Le chef du PC Guennadi Ziouganov appelle à engager des ’poursuites criminelles’ contre M. Tchoubaïs, le père des privatisations russes qui dirige depuis septembre 2008 la société d’Etat chargée des nanotechnologies, et les autres responsables cités dans le rapport.
"Tchoubaïs ne pensait qu’à des bénéfices fabuleux et ce n’est pas le premier accident qu’il a sur la conscience", a déclaré M. Ziouganov à l’agence Interfax.
L’ex-patron du monopole de l’électricité Anatoli Tchoubaïs a reconnu dimanche sa responsabilité dans l’accident meurtrier survenu le 17 août à la centrale Saïano-Chouchenskaïa, en Sibérie, tout en estimant qu’il n’aurait pas pu agir autrement à l’époque.
"En ce qui concerne ma responsabilité, j’étais responsable de tout ce qui se passait dans mon secteur et la mort de 75 de mes collègues ingénieurs électriciens, est pour moi une tragédie personnelle", a déclaré M. Tchoubaïs.
Des équipements vétustes et des erreurs humaines sont à l’origine de l’accident, selon les conclusions officielles publiées samedi dans lesquelles M. Tchoubaïs et d’autres hauts responsables du secteur au moment de la tragédie sont accusés d’avoir "créé des conditions qui ont contribué à l’accident".
C’est peu connu mais les ingénieurs électriciens ont dû travailler pendant des années en prenant de gros risques. Arrêter la centrale de Saïano-Chouchenskaïa alors qu’augmentait la consommation d’énergie (...) aurait été une catastrophe pour l’économie de la Sibérie et pour des millions de personnes qui vivent dans cette région.
Anatoli Tchoubaïs a "approuvé" la mise en exploitation de la centrale en 2000 sans "évaluer d’une manière appropriée la situation sécuritaire", d’après les conclusions de l’enquête du gouvernement russe.
Construit il y a trente ans par le pouvoir soviétique en Sibérie, le site de la centrale, à environ 4.300 kilomètres à l’est de Moscou, était le plus important ouvrage de ce genre en Russie et l’un des plus importants du monde.
Anatoli Tchoubaïs est un homme politique, économiste et dirigeant d’entreprise russe. Personnange controversé et très impopulaire en Russie, il fut l’un des idéologues et des auteurs des réformes économiques des années 1990. Anatoli Tchoubäis est né le 16 juin 1955 à Borisov (Biélorussie). Son père Boris Tchoubäis était un colonel en retraite devenu professeur de marxisme-léninisme dans un institut technique. Sa mère Raissa Khamovna Sagal, femme au foyer, vit actuellement en Israël.
Il achève en 1977 ses études à l’Institut d’économie Palmiro Togliatti de Leningrad, où il enseignera ensuite jusqu’en 1990. Il adhère au PCUS en 1980 et prend part en 1987 à la fondation du club Perestroïka en compagnie de jeunes réformateurs du Parti. En 1990 il devient l’adjoint du président du Comité du Parti de Leningrad et le conseiller économique du maire de Leningrad Anatoli Sobtchak.
En 1991, il organise la privatisation immobilière de l`Etat. Il est élu à la Douma sur la liste Notre Maison Russie. Le président Boris Eltsine le nomme à la tête de son administration, puis Vice-Premier ministre. C’est lui, Tchoubaïs qui a mené le programme de privatisations et de réformes économiques qui ont plongé une grande partie des Russes dans la misère. Tchoubaïs est devenu la véritable « bête noire » de l’opinion publique. Sur la photo : la célèbre caricature signée Zeinalov, ’Tchoubaïs, Président de la société d`Etat SEU (EDF russe) sur la chaise électrique’).
Tenu pour responsable de la profonde crise économique, il est écarté. Mais il est rappelé pour diriger la campagne présidentielle. Réélu, Eltsine le reprend au gouvernement, puis l`écarte à nouveau. Sous Vladimir Poutine, il préside la société d`Etat SEU (RAO EES Russie), qui a le monopole de l’électricité en Russie.
Sa fortune estimée à environ un milliards de dollars en fait un des hommes d’affaires les plus riches de Russie. Tchoubaïs est toujours resté une figure incontournable de la politique intérieure russe.
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http://www.hrono.ru/text/2005/staro0805.html