Près de Saint-Pétersbourg, les membres de l’association Mémorial, dont l’objectif est de rétablir la vérité historique sur la répression soviétique, ont fait une découverte macabre. Aux abords du polygone de tir militaire de Rjevskiï, à quelques kilomètres de la capitale du Nord, des ossements humains ont été déterrés. Les squelettes avaient tous un signe commun : une balle leur avait transpercé le crane.
Après expertise, il s’est avéré que le diamètre de la balle correspondait à une arme de calibre 45. Or, cette arme était celle utilisée par la police politique, le NKVD, dans les années 30.
Les fouilles qui sont actuellement en cours permettent d’estimer que des dizaines de milliers de corps pourraient être enterrés sur ces lieux. Selon l’association Mémorial, au cours de la période de répression stalinienne, 40.000 habitants de Leningrad auraient été fusillés. A ce jour, personne ne savait où leurs dépouilles avaient été enterrées.
Dix ans auparavant, l’association avait déjà découvert une fosse commune dans le village de Levachovo, près de Saint-Pétersbourg et avait obtenu qu’un mémorial soit installé sur les lieux. « Mais, il était impossible que 40.000 personnes aient été enterrées à Levachovo, la superficie des lieux ne le permettait pas » explique Edouard Chnitke de l’association Mémorial. C’est pourquoi les recherches ont été poursuivies en se basant notamment sur la mémoire des anciens. Ainsi, plusieurs témoignages évoquaient le polygone de Rjevskiï où la récente découverte confirme la présence d’une très importante fosse commune.
Izvestia 24-09-02