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imprimer cet article  Dépendance énergétique de l’UE envers Moscou

Les Européens, malgré tous leurs efforts depuis 18 mois pour se rapprocher d’autres pays producteurs, ont bien du mal à réduire leur dépendance énergétique envers une Russie qui ne cesse de leur couper laborieusement l’herbe sous le pied.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a annoncé mercredi comme proche un accord de coopération énergétique avec l’Irak, avec l’espoir que les champs de Kirkouk, le jour où le pays sera stabilisé, pompent leur gaz directement vers l’Europe.

Avec la flambée des prix des hydrocarbures, les conflits gaziers à répétition entre la Russie et l’Ukraine, principal pays de transit actuellement, l’Union européenne a fait de la réduction de sa dépendance envers le gaz russe une obsession de sa politique étrangère.

Partenariat énergétique avec l’Azerbaïdjan, accord avec le Kazakhstan, reprise des relations avec la Libye, mémorandum énergétique à l’étude avec l’Algérie : depuis novembre 2006, les Européens ont approché de nombreux grands pays producteurs. Mais il n’y a pour l’instant "rien de plus qu’une volonté politique" et aucun contrat concret.

Seule avancée concrète, selon lui, la promesse faite à l’UE le week-end dernier par le président turkmène que son pays était prêt à lui livrer 10 milliards de m3 de gaz dès 2009 pour alimenter le projet de gazoduc Nabucco.

Nabucco, qui doit permettre d’ici 2012-2013 d’approvisionner les Européens en gaz de la mer Caspienne sans passer par la Russie, est au coeur de la stratégie européenne de diversification. Mais le projet a "patiné complètement" jusqu’ici, faute de garantie qu’il y aura assez de gaz pour l’alimenter. La promesse du président turkmène la laisse sceptique : il a déjà vendu quatre fois ses ressources au monde entier !...

Une révision à la hausse des réserves azerbaïdjanaises du champ gazier caspien de Shah Deniz, également censé alimenter Nabucco, nuit cependant les efforts européens : l’UE avance laborieusement ses pions face à Moscou et Gazprom, qui jouent "une partie subtile", utilisant leur puissance financière pour attaquer en divers points de l’échiquier.

La Russie négocie avec l’Algérie, la Libye et le Nigeria, pour des projets gaziers tournés vers les marchés européens, alors que l’UE voyait ces pays comme des sources de diversification, et coupe laborieusement l’herbe sous le pied.

La Russie a par ailleurs alimenté les doutes sur Nabucco avec son projet South Stream, qui doit lui aussi permettre d’acheminer le gaz depuis le Caucase jusqu’à la Bulgarie, en passant sous la mer Noire.

Le co-développement de ce projet par l’Italie prouve une fois encore que les Européens ’ne parlent toujours pas d’une seule voix’ face à Moscou sur l’énergie. Sans parler du projet russo-allemand Nord Stream, qui doit relier la Russie à l’Allemagne en passant sous la Baltique, suscitant l’inquiétude des Baltes et des Suédois.

Les projections actuelles indiquent que les Européens n’échapperont pas d’ici 2030 à une augmentation de leur dépendance envers le gaz russe, qui représentait déjà en 2005 46% de leurs importations.

Il s’agit moins de réduire cette dépendance que de "limiter les dégâts" et d’"essayer de ne pas trop l’augmenter"...

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