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imprimer cet article  Eglises orthodoxes serbes de Kosovo sont en danger

Le 19 mars 2004 - Par le père Sava Janjic, du monastère de Visoki Decani
Seize églises et monastères serbes orthodoxes, pour la plupart des joyaux de l’architecture médiévale, ont été démolis au Kosovo depuis le début des violences mercredi, a annoncé vendredi matin l’Eglise orthodoxe. Plus de cent églises orthodoxes serbes ont été détruites au Kosovo en quatre ans. Les monastères les plus prestigieux du Kosovo sont aussi revendiqués par les Albanais comme faisant partie de leur propre patrimoine...

Un bilan précédant du 17 mars 2004 avait fait état de 14 églises démolies. Depuis, des extrémistes albanais ont incendié les églises orthodoxes de Donja Slapasnica et de Brnjak.

A Pristina, des policiers de l’Onu et des soldats de la Force multinationale (Kfor) ont utilisé jeudi soir des gaz lacrymogènes pour disperser un attroupement d’Albanais en train d’incendier l’église St-Nicolas. Selon l’Eglise, tous les édifices religieux serbes de Prizren (sud-ouest) et des environs ont été incendiés : les églises Bogorodica Ljeviska (11e siècle), St-George, St-George Runovic et St-Spas, le monastère St-Archange, ainsi que le Palais épiscopal.

Parmi les autres édifices démolis se trouvent l’église de St-Uros à Urosevac (sud-est), St-Nicolas à Kosovo Polje (centre), Ste-Catherine à Bresje (centre), St-Nicolas à Belo Polje (ouest), St-Jean à Pec (nord-ouest), l’Ascension à Djakovica (ouest) et St-Nicolas à Gnjilane (est). Par ailleurs, l’église St-Ilija à Vucitrn (centre) et le monastère Devic (centre) ont également été incendiés.

La religion orthodoxe fut introduite dans la Serbie lors de l’occupation par l’Empire romain d’Orient, ou Empire byzantin. En 1219, Sava, fils du premier roi de Serbie, obtint le statut d’Église autonome pour l’Église orthodoxe serbe et en devint le premier archevêque. Saint Sava est aujourd’hui vénéré pour avoir donné au peuple serbe de solides valeurs spirituelles et avoir établi les fondations du système d’éducation. Au cours des siècles, les rois serbes bâtirent de magnifiques monastères qui servirent de centres d’éducation et permirent de préserver la culture serbe en dépit de l’occupation turque.

L’avenir des monastères et des églises orthodoxes serbes au Kosovo et Metohija dépend en grande partie du futur statut de la province. Ce n’est pas une question qui touche directement et seulement l’Église orthodoxe serbe et ses fidèles sur ce territoire, mais c’est un problème d’intérêt national général, puisqu’au Kosovo et Metohija se trouvent quelques uns des monuments les plus importants de la culture et de la spiritualité serbes, d’une valeur inestimable pour la sauvegarde de l’identité culturelle et de la continuité historique de l’État et du peuple serbe. Au moyen-Âge, la région de Metohija, dans l’ouest du Kosovo, possédait les églises et les monastères les plus importants de Serbie. Le nom Metohija vient de metohion, mot grec renvoyant aux grandes propriétés des monastères.

Depuis la fin du conflit armé et l’arrivée de la KFOR et de la MINUK en juin 1999, les édifices sacrés sont constamment la cible des extrémistes albanais. Au début, il semblait que les attaques des églises et monastères n’étaient qu’une conséquence provisoire de la colère de la population albanaise qui revenait de l’exil. Cependant, il est vite apparu qu’il s’agissait d’une campagne coordonnée et systématique dont le but était de chasser pour toujours la population serbe et d’effacer toutes traces de la culture séculaire serbe. Cette destruction se poursuit encore de nos jours. En même temps que la destruction des églises et monastères, les cimetières orthodoxes sont systématiquement saccagés et profanés. À l’été 2003, 112 églises et monastères orthodoxes serbes avaient été entièrement détruits ou endommagés. Dans 211 cimetières orthodoxes, 5177 tombes ou monuments funéraires ont été saccagés. Certaines tombes ont même été ouvertes et les os des défunts dispersés dans le cimetière. Certains cimetières, en particulier dans la région de Pec, servent de décharges à ordures, alors que 11 cimetières ont été complètement rasés. En raison de l’impossibilité de circuler librement, l’Église orthodoxe serbe n’a pu constater complètement l’étendue des dégâts depuis l’arrivée des forces internationales au Kosovo. On suppose qu’en plus des destructions d’églises, d’innombrables icônes ont été pillées et exportées de la province pour être vendues à des collectionneurs étrangers.

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