Russomania : la Russie en ligne

 

 



imprimer cet article  Dollar, rouble ou euro, quelle devise utiliser en Russie

Désormais, les Russes ne courent plus dans le premier bureau de change pour changer une partie de leur salaire en dollar. Les habitudes des sociétés privées ont aussi évolué, puisqu’elles ont tendance à payer leurs salariés en roubles, et non plus en dollars.

Longtemps bouée de sauvetage des ménages russes, le dollar a joué les coussins financiers pour des millions de ménages russes au cours de ces 20 dernières années, mais l’avènement de l’euro fort et la stabilisation du rouble commencent à sérieusement ébranler le billet vert.

"Le dollar fait partie du passé" : un titre du quotidien économique Vedomosti résume bien l’état d’esprit actuel en Russie. La dépréciation récente du dollar face au billet vert et au rouble explique en partie cette attaque. Un dollar vaut actuellement 26 roubles, le plus bas niveau pour la devise américaine depuis 1999.

Mais le désamour a commencé il y a trois ans, avec la stabilisation progressive du rouble et la maîtrise de l’inflation en Russie. Désormais, les Russes ne courent plus dans le premier bureau de change pour changer une partie de leur salaire en dollar. Les habitudes des sociétés privées ont aussi évolué, puisqu’elles ont tendance à payer leurs salariés en roubles, et non plus en dollars.

Les gens continuent de se débarrasser progressivement du dollar et se focalisent plus sur l’euro, principalement pour leurs voyages touristiques mais pas pour épargner.

Le dollar reste la devise étrangère numéro un en Russie. ais l’euro devient plus populaire. Avant, pour voyager, les Russes changeaient les roubles en dollar, puis sur place les changeaient en devise locale. Maintenant, il y a de plus en plus de pays qui utilisent l’euro, c’est donc plus confortable d’avoir des euros.

Sous l’ère soviétique, détenir des devises, pire des dollars, était passible de prison pour un "camarade" ordinaire.

Mais après la Perestroïka, l’avènement de l’économie de marché et l’inflation galopante, le billet vert s’est vite transformé en seconde devise russe, bien plus prisée que le rouble lui-même. Au point que dans les premiers magasins privés apparus dans les années 1990, les prix étaient indiqués en dollars et que les salaires circulaient sous la table en monnaie américaine.

La "kapousta" (chou) ou "zelen" (verdure), sobriquets donnés par les russes à cette devise salvatrice, faisait partie du quotidien. Et si le dollar reste encore la devise étrangère la plus utilisée en Russie, il commence à céder le pas devant l’euro.

En janvier, sur le total des achats de devises réalisés par les Russes, 27% étaient des euros et 72% des dollars, selon les dernières statistiques de la Banque centrale russe. Douze mois plus tôt, seulement 12% étaient dédiés aux euros et 83% aux dollars.

"’C’est ringard d’avoir des dollars en ce moment. Vous ne trouvez pas que ça fait un peu honte d’aller dans un bureau de change avec des dollars ?", commentait vendredi Sergueï Dorenko, un des présentateurs vedettes de la radio indépendante Echo de Moscou. Mais l’euro ou "évrik", comme l’appellent familèrement les Russes, a lui aussi failli perdre de son aura naissante.

Un projet de loi prévoyait d’interdire l’utilisation des devises dans les discours des fonctionnaires et députés, mais aussi dans les articles de presse et les publicités. Des amendes entre 2.000 et 50.000 roubles (entre 57,70 et 1.442 euros) étaient prévues pour les contrevenants. Au final, face au feu de critiques de la part de certains ministres jugeant la mesure excessive, le texte s’est ratatiné. La loi approuvée cette semaine par la Douma (chambre basse du Parlement russe) "recommande" tout simplement aux fonctionnaires et hommes politiques d’utiliser le moins possible les mots comme "dollars" ou "euros" dans leur déclarations officielles.

© Russomania.com, tous droits de reproduction et de diffusion réservés.

Voir également



Articles les plus récents


 

 


Votre voyage en Russie avec Russomania.com