesure notamment où le budget est largement financé par des taxes sur les ressources naturelles et subit donc les effets de l’instabilité des prix de l’énergie. En conséquence, une discipline exemplaire est essentielle, notamment dans le domaine budgétaire, pour que la Russie soit moins soumise aux effets des cycles des prix des produits de base. Néanmoins, si la dépendance à l’égard des ressources naturelles s’accompagne de certains risques macroéconomiques, l’évolution future de l’économie continuera de dépendre largement dans l’avenir prévisible des résultats des secteurs qui exportent ces ressources. La réforme du secteur du gaz naturel est en conséquence une priorité urgente. En l’absence de réformes substantielles, l’industrie du gaz, qui est déterminante aussi bien pour les exportations que pour l’économie intérieure, pourrait bien rester stationnaire ou décliner.
Sur le plan structurel, les principales tâches auxquelles les autorités russes sont confrontées sont la restructuration des grands monopoles d’État dans les secteurs de la banque, de l’énergie et du gaz naturel, et la mise en place de cadres juridiques et réglementaires assurant tout à la fois une véritable concurrence et une réglementation efficace. La réforme de ces secteurs devrait permettre une meilleure affectation des ressources - dans le secteur bancaire, en favorisant le développement de mécanismes efficients d’intermédiation financière, et dans les secteurs de l’électricité et du gaz, en mettant un terme aux subventions implicites qui résultent de la fixation des prix à des niveaux trop faibles pour couvrir les coûts à long terme. Le fait que ces trois secteurs devront être passablement réglementés même après avoir été réformés rend d’autant plus pertinentes les questions touchant la compétence et l’intégrité des institutions publiques et met en lumière les difficultés à surmonter pour opérer une réforme de l’État. Sans amélioration substantielle de la probité, de l’efficience et de la transparence des tribunaux, de l’administration et des autres institutions publiques, la mise en œuvre des réformes structurelles sera extrêmement difficile et l’État lui-même continuera d’exercer un effet de freinage significatif sur la croissance.