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imprimer cet article  Compte-rendu de la visite à Moscou du Ministre des Affaires étrangères M. Douste-Blazy

Le 23 janvier 2006
Ce terme de ’partenariat privilégié franco-russe’ me paraît parfaitement correspondre, comme l’illustrent les relations approfondies qu’entretiennent le président de la République et le président Poutine. Nous délivrons chaque année un nombre toujours croissant de visas : 270.000 environ l’an dernier, soit plus du double du chiffre de l’an 2000. Je me réjouis de voir les touristes russes toujours plus nombreux en France !

LA TELEVISION RUSSE - EMISSION "VESTI" :

Le dossier iranien

- Q - A propos de l’Iran, d’un possible compromis ?

- R - D’abord il faut rappeler le contexte. En 2002, la communauté internationale découvrait le programme nucléaire iranien colossal que l’Iran avait totalement caché à la communauté internationale et à l’Agence internationale de l’Energie atomique. En 2003, les Allemands, le Royaume-Uni et la France décident non pas d’aller devant le Conseil de sécurité mais de négocier, de tendre la main aux Iraniens en leur disant "négocions, ne développez pas l’arme nucléaire". C’est l’Accord de Paris qui suspend toute activité nucléaire sensible : les activités de conversion de l’usine d’Ispahan et les activités d’enrichissement de l’uranium.

Les Russes proposent d’enrichir l’uranium chez eux. C’est une proposition très positive et nous remercions les Russes d’avoir fait cela. Même cela, je ne suis pas sûr que les Iraniens l’acceptent. En tout cas, ils n’ont pas accepté le compromis. Alors que faire ? Parce qu’il y a deux constats : aucun programme nucléaire civil ne peut justifier des activités nucléaires dangereuses. D’autre part, M. El Baradeï, directeur de l’Agence internationale de l’Energie atomique, dit pour la huitième fois consécutive qu’il y a violation des obligations internationales de la part de l’Iran. Nous demandons que la communauté internationale soit la plus unie possible parce que les Iraniens cherchent la division de la communauté internationale. Les Russes, les Chinois, les Français, les Britanniques, les Américains doivent avec fermeté, rapidement, dire aux Iraniens : "Négociez et ne faites pas cela". Je crois que c’est important de le leur dire. Je considère qu’il faut qu’il y ait une communauté internationale réunie pour demander cela aux Iraniens.

Le conflit gazier russo-ukrainien

- Q - A propos des relations Russie-Ukraine ?

- R - D’abord, la différence entre vous et nous, c’est que vous produisez le gaz et que nous, nous en recevons. D’abord, nous sommes très heureux de voir qu’un accord a été signé rapidement entre la Russie et l’Ukraine. Nous souhaitons que l’accord soit durable. Nous pensons que c’est positif. Il faut donc bien comprendre que l’énergie est probablement un des plus grands sujets de la politique diplomatique de demain, avec la santé, l’environnement, le développement et l’énergie. Vous êtes d’accord.

Donc, oui, je suis heureux de voir que l’Ukraine et la Russie se sont entendues, heureux de voir que cet accord peut être durable mais surtout je voudrais insister sur la nécessité, pour l’Union européenne, de mener une réflexion sur sa politique énergétique.

Quelles garanties l’Union européenne peut avoir demain pour l’énergie ? La France reçoit 18 % du gaz de la Russie. C’est beaucoup, mais nous avons aussi d’autres possibilités. Nous avons besoin de réfléchir avec vous et c’est pourquoi, dès maintenant, nous devons travailler ensemble pour avoir une sorte de garantie énergétique. L’Union européenne et la Russie doivent vraiment travailler ensemble.

La présidence russe du G8

- Q - A propos de la présidence du G8, de la position des Etats-Unis ?

- R - Bon, tout d’abord, la France est très heureuse de voir que la Russie, le plus grand pays du monde, préside le G8. C’est une affaire excessivement importante. J’ai vu les thèmes que vous avez choisis, à la fois l’énergie, mais également l’éducation et la santé. Ce sont des thèmes absolument majeurs, sur lesquels la Russie, d’ailleurs, peut jouer un rôle excessivement moteur. Et nous souhaitons que le Sommet de Saint-Pétersbourg soit un succès. La France fera tout en ce sens, parce que la France est l’amie de la Russie. Nous considérons les Russes comme des amis. Vous êtes dans un processus de transition. Nous avons des relations de confiance avec vous. C’est la raison pour laquelle nous pouvons aborder des sujets de façon directe avec vous, y compris sur nos voisins et sur les rapports entre l’Union européenne et la Russie. Le président Poutine et le président Chirac sont tout à fait responsables de ces relations de confiance, et pourquoi ne pas le dire d’ailleurs, de ces relations amicales entre nos deux pays. Quand nous avons des choses à nous dire, nous nous les disons.

Le dossier iranien

- Q - A propos de l’Iran ?

- R - J’ai d’excellentes relations avec quelqu’un que je respecte beaucoup, Serguei Lavrov. J’ai beaucoup parlé avec lui de ce sujet à New York, en septembre dernier. Nous en avons reparlé ensuite, lorsque nous nous sommes revus. Sur le dossier iranien, il ne faut pas évidemment que l’on brûle les étapes. La prochaine étape proposée par les trois Européens - l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France - et aussi tous les partenaires européens, c’est d’avoir le 2 et le 3 février une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA. Là, nous devons, je crois, dire aux Iraniens qu’avoir des activités nucléaires dangereuses qui n’ont aucun rapport avec les activités nucléaires civiles, cela n’est pas possible. Il ne faut pas qu’ils le fassent. Je crois que, plus nous serons nombreux à le dire, plus les Iraniens seront en mesure d’écouter ce que nous leur disons.

Le froid à Moscou

- Q - A propos du froid à Moscou ?

- R - C’est vrai qu’il fait froid dehors, mais nos relations sont au beau fixe.

POINT DE PRESSE CONJOINT DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. PHILIPPE DOUSTE-BLAZY, ET DU MINISTRE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERES, M. SERGUEI LAVROV :

- Je crois que Serguei Lavrov a parfaitement résumé ce que nous avons fait, c’est-à-dire un tour d’horizon et en même temps un approfondissement des relations chaleureuses entre nos deux pays, et j’ajouterais que nous avons abordé le sujet énergétique comme étant un des plus grands sujets aujourd’hui sur notre planète, et en particulier les relations entre l’Union européenne et la Russie, les relations entre la Russie et la France sur le plan énergétique. D’ailleurs, la présidence russe du G8 a mis en avant l’énergie, comme l’éducation et la santé, dans les trois thèmes essentiels de cette année de sa présidence. Nous avons aussi abordé d’autres sujets internationaux comme, bien sûr, vous vous en doutez, l’Iran. Je crois que le mieux, c’est de ne pas reprendre exactement la liste que Serguei Lavrov a faite, mais de répondre à vos questions.

La démocratie en Russie

- Q - Monsieur Douste-Blazy, Angela Merkel s’est exprimée récemment, publiquement à Moscou, faisant état de ses désaccords avec le pouvoir russe au sujet de la Tchétchénie, elle s’est exprimée sur la question de la démocratie en Russie. Condoleezza Rice hier a fait une déclaration disant que ce qui se déroulait en Russie n’était pas conforme aux valeurs démocratiques qui doivent prévaloir en principe au sein du G8. Et Tony Blair, l’année dernière, a rencontré des opposants et des défenseurs des Droits de l’Homme lors de sa visite ici à Moscou. On n’entend pas trop la voix de la France sur ce terrain ; est-ce que la France doit être une exception ?

- R - Il n’y a pas d’exception française. Bien évidemment, la France, qui est la patrie des Droits de l’Homme, est évidemment, dans un sujet comme celui-là, très transparente et très claire. Nous pensons profondément que nos amis russes sont dans un processus de transition, qu’aujourd’hui un travail est fait ici en Russie, que des efforts sont faits.

Je prends l’exemple du dernier projet de loi sur les organisations non gouvernementales, qui a fait couler beaucoup d’encre, et en même temps le gouvernement a pu accepter des amendements qui vont dans le bon sens. Je crois qu’il faut se garder de donner des leçons de morale faciles et qu’en même temps, il faut dire haut et fort à tous les gouvernements, y compris le gouvernement russe, que s’il y a bien sûr un ordre à faire respecter, il faut le faire respecter dans un Etat de droit ; la France le dira toujours sans se cacher et elle le dira d’autant plus efficacement qu’elle le dit dans un climat de confiance. Car le climat de confiance qui existe aujourd’hui entre la Russie et la France est basé sur une relation qui est beaucoup plus qu’une relation de confiance : la stabilité de l’Union européenne ne peut exister que s’il y a la stabilité de la Russie.

Et donc nous sommes aux côtés, en effet, de nos amis russes, dans ce processus de transition, et nous souhaitons évidemment qu’il y ait de plus en plus de démocratie en Russie et dans les pays voisins. J’ai parlé tout à l’heure des problèmes biélorusses, je n’ai pas eu peur de le dire à nos amis russes : nous sommes préoccupés aujourd’hui par l’ambiance pré-19 mars, pré-élections présidentielles, nous souhaitons qu’il y ait une transparence totale via l’OSCE, nous souhaitons qu’il y ait la mise en oeuvre de vérifications, qu’il n’y ait pas de fraudes, qu’il n’y ait pas de problèmes de troubles de l’ordre public, avec une répression de la part des autorités. Et d’ailleurs, j’ai reçu au Quai d’Orsay le principal opposant biélorusse. Et donc, si vous voulez, encore une fois : pas de leçons de morale, une acceptation de ce qu’est ce grand pays aujourd’hui, en transition, et avec bien sûr un respect des Droits de l’Homme.

Construction du troisième terminal de Cheremetievo

- Q - Est-ce que vous avez parlé de la participation française aux investissements dans le troisième terminal de Cheremetievo ?

- R - Nous avons bien sûr évoqué des sujets économiques, des sujets bilatéraux, et parmi les sujets bilatéraux, la proposition d’Aéroports de Paris (ADP) de pouvoir gérer ce terminal, et cela nous paraît important. Mais comme vous le savez, la décision dépend du marché, c’est un appel d’offres, et donc nous ne pouvons évidemment pas faire plus que le demander et faire un bon dossier, et je crois que c’est le meilleur.

Le dossier iranien

- Q - Est-ce que vous pensez que dans le dossier iranien, le recours à l’ONU sera maintenant nécessaire, et si oui M. Lavrov est-ce que les garanties que peut donner la France incitent à aller dans cette direction ?

- R - Il nous paraît excessivement important, dans le dossier iranien, de bien comprendre qu’il y a trois mots qui sont les trois mots-clés : fermeté, unité et rapidité. Unité de la communauté internationale - nous en avons beaucoup parlé avec Serguei Lavrov - il est important de montrer aux Iraniens qu’ils doivent suspendre les activités nucléaires dangereuses. Aujourd’hui, aucun programme civil en Iran ne peut justifier la reprise des activités nucléaires dangereuses. Donc à Vienne, les 2 et 3 février, nous avons intérêt à avoir une communauté internationale unie, pour demander à l’Iran de retrouver la raison, d’accepter de suspendre et de négocier.

Deuxièmement : rapidité, c’est la raison pour laquelle les Allemands, le Royaume-uni, la France et les partenaires européens ont provoqué cette réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs, et nous sommes heureux de voir qu’elle va se tenir dans ces délais-là.

Et enfin fermeté, je crois qu’il est important de voir de quoi il s’agit : il s’agit de la crédibilité de notre système multilatéral de non-prolifération. Il s’agit de la crédibilité de l’Agence internationale de l’Energie atomique. Pour la huitième fois consécutive, M. El Baradei a souligné que l’Iran violait ses obligations internationales. Il est donc, me semble-t-il, important de faire rapport au Conseil de sécurité des Nations unies pour que cette agence, ce rapport du directeur de l’agence, soient crédibilisés au plus haut niveau de la communauté internationale.

LE QUOTIDIEN RUSSE "IZVESTIA" :

- Q - Quel est le but de votre première visite à Moscou en tant que ministre des Affaires étrangères ? Qui allez-vous rencontrer ?

- R - Permettez-moi tout d’abord de vous dire combien je suis heureux de me rendre à Moscou. Cette visite me permettra de m’entretenir de manière approfondie avec mon homologue, Sergueï Lavrov. Nous nous sommes déjà rencontrés à plusieurs reprises, notamment le 11 octobre dernier, à Paris, dans le cadre du Conseil de coopération pour les questions de sécurité ou encore à Bruxelles à l’OTAN. Notre relation s’inscrit dans la continuité des relations franco-russes avec toujours le même niveau de confiance et d’entente remarquables. Nos entretiens nous permettront d’approfondir encore davantage nos échanges, non seulement sur le plan des questions bilatérales, mais plus largement sur tous les sujets de politique internationale, notamment les relations entre l’Union européenne et la Russie dans leur dimension énergétique, la présidence russe du G8, la question iranienne, la situation au Proche-Orient, le Kosovo ou encore la lutte contre le terrorisme.

Le partenariat privilégié franco-russe

- Q - Est-ce que la Russie reste toujours "le partenaire privilégié" de la France ? Quelle est la spécificité de leurs rapports actuels et quels sont les domaines prioritaires ?

- R - Ce terme de "partenariat privilégié" me paraît parfaitement correspondre à la qualité de notre dialogue, empreint de franchise et de confiance mutuelle, comme l’illustrent les relations approfondies qu’entretiennent le président de la République et le président Poutine.

C’est en renforçant encore notre coopération économique, notamment en matière de hautes technologies, que nos échanges seront encore plus étroits. Je pense par exemple à l’aéronautique, la télédiffusion numérique, l’énergie ou encore les transports. La prochaine session du Séminaire gouvernemental co-présidé par les deux Premiers ministres constituera sans aucun doute une opportunité supplémentaire d’illustrer le dynamisme de notre étroit partenariat.

Le conflit gazier russo-ukrainien

- Q - Comment appréciez-vous "la guerre du gaz" entre la Russie et l’Ukraine ? Moscou est accusé par certains en Occident de "chantage", de "pression politique inadmissible".

- R - Nous avons dès le début souligné que cette crise relevait d’un contentieux bilatéral qui devait conserver son caractère strictement commercial et être réglé sereinement sur la base de critères objectifs et non discriminatoires. Au-delà des péripéties propres à cette crise, je retiens surtout la nécessité de renforcer notre dialogue dans le domaine de l’énergie, notamment dans le cadre des discussions entre l’Union européenne et la Russie.

C’est pourquoi le choix fait par la Russie de placer les questions énergétiques au centre de l’agenda international dans le cadre du G8 me semble particulièrement opportun. La sécurité de nos approvisionnements est évidemment un sujet majeur pour nous.

- Q - Est-ce que les Français sont inquiets de leur dépendance vis-à-vis du gaz russe ?

- R - Pour ce qui concerne la France, qui importe 20 % environ de son gaz de Russie, les conséquences de la crise du début de l’année ont pu être gérées de manière satisfaisante, grâce à un dispositif alliant système de stockage, contrats d’alimentation alternatifs, clauses de garanties d’approvisionnement, etc. Il reste que la dispute russo-ukrainienne sur le gaz doit nous amener à nous interroger, avec nos partenaires de l’Union européenne, sur les moyens d’assurer plus efficacement notre sécurité énergétique.

La présidence russe du G8

- Q - Qu’est-ce que la France attend de la présidence russe du G8 ?

- R - Tout d’abord, permettez-moi de rappeler que nous souhaitons contribuer le plus activement possible au succès de la première présidence russe du G8, qui constitue une étape importante pour le rôle de la Russie au sein des institutions multilatérales. La Russie prépare remarquablement cette présidence, tant sur l’organisation que sur le fond.

Aussi, nous accueillons avec un très grand intérêt les thèmes retenus par la présidence que sont la lutte contre les pandémies, la sécurité énergétique et l’éducation. Le choix de la sécurité énergétique, notamment, nous paraît très opportun dans le contexte économique actuel : la Russie dispose en ce domaine d’une réelle légitimité compte tenu du rôle majeur qu’elle joue dans le système énergétique mondial. Elle est aussi en ce domaine un partenaire naturel de l’Europe. Nous saluons également l’approche russe du sujet : si les discussions sur les relations entre exportateurs et importateurs nets d’énergie sont utiles, le G8, enceinte de discussion et d’impulsion sur la mondialisation, doit selon nous aussi aborder de manière globale la question de la sécurité énergétique, ce qui inclut les questions de développement et d’accès à l’énergie, l’impact des pays émergents sur la demande mondiale, les considérations environnementales et, surtout, l’efficacité énergétique.

Enfin, je souhaiterais dire un mot des relations avec la société civile, les media et les ONG, qui seront bien sûr essentielles, comme pour toutes les présidences du G8. Nous devons envoyer, collectivement et individuellement, au niveau interne comme externe, les "bons signaux" à ce sujet. La mobilisation des ONG peut en effet être un atout précieux pour la présidence en exercice, comme l’a montré le Sommet de Gleeneagles, mais aussi notre expérience d’Evian en 2003.

Le dossier iranien

- Q - Comment voyez-vous l’issue de la crise iranienne actuelle ? Peut-on envisager le recours à la force pour résoudre ce problème ?

- R - Après deux ans et demi d’efforts continus des Européens marqués par la politique de la "main tendue", l’Iran a tourné le dos au processus que nous avions ouvert en 2003 en reprenant, par une décision unilatérale, contraire aux huit résolutions du Conseil des gouverneurs, des activités nucléaires d’enrichissement de l’uranium. Faisant ce constat - et compte tenu des enjeux en cause : la stabilité régionale, la crédibilité de l’AIEA et l’efficacité du régime de non-prolifération - nous avons décidé, avec mes homologues allemand et britannique, qu’une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Nous allons consulter nos principaux partenaires, et au premier rang d’entre eux la Russie. Celle-ci a joué un rôle très utile en particulier en présentant des propositions à l’Iran, malheureusement rejetées par les autorités de Téhéran. Nous pensons donc que le temps est venu pour le Conseil de sécurité à New York de jouer son rôle afin de renforcer la position de l’AIEA dans la négociation. Nous restons déterminés à poursuivre notre action diplomatique pour trouver une solution satisfaisante à la crise de prolifération nucléaire créée par l’Iran. Car, comme l’a rappelé le président de la République, le processus diplomatique vaut mieux que toutes les autres options.

Les visas de voyage en Russie

- Q - Quand est-ce que l’Union européenne et la Russie vont finalement supprimer les visas de voyage ? On en parle depuis belle lurette !

- R - Nous délivrons chaque année un nombre toujours croissant de visas : 270.000 environ l’an dernier, soit plus du double du chiffre de l’an 2000. Je me réjouis de voir les touristes russes toujours plus nombreux en France. Nous refusons peu de demandes mais nous devons néanmoins procéder aux contrôles nécessaires pour éviter que des personnes, moins bien intentionnées, ne se glissent dans ce flot. Les services consulaires français font le maximum en termes d’accueil et de diligence, et leurs moyens ont été considérablement augmentés pour faire face à la demande. D’autre part, nous avons conclu en juin 2004 un accord bilatéral pour faciliter le traitement des demandes de visas, tandis qu’un accord similaire entre l’Union européenne et la Russie doit prochainement entrer en vigueur. Enfin, je voudrais vous dire que beaucoup de Français sont désireux de se rendre ou de s’installer en Russie, compte tenu du dynamisme et de la formidable évolution de votre pays ces dernières années. Il est important qu’ils bénéficient eux aussi des conditions les plus favorables pour se déplacer et travailler en Russie. C’est notre intérêt à tous.

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