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imprimer cet article  Détachement d’un glacier en Ossétie du Nord

Une catastrophe naturelle d’une ampleur sans précédent a touché l’Ossétie du Nord dans la nuit de samedi. Une importante partie du glacier Kolka qui surplombe le col de Karmadonskiï s’est détaché et a dévalé dans la vallée en emportant tout sur son passage. Le bloc qui s’est écroulé était d’environ 5 kilomètres de long et haut de 100 à 150 mètres, ce qui représente 3 millions de tonnes de glace selon le journal Vremia Novosteï.

« l’épaisseur de la masse de glace, de terre et de pierres qui s’est déversée dans le col atteignait par endroit 80 mètres. La vitesse de l’avalanche de glace était énorme. Si des personnes se trouvaient dans cette zone, l’espoir de les retrouver est minimum » a déclaré le vice-président du centre de direction des situations de crise au sein du ministère des Situations d’urgence, Mikhaïl Razanov. Le village de Karmadon qui se trouvait dans ces gorges a été effacé de la surface du globe, il est maintenant englouti sous près de cinquante mètres de glace. Cinq villages, une base touristique et un sanatorium ont également été engloutis. La glace et les pierres se sont déversés sur près de trente kilomètres du col en deux trois minutes. En deux jours, et alors que presque tous les équipements de la république ont été mobilisés, seuls 400 mètres ont pu être déblayés. Le nombre de disparus dépasse la centaine de personnes. Le bilan pourrait être plus lourd encore : de nombreux réfugiés s’étaient installés dans la région et ils n’avaient fait l’objet d’aucun enregistrement. Par ailleurs, quelques adeptes du tourisme sauvage et de simples promeneurs pourraient également avoir été victime de la chute du glacier. Trois jours après la catastrophe, seuls neuf corps avaient été retrouvés et un survivant. L’espoir de voir d’autres personnes sorties indemnes de cette masse de glace et de pierres est très faible selon les secouristes. Selon les médecins, si certains sont restés vivants, bloqués sous la glace, ils n’ont pu survivre que huit heures avant de mourir de froid. Selon les spécialistes, il sera également très difficile d’extraire les corps des victimes. Ils estiment que la masse de glace qui s’est abattue dans le col pourrait mettre plusieurs années à fondre. Vladimir Poutine a envoyé son ministre des Situations d’urgence, Sergueï Choïgou, faire le point de la situation sur place. « C’est une catastrophe de grande ampleur qui n’a pas de précédent » a estimé le président. Certains spécialistes évoquent les possibles causes de la catastrophe : les uns soulèvent l’hypothèse d’un petit tremblement de terre, signalé par les douaniers, qui aurait pu entraîné la chute du bloc de glace mais les sismologues ne peuvent pour l’instant confirmer cette thèse ; les autres soulèvent la question du réchauffement planétaire qui aurait été à l’origine de la catastrophe. Toutefois, à ce jour, personne ne peut expliquer le mouvement du glacier. L’histoire rappelle cependant que ce dernier avait déjà fait des victimes. En 1902, le détachement d’un bloc du glacier avait entraîné la mort de 35 personnes. En 1969, les mouvements d’un glacier des montages ossètes avait provoqué la panique. Heureusement, il n’avançait que de quelques mètres par jour et la population avait pu être évacué à temps. Depuis cette période, une surveillance régulières des glaciers ossètes avait été décrété mais la chute de l’union soviétique et l’arrêt des financements avaient stoppé toute surveillance depuis le début des années 1990. Certains médias soulignent que si ces études avaient été poursuivies, la catastrophe de samedi aurait pu être pronostiquée et la population évacuée.

Vremia Novosteï, Kommersant, Izvestia 23-09-02

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