M. Jvania, qui a été interrogé à plusieurs reprises dans le cadre de l’enquête sur l’empoisonnement, avait affirmé en juin que le chef de l’Etat n’avait pas été empoisonné à la dioxine et que les résultats de ses analyses médicales avaient été falsifiées.
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a déclaré jeudi qu’un de ses anciens collaborateurs, David Jvania, était impliqué dans son mystérieux empoisonnement à la dioxine lors de la campagne présidentielle de 2004.
Alors qu’on lui demandait, lors d’une conférence de presse, s’il estimait que M. Jvania, aujourd’hui député, était impliqué dans cette affaire, le président a répondu : "Je pense que oui. Et c’est encore une douce façon de répondre".
Mercredi, un responsable de la présidence avait déjà estimé que M. Jvania était lié à l’empoisonnement. "Il a insisté sur l’organisation du dîner (...) après lequel Iouchtchenko est tombé malade", a affirmé ce responsable, Igor Poukchine.
M. Jvania, qui a été interrogé à plusieurs reprises dans le cadre de l’enquête sur l’empoisonnement, avait affirmé en juin que le chef de l’Etat n’avait pas été empoisonné à la dioxine et que les résultats de ses analyses médicales avaient été falsifiées.
Selon cet ancien dirigeant de l’état-major de campagne de M. Iouchtchenko, ce dernier aurait été victime d’une intoxication alimentaire ordinaire suivie d’une pancréatite.
Le 6 septembre 2004, M. Iouchtchenko, alors candidat pro-occidental de l’opposition à l’élection présidentielle, était tombé gravement malade, en pleine campagne contre le candidat favori du pouvoir et de Moscou, Viktor Ianoukovitch.
Des médecins viennois avaient identifié trois mois plus tard un empoisonnement à la dioxine. Le visage de M. Iouchtchenko porte toujours des traces de la maladie, mais l’enquête sur cette affaire n’a guère progressé.
Dans un entretien avec le quotidien français Le Figaro en septembre 2007, Viktor Iouchtchenko s’est dit convaincu que la dioxine qui avait servi à l’empoisonner avait été fabriquée dans un laboratoire russe.
Mardi, il a lui-même été interrogé par le Parquet pendant plus de quatre heures sur les circonstances de son empoisonnement. Il a alors déclaré à la presse que l’enquête s’approchait de son terme et prédit que des "choses étonnantes" seraient dévoilées une fois l’instruction terminée.